^SCIENCfttS; Conservation work performed with funds from the 1993/94 NEW YORK STATE CONSERVATION/PRESERVATION DISCRETIONARY GRANT PROGRAM TR* IFjLOII NTYUUB8QVB ET MDICALE DES ANTILLES, OU TRAIT DES PLANTES USUELLES DES COLONIES FRANAISES, ANGLAISES, ESPAGNOLES ET PORTUGAISES. DDIE ET PRSENTE AU ROI JzLcw fVWW>W* \.VYW> VV\>**V\> MMM VV VV>MAV\VWM w VAREC NAGEANT. (Diurtique excitant) Synonymie. Vulg. Varec vsiculeux. Raisin du tropique. Fucus natans. Linn. Cryptogamie. Tournef. Herbes sans fleurs ni graines. Juss. famille des Algues. Fucus caule filiformi, ramoso ; foliis lanceolatis, dentatis , fructi- ficationibus globosis, pedunculatis. Linn. Syst. veg. 811. Fucus folliculaceus , serrato folio. C. Bauh. Linn. 365. Sargassum pelagicum. Rumpb. Amboin. vol. 6, pag. 188 , tabl. 76, fig. 1. Lenticula marina, serratis foliis. Lobel. Icon. pars 2 , tabl. 256. Sargazo. Pison. Bras. 2 , p. 266. Caractres gnriques. Mle. Vsicules entremles de poils. Femelle. Vsicules remplies de matires glatineuses , surface parseme de tubercules * } semences solitaires. Caractres particuliers. Tige filiforme, rameuse $ feuilles lancoles , dentes \ fructifications globuleuses , pdoncules. Histoihe naturelle. Cette plante , que les naviga- teurs de l'Ocan et de la Mditranne rencontrent sur les vagues de la mer, s'y prsente quelquefois par bancs qui pourraient ralentir la marche d'un lger esquif. On ( ) croil gnralemcni que ce Fucus est enlev par les Ilots aui rochers auxquels il adhre. On lui a donn le nom l\\V\V\\\V\v\\V^\A\VVV\VVV\^VV^VVVVVVVVv\VVV*\\VVVvVV\VVVVVVVVVX\*VVVVVvV*VVVV* AMOME VELU ET PETIOLE. ( Diurtique excitant. ) Synonymie de Y A morne ptiole. Vulg. Canne Congo ; Canne d'Inde ; Canne de rivire ; Costus d'Arabie. Amo- mum petiolatum. Linn. Monandrie Monogynie. Jussieu , famille des Balisiers. Tournefort, Class. 9, Liliac^es. Richard , famille des Amomes. Amomum foliis petio- latis glabris ; floribus in spic conica , dispositis, Alpinia spicata. Jacq. Amer. p. 1. tab. 1. Synonymie de l'Amome velu. Amomum birsutum caulibus foliosis spicatis, foliis subts leviter birsutis, floribus amplis ex albo flavescenti- bus. Tsjana-Kua. Rbeed. Mal. 11. p. i5. tab. 8. Paco- Caatinga. Floribus amplioribus. Plum. vol. 5 , p. 32. Maarg. Bras. 4$. Pison , 2i4- Costus arabicus. En espa- gnol, Costo arabico. En anglais, Costus. Caractres gnriques. Calice double , ingalement dcoup *, une deux tamines adhrentes la base d'un style ptaliforme ; capsule infre, triloculaire. ( Mrat, genre Balisier. ) Caractres particuliers. Calice extrieur trifide , l'intrieur tubul , monophylle -, quatre divisions in- gales } un tamine anthre sur le ct du filet \ un />/ 7%codorc Itestaurti/K 2'r/tr J'cre t>'r//^r AMOME VKi'l'lt;, ( ) style } un stigmate; capsule trois loges polyspermes , charnue ou coriace , lisse ; fleurs disposes en pi au sommet d'une tige feuille. Histoire naturelle. On a, je crois, tabli fort mal propos une diffrence entre X Amome velu, appel improprement Coslus arabicus, et Y Amome ptiole, vul- gairement nomm par les naturels Canne de rivibre. La premire de ces deux espces se rencontre aux Antilles 9 sur les montagnes boises et prs des cascades , tandis que la seconde se plat sur le bord des eaux fluviatiles. Il y a tant de ressemblance entre ces deux plantes que je suis tent de les rduire une seule espce : on ta- blit une diffrence, d'aprs la saveur des racines, d'ailleurs parfaitement conformes , que je crois devoir attribuer l'influence de leur vgtation. Les plantes nourries par l'humus substantiel des montagnes, conservent certai- nement mieux leur saveur aromatique que celles qui se dveloppent avec plus de fracheur sur le bord des ri- vires, dont le volume est augment par leur gonflement que produit l'eau dont elles sont submerges , qu'elles absorbent, et qui affaiblit leur arme. Voil, il me semble , la seule diffrence qui existe entre Y Amome velu et Y Amome ptiole. Ce qui donnerait encore quel- que poids mon assertion , c'est que la plante appele Costus arabicus doit tre originaire d'Arabie , et non de l'Amrique mridionale o la vgtation n'est plus la mme, et que toutes les parties du Costus servent parfumer les temples par leur combustion, ce qui sup- pose une partie rsineuse inflammable , tandis que dans les racines de l'espce qui nous occupe on ne distingue au contraire qu'une fcule amilace, M. Turpin a trouv frquemment cette espce sur les mornes boiss d'Hati , ( ) o on rappelle Canne Congo , et Canne de rivire Si on la cueille prs des fleuves. Caractres phtsiqi es. La racine de l'Amome ptiole est blanche , charnue et irrgulire : elle pousse plusieurs tiges presque droites , feuilles , glabres, un peu articu- les et hautes d'un deux pieds -, ses feuilles sont ob- longues, acumines, glabres, luisantes, alternes, et portes chacune par un petit ptiole cylindrique 5 chaque tige est termine par un pi conique , ayant sa base trois ou quatre feuilles en manire de collerette , et cm- briqu d'caills coriaces , d'un rouge vif, et uniflores. Les fleurs sont jaunes, sans odeur, se dveloppent et durent trs-peu. Leur corolle est longue d'un pouce, tubule , un peu ventrue , et a son limbe partag en quatre dcoupures dont trois sont lancoles et pointues, et la quatrime, qui est un peu plus grande que les autres , est arrondie, trigone, triloculaire , contenant des semences bleutres qui deviennent brunes par la maturit : tant crases elles ont une lgre odeur de Gingembre, mais fugace , et d'une faible saveur. Analyse chimique. Les racines de l'Amome ptiole ont, ainsi que celles de l'Amome velu, une saveur aro- matique, acre et un peu amre, dont l'eau s'empare sans pouvoir s'imprgner de son arme que l'alcool seul peut distraire. On trouve encore une huile essentielle, un extrait aqueux et un extrait alcoolique qui conserve l'odeur agrable et l'amertume de cette racine, qui four- nit aussi une fcule amilace comparable l'Arow-Root qu'on retire du Maranta indica. Proprits mdicinales. Les Croles des Antilles, surtout Hati et la Martinique , o cette plante est ( '3) assez commune , font bouillir sa racine ainsi que ses tiges , et regardent cette dcoction comme une boisson convenable dans la troisime priode de la gonorrhe. L'huile volatile que contiennent ces racines les fait utiliser comme stimulantes, diaplior tiques, diurtiques et emmnagogues , dans le cas pourtant o il n'y aurait point d'inflammation des organes , mais par exemple atonie du canal intestinal , dyspepsie chronique , fivres adynamiques, catarrhes chroniques et autres affections o il est urgent de relever les forces. Cette mme racine provoque une transpiration salutaire, et la scrtion des urines chez les personnes dont les organes sont frapps d'atonie , ainsi que les rgles , si l'amnorrhe provient de relchement et de faiblesse de l'utrus. Son odeur de violette se communique l'urine de ceux qui en font usage, ce qui prouve sa vertu diurtique. Mode d'administration. La dose de la racine en poudre est de demi deux gros ( deux huit grammes ) , et en infusion jusqu' deux onces (soixante -cinq gram- mes ). La teinture alcoolique de trente quarante gouttes dans un vhicule convenable. EXPLICATION DE IA PLANCHE DEUX CENT TRENTE-CINQ. Le dessin est rduit au tiers de grandeur naturelle. 1. Fleur entire au trait. a. Pistil et tamines. 3. Fruit envelopp. 4. Coupe du fruit. 5* Graines. ( i4) ^^^\^>\\^^^^\\^^\^\vv^v\^^vv\A\^^vv^^A,^\\^^v>xv<^^^A.^^^A^^^\\^v^AV^^*^^vvvv^\v^AA*vvv^^ POIVRIER EN BOUCLIER, [Diurtique excitant.) Synonymie. Vulg. Herbe Collet ; Collet Notre-Dame ; Queue de Lzard arborescent. Piper peltatum. Linn. Dian- drie trigynie. Jussieu , famille des Orties. Richard Pi- prines. Piper foliis peltatis , orbiculato - cordatis , obtusis, rpandis, spicis umbellatis. Linn. Spec. Plant, vol. 1, p. 3o. Wild. Spec. Plant, vol. i, p. i66,n4o. Saururus foliis amplis , orbiculato-cordatis , peltatis ; petiolis vaginantibus. Brown. Jam. 2o3, n 2. Saururus arborescens, foliis amplis, rotundis et umbilicatis. Plum. Amer. 56 , tab. 74- En carabe : Aguarima. Caractres gnriques. Fleurs nues, disposes en spadice cylindrique , sans involucre. Chaque fleur se compose d'un ovaire uniloculaire, monosperme, termin par un stigmate tri ou quadriparti ; de trois tamines , accompagnes quelquefois d'caills irrgulires. Le fruit est une baie monosperme coriace et presque sche. La tige est sous-frutescente. (Richard.) Caractres particuliers. Feuilles en bouclier, orbi- cules , cordiformes, obtuses; pis en ombelle. Pl.--*36 77u*<}tiereJ)sctn4rti7\Jnf /'eree i?cv/. poivjtiKit E^r iioitlikii ( 5) Histoire naturelle. On rencontre dans toutes les fo- rts humides , et prs des ruisseaux , ce poivrier la Ja- maque , Hati, et dans plusieurs autres Antilles , o il jouit d'une rputation mrite pour les services qu'il rend l'art de gurir. On lui a donn aux Antilles le nom de Collet Dame, dit Chevalier, parce que sa feuille est grande , ronde , avec une chancrure du ct de la queue , comme un collet que les paysannes portaient autrefois. Caractres physiques. Les tiges de ce poivrier sont paisses, tendres, et s'lvent quinze pieds de haut environ-, elles se divisent en rameaux gniculs, garnis de feuilles amples, alternes, ptioles,, orbiculaires , chancres en coeur leur base , obtuses , un peu si- nues leurs bords, glabres, ombiliques, nervures di- vergentes , portes par des ptioles un peu membraneux, en forme de gaine , adhrens au disque des feuilles vers leur centre. Les pis sont petits, et presque disposs en ombelles. Les racines sont blanches , trs-divises et trs-chevelues. Analyse chimique. Les racines de cette piprine contiennent une huile butirace trs-acrimonieuse. Proprits mdicinales. L'herbe collet est l'un des diurtiques les plus actifs que l'on connaisse en Amri- que. On fait infuser sa racine froid, et on en use pour boisson. Il faut cependant en user avec modration , car elle fait quelquefois tant uriner , dit Poupe-Desportes, que si on nen discontinuait l'usage, on courrait risque de tomber dans un diabtes et un desschement considrable. ( 16) Ce mdecin observateur le recommande encore d'une manire positive dans le traitement des godorrhes, cl Chevalier dans les stranguries rcentes. Sa feuille offre en dcoction un bon cataplasme rsolutif. Quelques-uns croient son sue une vertu alcxilre , et d'autres rem- ploient comme dtersif. J'ai eu bien des fois l'occasion de mettre en pratique les prescriptions de Poupe- Des- portes, relativement l'herbe collet, et jamais mon attente n'a t due. Mode d'administration. Une once de racine suffit pour deux livres d'eau. La dose du suc de toute la plante contuse est de deux cuilleres. EXPLICATION DE LA PLANCHE DEUX CENT TRENTE-SIX. Le dessin est rduit au tiers de grandeur naturelle. i. Fleur. 2. Graine. /'/ J fitxit/ort' ./)rj~r\)itr/i'/\ /'///./ . J*t-f\*t> .i'ttt/p. 8EHJA^IE A NEVF FOLTO^KM . ( -7) ViAVV%VV\V*>VV\\^\AAVVS\/\*\V\V>VV\VV\VVVVVVV^ t.VVV\ , \\%\V\VW>VV\W*%AAV\A\.ViV\AVV>W>\Vli PAULINIE TRITERNEE. {Diurtique excitante.) Stnonymie. Vulg. Serjanie neuf folioles. Liane persil, Liane carre. Paullinia triternata. Linn. Octandrie Trigy- nie. Juss. famille des Savoniers. Paullinia foliis triterna- tis , petiolis marginatis. Linn. Mantiss. 236. Jacq. Amer, iio. Tab. 180 , fig. 32. Serjania foliis triternatis; folio- lis ovatis, obtusis , rpandis ; petiolis alatis , racemis pani- culatis. Wilden. Spec. PL tom. 2 , p. 466. Serjania fru- tescens, polyphilla et racemosa. Plum. Gen. 34- Icon. 112. Cordis indi-folio et facie , frutescens , portoricensis. Pluk. Almag. 120. tab. t68,fig. 5. Serjania scandens apii folio rigido et racemoso , caule striat. En carabe : Mam- marou Coulaboul. Caractres gnriques. Plantes fleurs polyptales, de la famille des Savoniers ; arbrisseaux tiges grimpan- tes , sarmenteuses, les feuilles bipinnes , ternes , ou ailes avec une impaire , ou surcomposes-, les fleurs dis- poses en grappe , dont les pdoncules sont solitaires , axillaires, munis dans leur milieu de deux vrilles. Leur caractre est d'avoir un calice quatre folioles, quatre ptales glanduleux leur base ; trois capsules pyriibr- mes, munies quelquefois de trois ailes saillantes , trois loges, trois valves. Tome IV. 60 e Livraison* 2 ( .H ) ( AiucT-iiEs particuliers. Feuilles internes; ptio- les partiels margins; les ptioles partiels un peu >r- rondis. (Vivace. ) Histoire nattji; r.i 1 i . Le genre Paulinie porte le nom d'un botaniste sudois. Cette plante croit naturellement aux Antilles , dans les forts de Cuba , d'Hati , de Porto- Rico et de la Jamaque, o les Noirs la re< lien Lent pour leur mdication naturelle 5 ils l'appellent Liane . persil. Quelques voyageurs ont avanc sans fondement que les naturels des pays o cette Liane se rencontre , s'en ser- vaient pour empoisonner leurs flcbes. Les pcheurs l'emploient pour enivrer le poisson. Ils forment, avec les feuilles et la farine de mas, un appt qui l'amorce promptement et en livre une grande quantit au spculateur. Ce poisson peut tre mang sans incon- vnient. On cultive dans certaines serres la Liane per- sil, cause de son lgance et de la singularit de son feuillage diversement nuanc. On la multiplie de mar- cottes, boutures , rejetons , et de graines qu'on sme au printemps , et qu'il faut repiquer dans des pots spars, remplis de terre substantielle tenue frache. Les jeunes plants, selon Mordant-Delaunay , fleurissent la seconde anne s'ils sont exposs l'ombre , et surtout si on les arrose souvent. Caractres physiques. La Liane persil s'lve vingt pieds en embrassant les arbres de ses branches souples et tortueuses. Ses tiges, de couleur grise, sont sarmen- teuses , glabres, profondment sillonnes, adhrentes au bois , et presque cylindriques , garnies de feuilles alternes, trois fois terne- , luisantes, trs-nombreuses ( -9) dont les ptioles sont canaliculs. Les folioles sont ses- siles , trs-variables dans leur forme , les unes aigus , les autres obtuses , arrondies leur sommet , ovales , plus ou moins largies , dentes ingalement vers leur sommet , rtrcies en ptiole leur base ; les latrales sont presque rondes-, chaque feuille terne est munie d'un ptiole particulier lgrement ail. Les fleurs nais- sent , en trs grand nombre, sur des grappes axillaires , souvent divises en deux oa trois branches nues leur base , et munies de deux vrilles opposes leur point de division. Ces fleurs sont alternes, petites, mdiocre- ment pdicnles , blanchtres *, elles ont les folioles de leur calice trs-ouvertes , concaves , ovales , obtuses ; les ptales ont a peu prs la mme forme , mais ils sont un peu plus grands. Les fruits forment une capsule rouge trois lobes bien distincts , dont la base est garnie de trois ailes larges, membraneuses et transparentes. Le rcep- tacle est velu. Les graines sont rondes et de la grosseur d'un pois rond. Analyse chimique. La Liane persil , qui colore en rouge les urines, contient un extrait rsineux , du rouge extractif , un principe mordant , une gomme d'un rouge bruntre , plus del fibre ligneuse , un sel vgtal base de chaux avec de la matire colorante. Proprits mdicinales. Poupe-Desportes , dans sa Pharmacope amricaine, indique et recommande l'usag d'une tisane apritive , dite mineure , dans la confection de laquelle il fait entrer les racines de chicore sauvage, d'herbe bl , d herbe chiques, de verveine blanche , d'corce de citronier, et de tamarin, un gros de chaque 2* ( "> ) plante | * r* pinte de liquide. On oitre la dcoction . et on Wdulcore avec du miel. Cependant il donne la pr- frence une antre composition que voici : prenez, i d- faut des premires ci-dessus : Grilles de chat ou Corna- ret anguleux {Martynia angulosa) , roseau, niapou , bois de trompette , Balisier , Liane persil et les ra- cines de la grande ortie. Mais les graines des fruits du Sapotillier doivent, dit-il, avoir dans ces cas la prf- rence, ainsi que les fleurs du Giraumon qui dissipent promptement l'ictre. Dans d'autres cas, Poupe-Des- poi tes recommande la Liane persil comme un excellent sudorifique qui remplace , avec avantage , la Salsepa- reille. On recommande cette dcoction dans les gonor- rhes. Moue d'administration. La dose de cette Liane est d'une once pour deux livres de dcoction. EXPLICATION DE LA PLANCHE DEUX CENT TRENTE-SEPT. La figure est moiti de sa grandeur. i. Fleur. 2. Fruit coup transversalement, P/. s38. /Ticodor-e jftp+rootir/i/*. /"/, Jlerw ifctia. BARROJy DUS ANTILLES . ( *i ) i\A\*\AWVV< VV\VVVVVV\\VV>WVVVVVVVW*V\VVV\*WVV%VVVV VWVWVMVUV\(VM .V W*** BARBON DES ANTILLES. ( Diurtique excitante. ) / Synonymie. Vulg. Herbe bl. Gramen se cale. Gramen avenaeeum , Andropogon Antillarum. D. Andropogon insulare, Lin. Polygamie Moncie,Juss. Fam. des Gramines. Panicul lax glabr , flosculis geminis muticis ; pedicello altero breviore , calycibus lanatis. Linn. Amn. Acad. 5 , p. 4 12 - Andropogon avenaeeum assurgens , panicul lax lanuginos. Brown. Jam. 365. Gramen avenaeeum, panicul minus spars, glumis alb serice lanugine obduc- tis. Sloan. Jam. Hist. 1 , p. 43 , t. i4 5 C 2 Saccharum vulnerarium. Tussac. Gramen secale altissimum. Poup.- Desp. En carabe : Ayally. Caractres gnuiques. Hermaphrodite. Calice : balle uniflore. Corolle: balle arte sa base } trois ta mines , deux styles, une semence. Caractres particuliers. Panicule lche , glabre } fleurons gmins , sans artes; un pdicule plus court ; calices laineux. (Jamaque, Hati. Vivace. ) Histoire naturelle. L'auteur de la nature ayant dou cette gramine de vrins incontestables, en a sem les champs de l'Amrique , o elle est extrmement com- ( ) mu ne , et ou elle c multiplie comme Le Chiendent d'U- rope pour les besoins journaliers des Insulaires. T> 1 1 c ne flatte ni la vue ni l'odorat, mais elle possde en elle des proprits thrapeutiques bien prfrables l'lgance de son port. Ne mprise jamais ces plantes sans beaut , Troupe obscure et timide, humble et faible vulgaire! Racine. (La Religion.) Fois les praticiens s'accordent louer l'herbe bl : i , ! / ce vgta}, peut-tre le plus commun du pays, offre chaque pas un exemple de la sollicitude paternelle du Crateur. Caractres physiques. Le Barbon des Antilles donne une tige de trois quatre pieds , mais ne ressemble pas au bl, comme le prtendaient les anciens, puisque ses grains, au lieu d'tre runis et agglomrs en pis ser- rs , offrent une panicule lche. Les tiges sont pourvues de plusieurs feuilles alternes, lisses, rudes en leurs bords, longues et troites. Il nait des aisselles des feuilles sup- rieures, et du sommet de chaque rameau , un pdoncule filiforme qui soutient une panicule lche , oblongue et peu tendue. Les fleurs sont dpourvues de barbe, g- mines, pdicules, et ont leur base caikinale charge d'un duvet laineux ou soyeux. Analyse chimique. C'est avec raison que M. le cheva- lier de Tussac a donn cette gramine l'pi thte de sacchariferum , puisqu'elle nous a produit un principe lgrement aromatique , une matire extractive , un prin- ( 2 3 ) cipe sucr , de la gomme , un amidon color , d<> l'acide maliaue et du sulfate de chaux. Proprits mdicinales. D'aprs l'analyse ci-dessus , on doit concevoir pourquoi les naturels des Antilles ont, de tout temps , fait une heureuse application de Y herbe bl comme vulnraire dtersif, et, dans d'autres cas , comme rsolutif. Son infusion , dans le tatia , ajoute aux proprits de cet alcool balsamique , et elle est utilement employe pour les contusions, les meurtrissures et cer- tains ulcres sanieux compliqus de pourriture d'hpital. On enduit les plumaceaux d'un crat fait ainsi qu'il suit : Sucs d'herbeblet de citron, dechaquedeux onces; Sirop de batterie, une once \ Cire, quantit suffisante. Selon l'an- cien praticien Chevallier, un demi-verre de jus exprim de l'herbe pile est un purgatif trs-actif 5 mais pour modrer sa vertu hroque, on lui associe parties gales d'eau de casse. Le mme docteur employait commun- ment avec avantage, Saint-Domingue, la racine de l'herbe bl dans les tisanes rafrachissantes, dans les- quelles il runissait la plante qui nous occupe le Chien- dent du pays , et l'espce de gramen appel Pied de poule, dont l'histoire suit. Minguet . vieux habitant routinier et mdicastre de ses Noirs, oprait nanmoins des cures surprenantes , mme dans des Cas dsesprs. Selon lui, Therbe a bl est bonne pour toutes sortes d'on- ^uens , dans la composition de toutes sortes d'eaux pour les cancers et ulcres, et dans les tisanes pour les mau\ vnriens \ sa racine est un des meilleurs diurtiques ex- ci tans que j'aie employs pendant mon exercice Saint- Domingue. Poupc-Desportes a prononc le mme juge- ment sur le mrite de cette plante humble et prcieuse. Il la ( <4 ) prescrivait journellement dans ses tisanes pectorales j rsolutives ou apritives , rafrachissantes , en cas de phthisie selie, c'est--dire aux malades attaqus d'une toux sche et d'un grand enrouement. Voici sa formule : Prenez : racines d'pinards doux, des feuilles et tiges de la Liane appele Griffe de Chat , de la Mauve appele Herbe Bl, du Capillaire du Canada, des racines de roseau ordinaire , de chacune une pince : de la limaille de fer renferme dans un nouet, une once; faites bouil- lir dans trois pintes d'eau jusqu' diminution d'un quart. Ajoutez, en retirant du feu, cresson de savane et r- glisse du pays , de chacun une demi-poigne -, laissez in- fuser une demi-heure et passez. Mode d'administration. La dose du suc de la plante , comme purgatif, est de quatre onces -, celle pour la d- coction est d'une poigne pour une pinte de liquide. EXPLICATION DE LA PLANCHE DEUX CENT TRENTE- HUIT. La figure est demi-grandeur. 1. Tige radicale et racine. 2. Glume. 3. Fleur entire ouverte. On observe la base de la valve intrieure un rudiment de la fleur avorte. 4. Valve intrieure contenant la base l'ovaire accom- pagn de deux cailles. // wj, TTi^x/orf Devrons- n/\ Jkirsr xfcuJjp , &. fj> a Fa * (15) 4V\VVV^^VVVVVVVV\VVVVVVV\>V\^V\^iVVVVVVVVVVVvVVVV*VVVVVVVlAiVVVvVVVVVV\\V\VVV\vV\VVV'V\SvVt MARCGRAVE A OMBELLES. (Diurtique excitante.) Synonymie. Vulg. Bois des Couilles ou Ptard des Martini- quois. Marcgravia umbellata. Linn. Polyandrie Monogynie. - Juss. Famille des Cpriers. Phyllitidi scandenti affinis major, folio crasso subrotundo. Sloan. Jam. i5, Hist. 1 , pg. 74 , tab. 28, fig. r. Marcgravia scandens, fructu radiatim posito. Plum. Gner. Pag. 7 , tab. 29. Burra. Amer. Pag. 166, icon. 173. Marcgravia scandens foliis caulinis, subrotundis , ad margines glandulatis ; ramorum integris , ovatis , alternis , distich sitis ; floribus umbellatis termina- libus. Brown. Jam. Pag. 244 tab. 26. Marcgravia um- bellata. Jacq. Amer. Pag. i56 , tab. 96 , etc. Pect. Pag. 77 ? tab. i43. En carabe : Menekouy-Alepeleeou. Caractres gnriques. Plante ligneuse fleurs comme monoptales , ayant du rapport avec celles des Cpriers. Eile a pour caractre essentiel : un caice six folioles embriques, une corolle monoptale en coiffe, des lamines nombreuses } un stigmate sessile, un fruit multiloculaire , polysperme. (Amrique mridionales Vivace. ) ( 6 ) Ca actf.res particuliers. Plante parasit et rampante. Histoire naturelle. Cette plante, riche de tons, d formes et d'lgance , a t confondue avec un arbrisseau de la classe des Lgumineuses par Poupe-Desportes qui Fa improprement appele Breyni , amygdali foliis la- tloribus , flonbus albis, siliqud longue cylindraeed , intiis rube , ou Pois Mabouia. Le Marcgrave ombelles , dont nous donnons l'histoire, offre l'observateur des dtails curieux et inconnus . des girandoles formes par la runion excentrique d'organes particuliers et peu communs aux autres fleurs. Le nom , peu dcent , qui lui a t donn par les anciens qui , comme le dit joviale- ment Montaigne, ny entendaient y as vergogne ^ blesse la pudeur de notre sicle \ et je me serais dispens de le rappeler, s'il n'tait indispensable de le faire connatre aux voyageurs , ou l'homme de l'art qui voudrait aller se fixer aux Colonies, et demanderait en vain aux natu- rels du Marcgrave ombelles, puisqu'ils ne connaissent que le nom vulgaire que j'aurais dsir pouvoir viter. Quoi qu'il en soit, ce nom a t donn par des guris- seurs cette plante, parce qu'ils remployaient avec suc- cs dans les affections syphilitiques , dans les tumeurs scrotacs, etc. Caractres gnriques. Cet arbrisseau parasite que Jacquin a fait connatre, s'attache le long des arbres, comme le lierre, par des espces de mains ou bres, s'- ve ainsi jusqu' la hauteur de vingt-cinq trente pieds, et donne naissance des rameaux qui retombent ordi- ( *7 ) nai rement vers la terre. Le tronc acquiert souvent qua- tre cinq pouces de diamtre. La forme des feuilles va- rie tellement dans les diferens individus, relativement Page et d'autres circonstances , qu'on croirait ces in- dividus des espces diffrentes. Il en est d'ovales , d'el- liptiques, d'oblongues, de presque orbicuaires , d'- ehancres en cur la base et au sommet, de faicifor- mes , de lancoles, etc. Ces feuilles sont alternes, dis- tiques, trs-entires, ordinairement pointues, glabres -, les plus jeunes munies dans leur contour de beaucoup de netites glandes. Les fleurs viennent, aux sommits des rameaux , en ombelles simples , pdoncules , plus ou moins rgulires , pendantes. Elles ont des pdoncu- les propres , assez longs. Ceux de ces pdoncules , les plus voisins du centre des ombelles, sont accompa- gns de quatre cinq corps utriculaires , arqus, obongs, obtus, cylindriques, creux en dedans, ouverts prs de leur base, assez ressemblais au ptale suprieur des Aconits , et qui , quelquefois , selon Jacquin , portent des fleurs pendant que d'autres fois ils sont striles. Brown observe que ces corps , dont l'usage essentiel est dilUcile dterminer , sont disposs favorablement pour rece- voir l'eau de la pluie qui tombe le long des branches ; les fruits sont communment h dix loges. Leur pulpe, et les semences qui y sont contenues, sont teintes d'un rouge d'carlate clatant. (Encyc.) Enrsum, chaque fleur offre : imi calice persistant six folioles concaves, embriques, dont les deux ext- rieures sont plus grandes*, 2 une corolle monoptale caduque ferme par le haut et s'enlevant en manire de coilfe:, 3 des tamines nombreuses, dont les filamens courts, subuls, ouverts, aplatis, soutiennent des aii- ( '- ) tlires droites, grandes et oblongues:, 4 lin ovaire sup- rieur ovale et surmont d'un stigmate sessile, capit, persistant*, 5 le fruit consiste en une baie coriace, glo- buleuse , mullivalve , mulliloeulaire , et renfermant dans chaque loge des semences petites , nombreuses , lui- santes, plonges dans une pulpe molle. Analyse chimique. Le suc de la plante et ses feuilles ont donn une matire colorante verte , du carbonate de chaux, de la gomme et beaucoup d'albumine. Proprits mdicinales. On a peut-tre exagr les proprits antisyphilitiques de cette plante qui , ce- pendant , n'est pas sans vertu. Quant moi, je ne l'ai employe que comme lnitive , et en lui associant la Liane cur , l'corce de la Liane savon , au dbut des gonorrhes , ainsi que les racines du petit Balisier dcrit dans la planche suivante , de la Malnomme et de toutes les espces de Verveines. Alors sa vertu diurtique est bien plus promptement efficace , car ayant eu pusieu rs fois occasion de prescrire des demi-bains dans certaines dysuries , il survenait toujours , au bout d'une heure et moins, un coulement d'urines qui sauvait le malade. Les mdecins des Colonies regardent la dcoction des tiges et des feuilles en lotion, comme tant d'un puissant secours dans la lencophlegmasie. Mode d'administration. On met la racine en poudre pour en composer des pilules ou un opiat, ou bien on la fait bouillir , et on en boit la dcoction. Dans le pre- ( 2 9 ) mier cas , la dose de la poudre est dun gros par prise ou une once de la racine pour la dcoction. EXPLICATION DE LA PLANCHE DEUX CENT TRENTE-NEUF. La plante est moiti grandeur naturelle. i. Corps utriculaires ressemblant aux ptales suprieurs des aconits. 2. Fleurs dont la capsule suprieure est enleve pour laisser voir le faisceau d'tamines. 3. Etamine de grosseur naturelle. 4- Fruit coup transversalement. 5. Capsule suprieure. ( & ) a\>\\\\x\U\iH\\\v\U'V^ au\^\>vuVMv\n\\mu\vvvv\\\w>\\u>n\v.\H\>nwww BALISIER A LARGES FEUILLES. ( D iu rct iquc ea citant e . ) Synonymie. Vulg. Canne d'Inde. Balisier petit. Gingem- bre btard, improprement Canne Congo. (r.Amome velue.) Canna indiea foliis ovatis , utrinque acuminatis , nervosis. Linn. Classe premire : Monandrie Monogvnie , Jussieu. Clas. 4> ordre 2. Balisiers. Cannacorus latifolius. Tour- nelort. 3o,. Liliaees. Arundo latifolia, indiea. Baulu Pin . 19. Arundo indiea florida Lob. le. 5y. Alpina raeemosa rubra. Cannaeori foliis. Flum. (Z 7 ". l'Amme pyramidale. T. 3, pi. 171), En anglais : Indian Cane. En Espagnol: Cana de las Indias. En malabarois : Kt-Bla. En ea - rabe : Couroualy . Balyry, Baeuacanga. Caractres gnriques. Plantes uniobes , a feuilles simples , alternes , en gaines leur base , roules en cornets dans leur jeunesse , ayant des nervures fines et parallles. Les fleurs viennent sur la tige qu'elles ter- minent , ou sur une hampe nue, radicale, latrale et caille use , disposes en pis ou en grappes. Le calice extrieur a trois divisions profondes , le calice interne en a six , dont cinq droites et la sixime rflchie 5 une /7ieodore _Dej-ct>w/t'l\ JTrnv Prtv ifcrt/f> ALISIER AUKGE.S FJEI T LLKS . ( 3' ) tamine anthre attache le long dn filet -, un style plane , en lance , uni au filet ; un stigmate latral : cap- sule trois loges polvspermes, hrisse. Caractres particuliers. Feuilles larges, aigus aux deux extrmits , ovales, nerveuses (vivaees). Histoire saturelle. Le nom de Canna vient du mot hbreu Kanak qui veut dire Roseau, parce que cette charmante plante se trouve le plus souvent dans les ma- lais , o Tout auprs d'un ruisseau qui sur un lit pierreux Tombe , cume, et, roulant avec un doux murmure , Des champs dsaltrs ranime la verdure. Delille. Depuis sa dcouverte , le gracieux Balisier , qui s'lve avec clat dans les vastes lagons de l'Amrique , est cultiv autour des cases comme plante d'agrment. Ses semences , dit Barrre , sont recherches par les ra- miers, mais elles rendent leur chair amre. Elles don- nent une belle couleur pourpre qui serait trs-pr- cieuse pour les arts si on pouvait la fixer. Les Indiens et les Ethiopiens font des chapelets avec les graines do ce Canna indica, qui sont dures, globuleuses et d'un beau noir luisant. Ces graines sont si dures que cer- tains peuples s'en servent pour leurs fusils en guise de balles de plomb. Les fleurs etles racines se prescrivent en mdecine, et les feuilles sont employes parles femmes noires pour envelopper les ptes de Goyaves, d'Abri- cots , de Papaver , qu'elles portent au march , ou pour ( 3 ) en couvrir les htons de Chocolat rcent , ou les gom- mes et rsines que transporte le commerce en Europe, ou enfin pour faire de charmans paniers. C'est par le Balisier, dit Cbaumeton , que s'ouvre le systme sexuel de Linn : aussi dans un pome an- glais , le D. Darwin reprsente-t-il la belle Canna s'a- vanant la premire : on la reconnat sa taille majes- tueuse , sa chevelure boucle. Elle lve ses yeux vers le ciel et prononce le vu solennel qui l'unit l'objet de sa tendresse. N dans les climats plus chauds , ce couple vertueux redoute le souffle glac de l'automne. L'poux enveloppe de son manteau de pourpre son pouse frileuse et craintive, et la serre contre son sein. Le Balisier , quoique originaire de la zone torride , se naturalise aisment dans les zones tempres, et sup- port e mme le froid de nos hivr s. C'estainsi que M. Sou- lange Bodin est parvenu, dans son riche tablissement de Fromont, cultiver en pleine terre les Magnolia, qui offrent sous les frimas leurs magnifiques fleurs qui charment la vue et l'odorat. Le Balisier se faitaisement remarquer par l'talage de ses belles feuilles lisses et finement nerves, et par le nombre , la forme et l'clat de ses belles fleurs rouges ou jaunes suivant la varit. Les graines fournissent une vive couleur rouge qu'on fixe quelquefois au moyen du suc de citron. Le Balisier doit tre soign dans une terre franche non fume. On l'arrose frquemment jusqu'en septem- bre en Europe, et alors il faut le prserver de l'humi- dit. En mars , on en spare les cayeux qui offrent un moven sr de le reproduire, les graines ne mrissant jamais compltement en Europe. Les soins minutieux 1 ( 33 ) des serres nuisent la vgtation du Balisier et en re- tardent les progrs. L'cluse l'a appele Canna indica, dnomination que Linn a adopte d'aprs les rapports extrieurs que l'il , au premier regard, croit trouver entre les raci- nes , les tiges du Balisier et celles des Roseaux ou Can- nes. C'est pour tout concilier que Tournefort lui a ap- pliqu le nom compos de Cannacorus , de Canna et 'Acorus. Enfin , il y a tant de confusion pour le nom de Balisier qu'on donne aux colonies des plantes tout- -fait diffrentes, que je crois devoir assigner chacune sa vritable place. Les colons donnent inconsidrment le nom de Balisier plusieurs plantes fort dissemblables , ce qui offre aux botanistes qui n'ont pas voyag , et ne connaissent les nomenclatures que d'aprs les livres , des difficults qu'il est essentiel d'aplanir. Au cap Fran- ais , on appelle Balisier , YAmomum Zej'umbeth, Lin. On lui donne encore le nom de Gingembre btard , cause de la forme et de la saveur aromatique de ses ra- cines tubreuses et mamelonnes. D'autres Croles d'Hati appellent aussi Balisier, YAlpinia racemosa (p. qi , pi. 171 , 3 e vol. de cette Flore). Peupe-Desportes confond aussi le vrai Balisier de cet article avec le Costus arabicus } Lin. ; Pacocaatin^a de Marc- grave , dont on retire aussi une teinture carlate trs- brillante. En consultant ces diffrentes plantes qui se trouveront dcrites dans cette Flore , on vitera des mprises qui peuvent tre funestes la sant , et sp- cieuses sous le rapport de la science. On a encore donn improprement le nom de Balisier , au Biha ou Bananier marron dont on trouve l'histoire (pi. 260 de ce vol. 4 e ), c'est pourquoi les narrateurs mal instruits prtendaient 3 ( 34 ) :i>E CLAUSE. Oairiet ifaifc CORINDE GLABRE. ( Diurtique excitante. ) Synonymie. Vulg. Pois de merveille. Cur des Indes. Cardiospermum balicacabum foliis laevibus. Linn. Oc- tandrie Trigynie. Tournefort Corindum. Classe 11. Ano- males. Sect. 2. Jussieu, famille des Savoniers. Co- rindum ampliore folio , fructu majore. Tourn. 43i. P- sum vesicarium, fructu nigro , albmaculatnotato. Bauh. p. 343. Helicacabum peregrinum multis, sive Cor In- dum. J. B. 2 , p. 173. Pisum cordatum Lob. ic. 2, p. 6j. Ulinja Rhed. Malab. Fruita boisa ch in a. Lusit. Tim- pen Belg. Caractres gnriques. Plantes fleurs polypta- les de la famille des Savoniers feuilles alternes , ailes et dcoupes , pdoncules axillaires munis de vrilles , et fruits renfls et vsiculeux $ tige ligneuse. Caractres particuliers. Calice de quatre folioles , dont deux plus grandes -, corolle de quatre ptales ; nectaire de quatre folioles ptaliformes , rapproches en cylindre^ huit tamines ingales-, trois styles; capsule plus ou moins renfle , triangulaire , trois loges (comme trois capsules coimes) *, graines sphriques , marques d'une tache cordiforme } feuilles lisses. Quatre espces. (Mrat. Ann.) Histoire naturelle. Le nom latin Cardiospermum est form de deux mots grecs , mpta , cur , et c7reppa, semence. Le surnom pompeux de Pois de merveille a t donn cette plante lgante et dlicate. Tome IV. 61 e Livraison. 4 ( 38 ) parce qu'on crut dcouvrir en elle des proprits lithon- triptiques que l'usage n'a pas confirmes. Cependant on lemploie aux colonies comme diurtique. On la cul- tive en Europe dans les jardins. Les fruits sont estims cordiaux. Caractres physiques. Cette plante est remarquable par la forme particulire de ses fruits dont le feuil- lage lger et dcoup a, en quelque sorte, l'aspect de celui du Persil -, ses tiges sont longues de trois ou quatre pieds, menues, rameuses, glabres, canneles, feuil- les, faibles et incapables de se soutenir sans appui. Les feuilles sont alternes , ailes , glabres , vertes , pinnules ou folioles ovales, lancoles, incises ou lo- bes et dentes-, les pdoncules sont axillaires, fili- formes , munis prs de leur sommet de deux vrilles sim- ples , opposes, et portent cbacun plusieurs petites fleurs blanches disposes en ombelle trifide ou qua- drifide. Les rayons de ces ombelles sont biflores ou tri- flores , et longs de quatre ou cinq lignes. Les fruits sont des vessies trigones, triangulaires, courtes, verdtres et presque glabres. Elle est annuelle. Ses feuilles sont quelquefois pubescentes. (Encycl.) Analyse chimique. La racineduPois de merveille con- tient une rsine brune , molle , de la Saponine , un ex- trait gommeux avec mlange de Bassorine , et une ma- tire animale insoluble dans l'Alcool. Proprits mdicinales. Le Cardiospermum halica- cabum, appel par Valmont Bomare , Pois de merveille , offre une racine qui, tant administre en dcoction , est spcialement recommande dans les affections de la vessie. Elle est range par le colons au rang des li- (3 9 ) thontriptiques , dont le sicle prsent connat la valeur. Son emploi serait mieux indiqu comme un lger dia- phortique administrer aux mres qui ne peuvent nourrir leur enfant, en diminuant d'abord l'excitation des mamelles par un rgime dbilitant, et en n'administrant cette dcoction que si la peau devient moite, ce qui indique l'monctoire qu'a choisi la nature. Les Indiens boivent la dcoction de la plante dans les douleurs ar- thritiques, et posent le marc sur la partie affecte. Ils recommandent , dans les coliques , des lavemens de cette dcoction avec mlange d'un tiers d'huile de Ben. Plu- sieurs praticiens prescrivent cette mme dcoction dans les toux opinitres , et en font un collyre en l'dulco- rant avec le sucre. L'usage le plus frquent qu'on fait aux Colonies de ce moyen thrapeutique , est dans le ca- tharre vsical, et dans l'espoir de rsoudre les mucosi- ts de cet organe , et d'entraner le gravier qu'elle peut contenir , ce qu'on obtiendrait avec toute autre boisson dlayante et apritive. Les hattiers , ou gardiens d'ani- maux, appliquent avec avantage sur les gnitoires du che- val des topiques de toute la plante dans le cas de tran- ches occasiones par une rtention d'urine. Mode d'administration. La dose de la racine est d'une demi-once pour une pinte d'eau qu'on fait rduire d'un tiers. Le suc de la plante frache se donne par gros. EXPLICATION DE LA PLANCHE DEUX CENT QUARANTE-UN. i. Fleur entire. 2. Graine o l'on aperoit au sommet la tache blan- che cordiforme. 3. La mme vue de ct. (4<>) ERYTHAL D'AMRIQUE. ( Diurtique excitante. ) Synonymie. Vulg. Bois de chandelle rouge, bois de citron, bois de jasmin ; Santal citrin, suivant les quartiers des les. Eritbalis fruticosa. Linn. Pentandrie Monogynie. Juss., famille des Rubiaces. Eritbalis odorifera arborea erecta. Jacq. Amer. 72 , t. 173, f. 23. Sambucus ligno duro odoratissimo , seu santal um racemosum , foliis obtusis. Plum. icon , t. 249 , f 2. Eritbalis fruticulosa , foliis obovatis, crassis, nitidis, oppositis ; pedunculis ramosis ad alas superiores. Brown. Jam. 1 65, t. 17, f. 3. Sambucus ligno duro odoratissimo , foliis lanceolatis suaveolentibus, baccis rotundis, nigris et monospermis. Poup. Desp. En carabe : Taouia-Alacoalj. Caractres gnriques. Calice monophylle ; corolle monoptale , rgulire , divise en cinq parties recour- bes 5 calice urcol ; baie dix loges , infrieure. Caractres particuliers. Arbrisseau feuilles oppo- ses , corymbes composs } cinq , six , huit ou dix filets sortent de la base du calice } le stigmate est bifide. Histoire naturelle. L'Erytbal crot la Martinique , Saint-Domingue , la Jamaque, dans les bois des mornes et sur le bord de la mer. Les noirs le fendent et en obtiennent des flambeaux conomiques qui ser- vent clairer pendant la nuit l'intrieur de leur case qui est bientt enfume par cette combustion. Ce bois est compacte, dur , pesant , rsineux et trs-odorant. PI. 242 '/7i,*'odi>r<' 2/esopurtu\ /'m.c i '.l/t^ll'l' , '<'"///. KKiTiiAi. ois rnxsmvhiM. (4i ) Sa couleur eitrine le fait rechercher des ouvriers qui parviennent lui donner un trs-beau poli -, ils en font des botes ouvrage , des ncessaires , des pupitres propres contenir les poulets mystrieux, et autres petits meubles qu'ils donnent en cadeau aux trennes. Ce bois odorifrant perptue par son arme le souvenir du bouquet de la nouvelle anne. Comme il a l'o- deur du Citron, quelques-uns l'ont appel Bois de Citron. Ses fleurs et ses baies ayant un got aroma- tique et une odeur qui approche de celle du Jasmin , on lui a donn le nom de Bois de Jasmin dans certaines colonies. L'arbre appel aux colonies Bois de chandelle noir est XAmyris elemifera de cette Flore (Voy. T. ni, p. 279, pi. 212). % Caractres physiques. Cet arbrisseau , de la famille des Rubiaces , est droit, rameux, d'un beau port , et s'lve la hauteur de quinze pieds. Ses feuilles sont opposes , ternes, un peu ptioles , ovodes, obtuses, avec une trs-petite pointe , trs-entires , vertes , gla- bres et luisantes. Elles ont deux trois pouces de lon- gueur. Les fleurs sont nombreuses, blanches, exhalent une odeur agrable , et ressemblent celles du Lilas par leur aspect \ elles viennent en corymbes rameux , axillaires et terminaux. Chaque fleur a : i un calice monophylle , suprieur, persistant, petit, et cinq dents pointues ; 2 une co- rolle monoptale, presque infundibuliforme , tube court , et limbe partag en cinq dcoupures linaires , ouvertes et recourbes , 3 cinq tamines , dont les fila- mens, un peu moins longs que la corolle et attachs la base de son tube, portent des anthres droites et (4 ) oblongues-, 4 un ovaire infrieur, arrondi , charg d'un style de la longueur des lamines, comprim dans sa partie suprieure , et stigmate simple. Le fruit est une baie aromatique, purpurine, d'une odeur de Jasmin , globuleuse, couronne , dix loges , et qui contient des semences petites , un peu anguleuses. Analyse chimique. Les baies de rrithal contien- nent une huile volatile , de la cire , de la rsine , de la gomme unie des sels vgtaux; une partie sucre et du malate de chaux ; de l'eau et une fibre ligneuse. Proprits mdicinales. Nicolson recommande l'au- bier de l'Erithal comme possdant une vertu anti- ophtalmique : je ne sais comment et pourquoi. Le m- decin Poupe-Desportes indique ainsi le traitement suivre dans le cholra-morbus, si commun aux Colo- nies. Dans le cholra-morbus , dit-il , on administrera des lavemens de Gombo et de feuilles de Goyavier ; on fera consommer au malade des bouillons aux bour- geons de Mombain et de grand Cousin -, on le pur- gra avec les Mirobolans et la Manne dans du petit lait; enfin, pour terminer le traitement, on lui fera prendre des bols o entreront le Cachou, le Succin et le Laudanum qu'on incorporera au moyen du Bau- me de sucrier. Il boira pour tisane une dcoction de Bois-Marie , de Bois- Chandelle , de sommits d'Apia- ba ou herbe carre (espce de Mlisse) et de Mas boucann. La dose est d'une bonne pince de chaque plante qu'on fait bouillir dans deux pintes d'eau jus- qu' rduction d'un quart. On conoit que cette mthode polypharmaque > pour- tant approuve par une longue exprience , ne serait ( 43 ) nanmoins plus admise de nos jours o la thrapeuti- que est rduite sa juste valeur. Le mme praticien donne la recette d'un petit lait astringent compos, qu'il recommande la fin des maladies galantes. Pre- nez de l'corce moyenne de grand Cousin (pi. ioo ? w p. i33, 2 e vol. de cette Flore), de Santal citrin ou Bois de chandelle , et de Gingembre , de chacun un gros : faites-les bouillir dans deux pintes de lait jus- qu' la diminution d'un quart *, aprs avoir tir la d- coction du feu , teignez-y par trois fois un fer rouge : passez-la , et faites-en prendre un verre d'heure en heure. Je n'ai point eu l'occasion d'observer l'effi- cacit de ces deux traitemens , mais j'ai employ avec succs l'Erythal dans certaines affections des voies uri- naires qui rclamaient des excitans. Je n'ai eu qu' me louer de son administration dans la strangurie occasio- ne par une nphrite calculeuse. Cette rsine est em- ploye au dehors dans les digestifs. Mode d'administration. La dose de la rsine est de- puis un gros jusqu' demi-once, aprs l'avoir fait dissou- dre par le jaune d'oeuf, et dlaye ensuite dans une dcoction apritive ou mulsive : on la mle aux lave- mens dans la nphrite , et en bols dans la gonorrhe la dose de sept huit grains. EXPLICATION DE LA PLANCHE DEUX CENT QUARANTE-DEUX. La plante est rduite de moiti. i. Corolle entrouverte. 2. Ovaire surmont du pistil. 3. Fruit entier. 4- Le mme coup verticalement. 6. Le mme coup transversalement. 6. Graine. ( 44 ) ^vvv^\^vv^v^vvvv*\*\**vv^vsv%^v\^vv%vv\vvv^vv%v%vvvvvv\^ ARISTOLOCHE BILOBE. (Diurtique excitante). Synonymie. Vulg. Liane caleon. Fer cavale. Aristo- locnia bilobata. Linn. Gynandrie Hexandrie. Tourncf. Clas. 3. Personnes. Jussieu, famille des Aristoloches. Aris- tolochia foliis bilobis , caule volubili. Linn. Aristolo- chia longa scandens, foliis ferri equini effigie. Plum. Spec. 5. Amer. 91, t. 106. Raj. Suppl. 3o,5. Tournef. i63. Aris- tolochia caudata. Jacq. En espagnol : Aristoloquia ca- valla. En anglais: Long-Rooted Birthwort. Caractres gnriques. Plantes fleurs incompltes, dont le calice est color , en tube monophylle , renfl sa base , limbe dilat , ordinairement termin en lan- guette oblique ; six anthres sessiles sur le pistil au- dessous du stigmate qui a six divisions j capsule ovode , polysperme, six loges. (Mrat.) Caractres particuliers. Feuilles deux lobes \ tige volubile. Histoire naturelle. Ayant dj donn l'histoire de plusieurs espces d'Aristoloches dont le nom est compos de deux mots grecs, pio trs-bon, et ox& locliies, et l'espce dont il s'agit n'ayant rien de remarquable , et n'tant recherche que pour ses proprits dans les ma- ladies des voies urinaires , je ne m'tendrai pas davan- tage son sujet. JY.jaJ. JViodor'e JJ&rf-our'fc/z. Jna? (.afire tfcafyr . (45) La figure des feuilles de cette Aristoloche grimpante, dit Poupe-Desportes , la fait bientt remarquer et re- connatre. Ses feuilles reprsentent un fer cheval , et son fruit , attach par un long pdicule ou filet , a la forme d'un encensoir. Les mornes d'Hati en sont cou- verts. Caractres physiques. Sa racine a plus d'un pied de long , et prs d'un pouce d'paisseur : elle est noirtre en dehors , jauntre en dedans , et d'un got fort amer. Ses tiges sont trs-menues , presque filiformes , sarmen- teuses , rameuses, et rampent sur la terre , ou grimpent dans les haies qui se trouvent prs d'elles. Ses feuilles sont alternes, ptioles, petites , peine larges d'un pouce , glabres , et ont une chancrure considrable au centre , ce qui les divise en deux lobes , et leur donne presque la forme d'un fer cheval. Leur ptiole n'a que quatre ou cinq lignes de longueur. Les fleurs sont axillaires , solitaires dans chaque aisselle, plus longues que les feuilles , et ont une languette plus large et plus pointue qne celles des Aristoloches d'Europe. Elles sont d'un jaune ple et veines de rouge brun. Leurs fruits sont gros comme des ufs de pigeon , et ont une pointe mousse vers leur bout. (Encycl. Vivace. ) Analyse chimique. Ainsi que ses congnres l'Aristo- loche bilobe contient dans ses racines une huile vola- tile ; une rsine jaune-verdtre 5 une matire extractive; une gomme et un principe amer ; de l'amidon et de l'al- bumine ; fibre ligneuse et potasse. Proprits mdicinales. D'aprs le conseil dePoupe- Desportes on fait entrer cette Aristoloche dans les tisanes (46) apritives ; les mmes racines sont emmnagogues , b- chiques, incisives j Poupe-Desporteset Chevallier en ont vu de trs-bons effets en lavement dans des cas d'hmor- rodes internes arrives l'tat de supuration et faisant craindre la fistule. La dcoction dterge les ulcres et fait mourir les sarcoptes de la gale. Les matrones des Colonies plus superstitieuses encore que celles d'Europe, si la chose est possible , introduisent dans le vagin , en guise de pessaire , une racine d'Aristoloche longue dans la persuasion d'obtenir l'expulsion de l'enfant mort dans la matrice. Mode d'administration. La dose des racines rduites en poudre est depuis un demi-gros jusqu' deux , ou en infusion jusqu' demi-once. EXPLICATION DE LA PLANCHE DEUX CENT QUARANTE-TROIS. La plante est rduite moiti de sa grandeur. 1. Organes de la gnration 2. Fruit. 3. Racine. . /"/ sU- Thoapre / , i;r,\tu/^t{\ fi/ltt{\. Pirup aSre/ Seul- pus D'orriMM. (53) ^x^^v>^^*v>^v^Avv^vv^\^v^^v^^^*^v^ 1 %v^v^^vvvv^Av^^xv^\vv^v\^Avxv\,vvvv^^.\^^AA^AA , vV^^'v^^ PIN D'OCCIDENT A CINQ FEUILLES. ( Diurtique excitante. ) Stnontmie. Pinus occidentalis. Linn. Monocie Mona- delphie. Jussieu, famille des Conifres. Pinus foliis quinis scabris. Lin. Sp. , p. 1001 , n 5. Pinus foliis longis- simis, quinis, canaliculatis ; strobis subovatis ; squamis obtusis, angulatis. Poiret. Pinus occidentalis, foliis qui- nis, margine scabris, longissimis, strobylis oblongis ; squa- mis apice truncatis. Swartz, Nov. plant. Gen. et Spec. p. io3. Pinus foliis quinis abeodem exartu.Plum. Catal. plant., p. 17. Larix americana, foliis quinis ab eodem exarfu Tourn. Oust. R. Herb. , p. 586. Pinus virgi- niana, conis longis , non ut in vulgari echinatis. Pluk. Alm. , p. 297. En espagnol, Pino. En portugais, Pinheiro Bravo. En anglais , TVildPine stree. Caractres gnriques. Fleurs mles en chatons , munies d'une caille \ tamines sans filet , portes par l'axe du cliaton. Fleurs femelles solitaires , ou en globules , ou disposes en cne ; ovaire supre , sur- mont d'un stigmate simple ou bifide -, une noix mo- nosperme. Cotyldons souvent diviss profondment en plusieurs parties \ tiges ligneuses , feuilles persis- tantes. Caractres particuliers. Fleurs mles en chatons , et composes d'anthres , en forme d'caills \ jleurs Tome IV. 62 e Livraison. 5 ( 5.1 ) femelles eu htons simples, cailles extrieures, mem- braneuses OU bractes , et les intrieures charnues. Le fruit est un cne cailles imbriques , paissies leur sommet, et recouvrant chacune deux noix osseuses, surmontes d'une noix membraneuse. Cinq feuilles eu- gaiues la base. Histoire naturelle. Les Pins aiment les terres arides et montagneuses , o ils avoisinent les cienx. Quoi de plus romantique et de plus solitaire qu'une fort de Pins? L'amant trahi y vient soupirer en paix et nourrir sa mlancolie. Les oiseaux eux-mmes v clbrent leurs amours. Cach sous l'paisseur d'un Pin majestueux, Le rossignol soupire et module ses peines . Baour-Lormian. Cet arbre fournit la fable une mtamorphose que de Saint-Ange cite ainsi dans ces vers: Le Pin qui boucle en rond sa courte chevelure, Le Pin cher Cyhle : Atys , par elle aim, Sous ce tronc dur, hlas! fut par elle enferme. Un autre pote voulant dplorer la perte d'un guerrier valeureux, Gurie le compare un de ces arbres : Tel un Pin , roi des monts, par la hache abattu, Roule et gt sans honneur dans la plaine tendu. A la voix du Tout - Puissant, dit un autre auteur, les vgtaux parurent avec les organes propres recueillir les bndictions du ciel. Les Pins recueillent les va- peurs qui flottent dans l'air, avec leurs folioles disposes (.15 ) en pinceaux. Depuis le cdre du Liban jusqu' a vio- lette qui borde les bocages , il n'y eut aucune plante qui ne tendit sa large coupe , ou sa petite tasse , suivant ses besoins ou son poste. Les Pins ne s'lvent pas seulement en Amrique. Sous les climats froids , dit Virey, la nature accorde ses habitans , au printemps , une nourriture agrable de l'aubier tendre , ou Safwau des Pins , et dans la nces- sit mme une sorte de pain avec l'corce interne de ces arbres. Ils servent en outre de bois de construction , de chauffage , et d'autres usages conomiques et indus- triels. C'est la marine surtout qui en rclame les avan- tages pour les mts des vaisseaux. Oui, ce Pin sur la nef en colonne lev, Bravera les autans et le flot soulev. Le Pin diffre du sapin : ce dernier laisse couler beaucoup de rsine par son corce, mais il n'en con- tient gure dans son bois. Le Pin , au contraire , donne trs-peu de rsine par l'corce , moins qu'elle ne lui soit demande 5 mais on en trouve beaucoup l'intrieur. On ne tire du goudron que du Pin , car le sapin , outre que son bois en procure trs-peu , ne donne qu'un goudron sec , et qui s'enlve bientt en crote de la surface des corps qu'on en recouvre. Le goudron sert espalmer les vaisseaux et les barques pour les dfendre de l'action de l'eau. On corce l'arbre au moment de la sve avec une doloire , sans entamer l'aubier, et laissant du ct nord une lanire longitudinale. La chaleur fait suinter abon- damment la rsine qui se rpand sur tout le tronc dnud. Les Pins ns sur un soi aride et sablonneux ( 56) exsudent plus de rsine que ceux des terrains marca-* geux. Quatre ans aprs la dcortication , on abat l'ar- bre en automne. Chaque pin donne quatre cinq livres de rsine par anne. Quand on ne veut pas abattre l'ar- bre pour le produit des planches , on se contente de l'entailler. On distille la poix au moyen de fourneaux en briques. Il sort d'abord par le tuyau du phlegme , ensuite une poix paisse , blanchtre , grenue ; c'est une espce de braise. Elle est suivie par la poix liquide or- dinaire qui coule abondamment d'abord , puis se ralen- tit. Chaque brasse ou mesure de bois de Pin de six pieds de large , et de huit dix pieds de hauteur, peut fournir jusqu' quatre tonnes de poix , mais qui contient tou- jours beaucoup d'eau. La tonne , faite en bois de sapin , est de la capacit de quarante-huit pots de quatre livres chacun environ ; tel est le produit de seize charretes de bois de Pin en Sude. L'eau qui s'coule du goudron liquide tant sature de cette matire , les Sudois y font macrer leurs souliers de cuir velu , ce qui donne ce cuir une qualit suprieure. Le bon goudron doit teindre l'eau en rose ; si l'eau blanchit , au contraire , le gou dron est de mauvaise qualit. Il faut environ soixante- quatre troncs de Pins pour fournir une tonne. Le com- merce de la seule Ostro-Bothnie , qui s'est lev par anne 80,000 tonnes, a puis 5, 120,000 troncs de Pins pour obtenir cette quantit. On rencontre quel- quefois dans la terre un fossile jaune, diaphane , et ren- fermant des insectes , ou lectrique comme le succin , mais qui ne contient pas d'acide succinique \ c'est une rsine du Pin dpure. Caticthes physiques. Cet arbre parait tre trs-dis- (5 7 ) tmct du Pinus strobus. Ses feuilles , au nombre de quatre cinq dans la mme gaine, sont constamment plus longues , plus roides , trs-troites, arrondies , ou demi- cylindriques leur face infrieure, canalicues et re- bords tranchans leur face suprieure, lisses, un peu rudes sur leurs angles. Les cnes ont quatre ou six pouces de long-, ils sont ovales, obtus, composs d'caills tronques et angu- leuses , paisses leur sommet, contenant des semences ailes , oblongues , irrgulires. Ce Pin crot sur les mornes Hati , et parat tenir le milieu entre le Pin Cembro et celui Weimouth, se rapprochant du premier par ses cnes , et du second par ses feuilles. Analyse chimique. Ce Pin , d'aprs des expriences rcentes faites par M. Bonastre, contient uue trben- thine trs-claire et trs-fluide , retenant prs du sixime d'huile essentielle. Cette trbenthine forme difficile- ment savonule par les alcalis , mais fournit une belle colophane. Selon Yirey, dans sa Chimie organique ( pag. i52), le pollen contient une substance volatile d'une odeur fade , avec un principe olagineux. Le Pin d'Occident a beaucoup de rapport avec le Pin du lord Weimouth, ainsi nomm, parce que le lord Weimouth est le premier qui ait cultiv ce Pin en Angleterre. Propf,.its mdicinales. L'odeur de violette que la rsine du Pin communique l'urine , tmoigne en fa- veur de sa vertu diurtique. L'eau qui dcoule du gou- dron sert frotter les bestiaux pour en carter la vermine ; on l'emploie aussi contre les dartres , la gale et autre* affections cutanes de l'homme et des animaux , siToa. ( 58) en fait des lotions. Les Louions des Pins, avant leur dveloppement, un peu avant qu'ils parviennent l'tat de bourgeon , sont regards comme un excellent anti- scorbutique , et doivent tre employs dans les catharres pulmonaires ; on en fait un sirop avec le miel \ on pres- crit progressivement une , deux ou trois tasses par jour d'une infusion de fleurs de gombo, dulcores avec ce sirop. On fait une bire avec les bourgeons pour les scorbutiques. Les graines sont adoucissantes et calment la toux et les douleurs nphrtiques , depuis demi-once jusqu' une par mulsion. L'huile qu'elles produisent remplace celle d'amandes douces. On l'ordonne dans la phthisie , l'hmoptysie et le tabs , et pour rparer la perte du lait chez les nourrices. L'eau distille des cnes est astringente. Mooe d'administration. La dose des bourgeons en infusion est de deux quatre onces pour deux livres de liquide. Celle de la trbenthine, comme vermifuge employer contre le tnia , est d'un scrupule dans un liquide appropri. EXPLICATION DE LA PLANCHE DELX CENT QUAR ANTE-CINQ. La figure est rduite moiti. 1. caille renfermant la graine. 2. Graine pourvue de son aile. 3. Graine concasse laissant voir l'amande. /y. i4. 7kt\u/ore Pivtvurb'lK J*uv . b'airiei ift'u/y. S AI IX B'KAOUKft. ( 5 9 ) SAPIN BAUMiER. ( Diurtique excitante. ) Synonymie. Trbenthine dite Baume du Canada. Sapin bal- samique. Baumier de Gilad. Pinus balsamea. Lin. Sp. Plant. MonocieMonadelphie. Juss., famille des Conifres. Abies balsamea. Miller Dict., n 3. Abies taxifolia , odore .balsami gileadensis. Raj. Abies foliis planis, sub- marginatis , subts albidi ; eonis ovato - oblongis, erectis, squamis basi angustatis. Poiret. Abies minor, pectinatis foliis, virginiana; conis parvis, subrotundis ? Pluck. Almag. 2 , t. 124 , fig. . Caractres gnriques. JTojez ci-dessus ceux du Pin d'Occident. Caractres particuliers. Fleurs monoques. Fleurs mles en chatons simples, entoures d'un grand nombre de petites cailles imbriques:, filets des tamines runis en un faisceau. Fleurs femelles composes de deux ordres d'caills comme les Pins*, cne form des int- rieures, qui sont concaves_, minces au sommet, renfer- mant chacune deux noix ailes (feuilles solitaires). Histoire naturelle. Cet arbre , originaire de l'Am- rique septentrionale, aux environs de la Nouvelle-Or- lans , vient aussi en Canada , en Virginie et aux Antilles. Cet arbre (Journal de pharmacie , juillet 1822) ne forme pas de corps de fort : il croit au milieu de X Abies nigra et Canadensis (Michaux). Ses feuilles rpandent une odeur trs-balsamique. ( 60 ) Tel l'encens d'Ymen dans un jour solennel Touche peine le feu qu'on prsente l'autel, Que des mains du lvite, la vote brillante On le voit s'lever en nue odorante. Castel. Elles sont remarquables en dessous par deux lignes blanches -, ses cnes , d'une couleur noir-pourpre , sont marbrs par la rsine blanche qui en dcoule. Il trans- sude travers les pores de l'corce , que Ton retire aussi par incision, une rsine liquide un peu mollasse, blanche, aromatique, connue dans les pharmacies sous le nom de Baume du Canada ou Baume blanc. Lorsqu'elle com- mence couler, elle est claire, transparente, d'une odeur fort agrable et d'une saveur plus douce que celle de nos Sapins -, elle reste long-temps dans cet tat. La diffrence que l'on remarque entre cette trbenthine et les ntres , surtout par sa blancheur, est peut-tre due au froid excessif qu'il fait en Canada \ car elle est beau- coup plus jaune aux Antilles. Aprs plusieurs recherches , continuent les auteurs de l'article cit , nous pouvons assurer que le Baume de Gilad des Anglais , ou plutt le fameux Baume de Gilad est produit par le mme arbre ci-dessous dcrit , mais rcolt sur un sujet dont on n'a pas encore extrait le Baume du Canada par incision. On a dj remarqu sur X Aines alha des utricules qui se forment sur le tronc , et les principales branches de l'arbre \ il en est de mme sur XAbies balsamea , et le produit des inci- sions faites l'arbre , et celui des utricules , est trs-diff- rent. C'est en crevant ces tumeurs, qu'on aperoit d'assez loin, qu'on recueille ce baume*, le suc jaillit avec force comme le sang d'une saigne : (6.) Ici du Sapin vert la branche rsineuse Distille, flots pais, une gomme onctueuse. Thomas. On la reoit au moyen d'un entonnoir adapt une bouteille } lorsqu'elle est pleine , on la bouche hermtiquement : de cette manire , on conserve la partie la plus odorante de cette rsine, ce qui lui donne un grand prix. C'est principalement au Canada , dans le pays du Maine et contres adjacentes, que l'on rcolte cette espce de trbenthine. La quantit qu'on en retire, par anne , peut s'valuer quelques centaines de bouteilles qu'on exporte en Angleterre et dans le reste des Etats- Unis , o elle est connue sous le nom de Baume de Giad , quoique les gens instruits sachent trs-bien que le vritable Baume deGilad estle produit de Y Amyris gi- leadensis , arbre trs-diffrent et originaire d'Asie. Deux cent cinquante livres de matire rsineuse donnent cin- quante soixante livres d'essence de trbenthine. Le Galipot durcit l'air par la volatilisation de l'essence de trbenthine. Certaine espce de rsine, celle du Dom- heya chilensis, ne pouvant se fondre sans se dcomposer, ne peut faire de la poix calfater les vaisseaux. Caractres physiques. Cet arbre s'lve la hauteur de 5o 60 pieds et plus. Il se divise en branches nom- breuses , touffues , et en rameaux opposs , garnis de feuilles solitaires, roides, planes, courtes, linaires, entires leurs bords , obtuses et souvent un peu chan- cres leur sommet, vertes en dessus, d'un blanc pres- qu'argent ou un peu pulvrulent leur face infrieure , trs-ouvertes, un peu recourbes. Les fleurs sont monoques , en chatons solitaires, ( 6a ) pars ; les cnes sont ovales , oblongs , ayant leur som- met tourn vers le ciel , composs d'caills courles , imbriques, nombreuses, rtrcies et tronques leur base, souvent amincies leur sommet, qui s'ouvrent et tombent ordinairement en novembre. Analyse chimique. L'analyse du Sapin baumier fut lue l'Institut au mois de novembre 1824, et insre dans le journal complmentaire des Sciences mdicales du mois d'octobre. D'aprs notre observation, elle a beaucoup de rapport avec celle du lin d'Occident. Le Baume du Canada , trait par la soude caustique, forme une savonnette d'une pte paisse et mollasse , mais qui se maintient telle, et ne coule point. Ce baume parat, en outre, difficile fondre dans l'alcool. On obtient un savon-rsine avec l'huile de palme , Cocos butjracea , et la rsine jaune du Lius austrlis (rsidu de la distilla- tion de l'essence de trbenthine). On y ajoute la lessive alkaline {barilld) , ou soude de varecs. Ce savon est six semaines se faire. On le vend sur les marchs, aux Antilles et la Nouvelle-Angleterre , en pains quadran- gulaircs , couleur de cire jaune. Ce savon est peu ferme , mais il blanchit bien. Proprits mdicinales. Les malades affects de catarrhes chroniques , aiment aller respirer sous les touffes du Sapin baumier. J'ai prouv cette jouissance, qui a je ne sais quoi de consolant dans certains temps de la mlancolie. Tirais avec plaisir sous le pesant ombrage De ces sapins presss, qui d'tage en tage Allongeant dans les airs leurs gigantesques fronts, Noircissent nos pieds la pente de ces monts. Chnedoll. ( 63 ) La trbenthine que produit ce Sapin baumier est un des plus srs apritifs employer dans la dysurie et la nphrite ; on connat la proprit de sa racine , que Ton applique en chirurgie pour arrter les progrs des h- morrhagies. Ou la fait aussi dissoudre dans un jaune d'oeuf, et on la dlaie ensuite dans une dcoction ap- ritive. On l'administre en lavement pour la nphrite, et la dose de sept huit grains dans la gonorrhe. On la fait entrer aussi dans les empltres digestifs. Souvent cette mdication agit en augmentant la transpiration ; d'autres fois en augmentant l'exhalation bronchique et en favorisant l'expectoration , puis redonnant du ton la membrane muqueuse , et tarissant les coulemens dont elle est le sige ; mais cet emploi ne peut tre recom- mand que dans le cas o il n'y aurait pas irritation des organes. Moue d'administration. On donne cette trbenthine en bols, depuis dix grains jusqu' vingt , ou roule dans du sucre , ou enveloppe dans du pain chanter. Les bourgeons desschs se donnent en infusion ou en d- coction dans un liquide quelconque , la dose de quatre seize grammes (un quatre gros) pour deux livres de liquide. EXPLICATION DE LA PLANCHE DEUX CENT QUARANTE-SIX. Le dessin est rduit de moiti. t 1. Chaton de fleur mle. 2. Portion d'caill. 3. Fleur femelle. 4. Ecaille de la fleur femelle. 5. Ecaille contenant deux graines. 6. Graine de grandeur naturelle. ( 64 ) FROMAGER PENTANDRE. ( Diurtique adoucissante. ) Synonymie. Cotonnier mapou. Bois pineux blanc. Ceiba , Bombax pentandrum. Lin.,Pentandrie Monogynie. Jus- sieu, famille desMalvaces. Bombax foliisseptenatis an- ceolatis : floribus pentandris , antheris lunatis binis aut ternis. Cavan., part. 26. Diss. 6 , figurt. Jacq. Amer. 191 , t. 176 , fig. 70. Panperrima. Mill. Dict , n 2. JEriopboros Javana. Rumpb. Amb. 1, p. iq4> t. 80. Ceiba viticis , folio caudice aculeato. Plum. 6, t. 80. Zaa- monna Pison. Pouja , Hort. mal. Caractres gnriques des malvAces. Calice mo- noptale , simple ou sur deux rangs -, l'intrieur a cinq divisions ; corolle pentaptale \ tamines monadelphes , un style sur chaque capsule ; plusieurs stigmates \ graines cotonneuses, renfermes dans une ou plusieurs capsules supres^ feuilles alternes, avec stipules 5 tamines toutes fertiles, dfinies ou indfinies , filets runis la base , et un corps sessile et vas. Caractres particuliers. Calice simple , tabul , vas, cinq dents ; corolle de cinq ptales oblongs , concaves ; cinq tamines ou plus , filets runis la base ; un style filiforme 5 un stigmate en tte } capsule oblongue ou orbicuaire-, quinquvave , cinq loges polyspermes^ graines laineuses (Mrat). Histoire naturelle. Les colons des Autilles don- PI. A Thodore J)efe\-\\>urti7\. J'zina- (fnrit'f J'c rOTEMET PITIES CJS'.Vr. ( 6 9 ) \vvv^^.v\vv^^/v^vv\\\\lvv\\^^^^^vv^^\^^\^(V\^^^^lV\^vv\\v^vv\ vv vv^lVv^vv^A/^^'VV^^^^^/v^^^^^^^^^^ COQUERET PUBESGENT. (Diurtique excitante. ) Synonymie. Vulg. Alkekenge, ou Herbe cloques, Physa- lide, Camaru. Physalis pubescens, ramosissima , foliis villoso-viscosis , floribus pendulis. Lin. Pentandrie Mono- gynie. Juss. , famille des Solanes. Alkekengi virginia- nura, fructulatus. Tourn. i5i. Fervill. Peruv. 3, p. 5i , t. 2. Solanum virginianum procumbens annuum, folio lanuginoso. Moris. Hist. 3, p. 527 , sec. i3, t. 3. Alke- kengi barbadense nanum alliariae folio. Dill. Alkekengi flore albo, folliculis rubro virescentibus, fructu flavescente. Plum. Solanum americanum vesicarium. Alkekengi folliculis rubro virescentibus , fructu flavescente En carabe : Sousourou-Scurou. En malabarois: Inot-Inodien seu Moetoc. En espagnol : Alquequenje, Vexiga de Perro. En anglais : Winter-Cherry. Caractres gnriques des Solanes. Calice cinq divisions persistantes ; corolle monoptale , ordinaire- ment rgulire , cinq divisions , cinq ou quatre ta- mines -, un style ; un stigmate \ une capsule ou baie po- lysperme ; deux ou quatre loges ; supre. Feuilles alternes. Caractres particuliers. Une seule baie. Calice v- siculeux cinq divisions; corolle campaniforme , petite; cinq tamines anthres conniventes ; un style ; une baie sphrique, deux loges polyspermes. (Mrat.) Histoire naturelle. Cette jolie plante, presque sem- blable celle d'Europe , n'en diffre que par la couleur jaune, au lieu de celle rouge de son fruit, et par ses Tome IV. G2 8 Livraison. 6 ( 7) follicules d'un vert rouge , au lieu de blanc jauntre. L'Alkekenge pubescent aime le frais et l'ombrage -, on en rencontre dans les Cotonniers, ou parmi les Indigo- tiers qui vgtent prs des rivires. Le mot Physalidc est driv de >vovu, soiifflet, de la forme de l'enveloppe du fruit. On trouve cette plante dans les deix Indes , et principalement dans la Virginie. Quelques auteurs pr- tendent que le nom gnrique de phy salis est driv du mot grec , v- /K:r.\>j-f/;','/\ /'t'i.t' COPOJMB 3 ai/'t e/ .fe. rnE (?3) W W% VV> W\ W> Vrt W Wt W* V\ > w W W* W\ W> W VV V V% W W W> NAA vs LYCOPODE PENCH. ( Diurtique excitante ) . Synonymie. Vulg. Poudre za Diable. Soufre vgtal. Ly- eopodium cernuum , foliis sparsis , curvatis , caule ramosis- simo , spicis nutantibus. Lin., Cryptogamie, Mousses. Juss. , famille des Mousses, cl. i , ord. 4- Musous maxi- raus coridis folio , viticulisvald ramosis. Plum. , fil., p. 1^4 j t. i65. Tourn. 554. Muscus zeylanicus terrestris cla- yatus erectus. Moris. , Hist. 3, p. 624- Lycopodium zey- lanicum erectum , ramosissimum. Burm. , Zeyl. i44> * 66. Muscus zeylanicus, erectus, perpetuo-virens,in arboris proceritatem excrescens. Pluck. Alm. 247 En anglais : Common Club-Moss. En espagnol et en portugais : Lico~ podio. En malabarois : Bellan -Patsja. Rhed., 12 , p. 7'i , t. 39. Para-Panna-Maravara. Caractres gnriques. Plante cryptogame faisant le passage des mousses aux fougres ; herbes rameuses , sou- vent dichotmes , quelquefois droites , plus ordinaire- ment couches ou rampantes 5 ayant le feuillage simple des mousses , embrjqu cjrcuairement , ou quelquefois aplati et comme distique -, et la fructification soit parse dans les aisselles des feuilles , soit dispose sur des pis cailleux et terminaux. Les Lycopodes portent des urnes sessiles , arrondies ou rniformes, dpourvues d'oper- cule et de coiffe, s'ouvrant le plus souvent en deux valves, et contenant une poussire abondante et trs-inflam- mable. Tome IV. 63 e Livraison. 7 (74) Caractres particuliers. Feuilles parses, courbes ; lige rameuse; pis penchs. Histoire naturelle. Cette mousse lgante et de haute stature crot aux Antilles, sur les mornes boiss, om- brags et pierreux, o ses pis paraissent en aot et septembre. Ses urnes, mres en novembre, rpandent une poussire jaune abondante qui s'enflamme aisment, fulmine comme la poudre canon , et se nomme vul- gairement soufre vgtal. La poudre de Lycopode est employe dans les feux d'artifice 5 c'est sa lueur blouis- sante et passagre qu'on distingue sur nos thtres les rprouvs tourments par les hordes de gnies infernaux, qui, agitant autour d'eux leurs torches tincelautes , rompent pour un instant, par cette lumire blouis- sante , l'horrible obscurit qui couvre la scne. Cette poudre jauntre, insipide et inodore, est fine et onc- tueuse au toucher; elle est immiscible l'eau, et par consquent insoluble dans cet agent } mais 1 alcool en dissout une partie. Verse sur une bougie , cette poudre impalpable s'enflamme et brle avec dflagration , mais si rapidement qu'elle ne peut occasioner d'incendie. On prtend qu'un sachet de cette poudre, suspendu dans un tonneau , rend son premier tat un vin qui graisse ou file. M. De Candolle assure que les toiles de laine qu'on fait bouillir avec la poudre de Lycopode se colorent en bleu , si on les fait passer ensuite dans une dcoction de bois de Brsil. Caractres physiques. Ce Lycopode est fort remar- quable par son aspect dendrode, son feuillage capillac et crpu, et ses pis toujours penchs. Il s'lve la i ( # ) hauteur d'un pied et demi deux pieds sur une tige droite , dure, comme frutescente infrieurement , et qui contient une moelle assez abondante. Cette tige est cy- lindrique, trs-rameuse , panicule et charge de feuilles trs-menues. Les feuilles, caulinaires et ramales , sont parses, trs-nombreuses, linaires, subules, presque capillaces , courbes , comme crpues et dcurrentes leur base. Elles sont entires et sillonnes sur leur dos vers leur base. Les pis sont sessiles, courts , ovales, cy- lindriques, jauntres, penchs ou pendans, solitaires et situs aux extrmits des petits rameaux. Ces pis n'ont que quatre lignes de longueur, et les cailles dont ils sont embriqus sont dentes , et comme franges sur leurs bords. ( Encycl. ) Analyse chimique. Ce pollen offre les mmes rsul- tats que la poudre du Lycopodium clavatum ; c'est--dire, d'aprs Bucholz , une huile grasse , du sucre , un extrac- tif rnuqueux et de la pollinine. Pelletier en a retir une matire comparable la cire , du sucre , une ma- tire extractive, et plusieurs sels qu'on rencontre dans beaucoup d'autres vgtaux. Proprits muiciwales. L'opinion gnralement re- ue aux Antilles est que la dcoction de la plante est diurtique , et offre un topique anodin dans les douleurs arthritiques. Elle paratrait , au contraire , agir comme astringente , d'aprs la prescription de certains praticiens des colonies qui font boire sa poudre unie au vin pour calmer le tnesme et le flux dysentrique , raffermir les dents et gurir le scorbut. La poussire des urnes y est estime carminative et anti-spasmoclique. Certains m- ( 7 ) . ' decins du nord de l'Europe l'emploient contre la plique polonaise. Je croirais plutt la vertu absorbante de cette poudre , applique l'extrieur pour scher et re- couvrir les excoriations qui se forment aux jointures et aux aines des enfans nouveau -ns et des personnes trs-grasses : les nourrices sont toutes en possession de son usage. Son application apaise trs-promptement la phlogose douloureuse qui survient aux cuisses aprs un long exercice du cheval. Mode d'administration. A l'extrieur on garnit les parties affectes, en secouant une houppe qu'on a recou- verte de ce pollen. Intrieurement , la dose est de douze grains un gros dans un vhicule convenable. Elle sert aussi envelopper les pilules, et masquer leur saveur dsagrable. EXPLICATION DE LA PLANCHE DEUX CENT QUAlANTE-NEUF. La plante est figure de grandeur naturelle. i. Cne entier. 2. Ecaille garnie de sa capsule. 3. Urnes laissant chapper la poudre. PIjSo. TRIBULE -' \ WES FEUILLES. ( il ) ^V^V^*/VA/VV\V\^\A^\/V^VV*A/\\VV\VV^VV>A^^\^-\AAXVVVVVVV^Ai\.VV>'VV\V\^'VVVVV'\VV%A'VVVV'1iVVVVV TRIBULE A GRANDES FEUILLES ( Diurtique excitante* ) Synonymie. Vulg. Cprier rampant. Herse. Tribulus- maximum foliis subquadrijugis exterioribus majoribus ; pri- carpiis decaspermis , muticis. Lin., Spec. Plant., vol. i, p. 386. Deandrie Monogynie ; Jtrss. , famille des Ruta- ces ; Tourn., Rosaces.- Jacq. , icon. rar. , vol. 3 , t. 46*2. Wild. Spec. plant., vol. 2, p. 566, n 1. Tribulus foliis trium parium pinnatis. Hort. Cliff. 160. Tribulus foliis senis pinnatis, extimis majoribus ; floribus singulari- bus. Brown. Jam. , p. 120, t. i32, fag. 3. Tribulus ter- restris, major, flore maximo , odorato. Sloan. Jam. 90, Hist. 1 , p. 209, t. i32, fig. 1. Tribulus terrestris, fructu turbinato, foliis lanuginosis. Plum., Spec. 7, icon. 254 > %. i. Tourn. inst. R. H. 266. Caractres gnriques. Plantes dicotyldones, fleura compltes, polyptales , rgulires, tiges herbaces, souvent tales et couches ; les feuilles opposes, ailes sans impaire , stipulaces : fleurs solitaires et alternes. Calice cinq divisions profondes , cinq ptales ouverts; dix tamines ; style nul ; un stigmate sessile quinqu- fide -, cinq dix capsules releves en bosses , deux ou ( T ) trois loges polyspcrmes et transversales , runies ordi- nairement, termines par des pointes pineuses-, plu- sieurs semenees. Caractres particuliers. Feuilles souvent quadriju- gues , les extrieures plus grandes } pricarpes dix spermes, sans poils. Les feuilles infrieures alternes, les autres le plus souvent opposes , distiques , la plupart trijugues , quelques-unes quadrijugues. Histoire naturelle. Cette plante annuelle et ram- pante couvre le sol aride de la Jamaque , d'Hati , de Cuba et des autres les Antilles, o l'clat de ses fleurs la fait remarquer. Les voyageurs et les bestiaux embar- rassent souvent leur marciie dans leurs tiges enlaces et pineuses. Le nom Tribule, qui lui a t donn, est d- riv des mots grecs rp/, trois, et fioXo, pointe, trois pointes. Cette plante, quoique trs-pineuse, est nan- moins recherche par les bufs, les moutons et les ca- bri ts qui en sont trs-friands. Un troupeau de brebis, la blanche toison , Bondit sur la colline, et tond ce vert gazon. Castel. Caractres physiques. Les tiges du Tribule grandes feuilles sont paisses, tranantes, tales, canneles, longues au moins de deux pieds, comprimes, un peu velues , garnies de feuilles opposes , ailes sans impaire , composes de trois ou quatre paires de folioles opposes, sessies \ les suprieures et terminales plus grandes, toutes ( 79) ovales , un peu aigus leur sommet , entires leurs bords, fort grandes relativement celles des autres esp- ces , velues -, les ptioles munis leur base de deux stipules droites , opposes , velues , lancoles , aigus Les fleurs sont solitaires, axillaires, portes sur des pdoncules simples, filiformes , plus courts que les feuil- les. Leur calice est divis profondment en cinq dcou- pures droites, lancoles, velues. La corolle est jaune, compose de cinq ptales assez grands, ouverts, pres- que arrondis, larges, d'une odeur assez agrable, ren- fermant dix tamines beaucoup plus courtes que la corolle : il leur succde un fruit turbin , arrondi , com- pos de plusieurs capsules conniventes, armes de quel- ques petites dents trs-courtes. Les semences, au nombre de dix, sont oblongues, turbines , attaches l'angle central des loges, sans prisperme , et dont la radicule est infrieure. Analyse chimique. Quoique les Tribules appartien- nent la famille des Rutaces, cependant ils n'ont point la saveur acre des espces ordinaires de cette classe. L'espce dont il s'agit ici contient beaucoup de mucilage et un extrait aromatique. Proprits mdicinales. L'habitant Minguet , dont le nom, clbre Saint-Domingue, rappelle un dvoue- ment sans bornes en faveur de l'humanit ; Minguet se servait chaque jour des racines de ce Tribule, qu'il ajoutait aux tisanes apritives. Il recommandait aussi l'application des feuilles contuses sur les parties phlo- goses, et comme maturatives sur les abcs, dont la ( 8o ) marche tait languissante. J'ai employ , comme apri- tives , les racines avec succs. Mode d'administration. La dose des racines est d'une once pour deux livres de liquide. EXPLICATION DE LA PLANCHE DEUX CENT CINQUANTE; La plante est reprsente au tiers de sa grandeur. ! i. Fruit entier, vu par le sommet. . Fruit clat pour laisser voir les divisions. PLzSx Z7tcvi/ore /}ct(T r tz7z. -Pm^e (ra&rie? . ( 81 ) l V^^W^'\\'^^^^V^^\\^'V\^V^vv^'^\^^\.v^^,v^\^^^'V^\^^'VX'^\^^^^^\^>'vv>^\A*,\\\\^^,\'^^^^v^^vv^^.v^V ^v MYGINDE DIURTIQUE. ( Diurtique excitante. ) Synonymie. Myginda Uragoga. Lin.,Ttrandrie Ttragynie Juss. , famille des Nerpruns. Myginda foliis ovato- acutis , serratis , subsessilibus. Lara, illustr. Gner. i544 > tab. j6. Jacq. Amer. , p. 24 > tab. 16. En espagnol : Yerva de Maravedi. Caractres gnriques. Plantes fleurs polyptales, de la famille des Nerpruns , ayant beaucoup de rapports avec les Hartoges, dont ils diffrent nanmoins en ce que les baies des Hartoges contiennent deux semences au lieu d'une seule. Ces arbrisseaux de l'Amrique ont les feuilles opposes , les pdoncules axillaires 5 un calice infrieur partag en quatre ; une corolle quatre pta- les, une capsule globuleuse et monosperme. Caractres particuliers. Racine ligneuse, comprime et contourne, noueuse et irrgulire. Histoire naturelle. Cet utile arbrisseau crot natu- rellement , et en grande abondance , dit Poiret , dans les environs de Carthagne , dans l'Amrique mridionale , aux Antilles , dans l'le Saint-Martin, proche le fort Phi- ( 8'- ) lippe, sur les bords de la mer, o il rie s'lve alors qu' trois pieds de hauteur environ, tandis que , lorsqu'il crot dans les forts ombrages, il arrive une hauteur de huit pieds. Les Espagnols le nomment 1 eiva de Mara- vedi, parce que la racine de cette plante se vend vil prix. J'ai eu occasion de la recommander l'hpital de Saint-Marc, le d'Hati, et je n'ai eu qu' me fliciter de son emploi dans les maladies de la vessie. Caractres physiques. La Myginde diurtique est un arbrisseau dont la racine est paisse, noueuse , irrgu- lire \ le tronc est revtu d'une corce brune l'ext- rieur , de couleur orange intrieurement , mais dont la substance est blanchtre , solide et trs-amre. Les feuilles sont ovales et lancoles, opposes, rarement alternes, aigus, trs-finement dentes, longues d'en- viron un demi-pouce , et portes sur des ptioles trs- courts et de couleur rougetre. Les fleurs sont axillai- res, disposes en corymbes ou petites grappes, dont les pdoncules communs sont filiformes , opposs , trs-sou- vent bifurques -, chaque bifurcation se subdivise en deux ou trois pdoncules particuliers , qui soutiennent chacun une fleur. Ces fleurs sont petites , d'un rouge pourpre , composes d'un calice trs-petit, persistant et divis en quatre : d'une corolle quatre ptales arrondis , planes et trs-ouverts : quatre tamines plus eourtes que la co- rolle; l'ovaire est presque rond -, son style , extrmement court, est divis en quatre stigmates, petits, filiformes, simples , aigus. Le fruit est un drupe globuleux , de couleur rouge , mou , et de la grosseur d'un petit pois, contenant une ( 8 ) noix osseuse , ovale , aigu , une loge renfermant vm noyau de mme forme. Analyse chimique. La racine de la Myginde est irr- gulire, jaune en dedans ; elle est inodore , et sa saveur est douce avec un mlange d'amertume. Elle fournit beaucoup d'extrait par l'alcool, et beaucoup moins par l'eau; un principe extractif amer, du tannin et une matire sucre. Proprits mdicinales. Les Espagnols font grand cas de la racine de Myginde, qu'ils prescrivent comme diu- rtique en infusion ou en dcoction. Ses feuilles jouis- sent de la mme proprit, mais un degr bien inf- rieur. Les feuilles appliques sur les ulcres et les plaies favorisent, dit-on, leur cicatrisation. On lui a attribu la facult de dissoudre les calculs urinaires, et on a pouss la crdulit jusqu' croire que cette merveilleuse racine pouvait dispenser de l'opration de la taille; mais aucune exprience positive n'a confirm cette vertu li- thontriptique. Je crois cependant pouvoir la recomman- der avec certitude de sa proprit diurtique , dans la nphrite calculeuse et contre l'ischurie. Les colons des Antilles s'en servent pour cicatriser les abcs des reins et de la vessie. Ils prennent dans ce cas la poudre de la racine dans du lait. Ce qu'il y a de certain , c'est qu'elle nettoie la vessie d'une grande quantit de matires vis- queuses. Quelques-uns la recommandent dans l'dme et dans l'anasarque. Mode d'administration. La racine de Myginde pulv- rise se donne en substance depuis un scrupule jusqu' ( 8tf ) lin gros , qu'on divise en plusieurs prises. On peut dou- bler la dose si l'on emploie le vin ou l'eau pour vhieule. La dose de la teinture alcoolique est d'un gros. On ad- ministre par cuillere le vin o elle a bouilli. EXPLICATION DE LA PLANCHE DEUX CENT CINQUANTE-UN. La plante est rduite moiti. 1. Fleur divise pour laisser voir la corolle et l'ovaire. 2. Fruit ouvert. 3. Graine concasse , laissant apercevoir l'amande. /'. . , >-i' 77if>tfcre Jftvwurti/%. .Ptna; . CrirtttJ'c. IRIS >E LA MARTINIQUE ( 85 ) IRIS JAUNE ET NOIRE DE LA MARTINIQUE. (Diurtique excitante.) Synonymie, Vulg. Petite flamme de marais; petit glayeul camans. Faux Acore. Iris martinicensis, imberbis , foliis ensiformibus, germinibus trigonis , petalis basi foveo- lis glandulosis. Poiret. Linn, Triandrie Monogynie. Juss. , famille des Iris. Tourn. , Liliaces. Iris marti- nicensis , corollis imberbibus , germinibus trigonis , foveis ad. basin petalorum glandulosis. Jacq. Amer., p. 7, t. 7. Xiphion flore luteo nigricante. Plum. Cat. 8. Mss. , t. 3, f. i38. Chamas-iris leuco-nigra et bulbosa. Burm. Amer., t. 26*1 , f. 2. En Espagnol : Acoro bastardo, Lirio espa- danal. En portugais : Lirio amarelho dosChargos. En anglais : Yellow Iris. Caractres gnriques. Genre de plante unilobe ; barbe feuilles ensiformes , distiques , quitantes , apla- ties , qui s'enganent par le ct \ fleurs terminales , solitaires ou comme en pi , dont les couleurs sont vives et l'aspect lgant ; corolle (ou calice) six divisions profondes, dont trois extrieures, trs-grandes, ta- les 5 trois intrieures droites et petites ; point de calice ; trois tamines libres -, un style ; trois stigmates trs- grands, en forme de ptales , recouvrant les tamines ; fleurs axillaires , places avant leur dveloppement dans une spathe monophylle ou diphylle \ une capsule oblon- gue , trois loges, trois valves*, les semences nom- breuses et presque rondes. ( 6) Caractres particuliers. Sans barbe ; feuilles li- naires-, ptales avant la base des fosses glanduleuses 5 ovaires ttragones. ( Vivaces.) Histoire naturelle. On distingue cet Iris sur les collines humides ou sur les bords des lagons. On la trouve frquemment la Martinique, dans les prs montueux bien arross et ombrags par les bois. Les arts tirent quelque parti de ses racines. Bouillies dans l'eau avec de la limaille de fer et des gousses du Mi- mosa faniesiana, elles forment d'assez bonne encre. On la combine aussi d'autres substances pour la teinture noire , tandis que les ptales donnent une couleur jaune. Caractres physiques. La racine de cet Iris est grosse comme le doigt, bulbeuse, double comme celles des glayeuls ; jaune , d'un got chaud et aromatique , cou- verte de quelques enveloppes fibreuses et gristres , et entoure chaque articulation de racines blanchtres longues d'un pouce, et pleines de petites fibres. Elle pousse trois ou quatre feuilles distiques, semblables celles des glayeuls d'Europe , mais plus troites. Elles ont six pouces de longueur sur quatre cinq lignes de largeur, fort pointues , unies et un peu roides , moins longues que la tige , et demi-ouvertes , ou , pour mieux dire, carnes tout le long du milieu. La spathe bivalve qui termine, produit de son sein une tige menue, lisse, ronde, longue de six pouces, garnie au bout de quelques fleurs pdoncuies , petites , jaunes, et qui s'panouissent successivement. Ces fleurs sont singulires, en ce que tous leurs ptales ont leur base une fossette glanduleuse et noirtre. Trois de ces ( 8 7 ) ptales sont ovodes, obtus, avee une petite pointe, re- dresss ou un peu rflchis , et une fois plus grands que les autres. La fleur se fane promptement , et la corolle est remplace par une gousse ventrue , longue d'un demi- pouce, plate par le bout, et cannele en long par trois cellules ondes et remplies de semences rousses , cha- grines , de la grosseur des graines de raves , et d'une sa- veur aromatique. Analyse chimique. L'odeur des marais , qu'exhale d'abord la racine de cet Iris , se dissipe par la dessicca- tion-, elle est peu odorante, mais styptique et acre. Elle contient une matire extractive brune , une huile grasse , acre et amre ; une huile volatile qui se cristallise en lames brillantes*, outre ces proprits, qui appartiennent auxlrides, l'espce qui nous occupe contient beaucoup de parties astringentes ,* c'est pourquoi la dcoction est colore en noir par le sulfate de fer. On obtient de cette racine une rsine d'un brun jaune, onctueuse , coulante , lorsqu'elle est chauffe 3 * d'une sa- veur acre, brlante, soluble dans l'alcool. Proprits mdicinales. On doit employer fraches ces racines , qui perdent de leurs vertus en se schant. Elles agissent sur les organes la manire des toniques astrin- gens. Son suc est quelquefois employ comme sternuta- toire , mais il est dangereux d'y avoir recours, moins d'en modrer l'effet , car il occasione promptement la phlogose des membranes muqueuses qu'il a pu atteindre, et il excite un ternuement prolong :, cependant on l'a quelquefois employ avec avantage dans certaines cpha- les ou odontalgies , qui avaient retir peu de soulage- ( 88 ) ment des antres inovens administrs. Cette racine , tant frache et prise an dedans, offre un vomi -purgatif; qui l'a fait rechercher, par des praticiens des colonies, pour remployer comme hydrogne. Quelques-uns l'adminis- trent en layemens, pour dtruire les ascarides du rectum. On lemploie aussi comme diurtique, anti-scrophulcuse et anti-dysentrique. L'Iris de la Martinique, selon le docteur Renaudet, est un puissant emmnagogue. Mode d'administration. La poudre de la racine se prescrit depuis un scrupule jusqu' un gros; et en d- coction, depuis une jusqu' deux onces pour deux livres d'eau. La dose du suc est de demi-once deux onces ; on l'dulcore avec un sirop pour en mousser l'cret styptique. EXPLICATION DE LA PLANCHE DEUX CENT CINQUANTE-DEUX La plante est rduite moiti de grandeur. 77>i>od>re /fiWt/r/fA P/rt.r tra'rif/ Je J!TTONJK VKI.UK VA 9 (9) '.. W Y\x\\>\\>\\\V\'\V\VV\% <.X^V>>\\*VV\\A\VV\VV%VVX\.\*V\\ V\A\\\\\\A>V\>\\*V\*V\\VVVV\*V<*\\ PITTONE VELUE. (Diurtique excitante, ) Synonymie. Vulg. Herbe chiques veloutes. Herbe malingres. Hliotrope. Chique en fleurs. Mont-Joli. Tournefortia hirsutissima. Lin., Pentandrie Monogynie. Jussieu , famille des Borragines. Tournefortia foliis ovatis, petiolatis ; caule petiolis pedunculisque hirsutis, spicis ramosissimis. Lam., 111. Gen., pag. 4*6, n 1873. Tournefortia foliis ovatis, petiolatis, acuminatis; caule hirsuto , spicis ramosis , terminalibus , baccis hirsutis. Swartz, Observ. , p. 56. Wild. Spec. plant. , vol. 2, pag. 791. Tournefortia scandens, foliis hirtis, rugosis, ovatis; spicis ramosis. Brown. Jam. , 169. Pittonia hir- sutissima et raraosissima , baccis albis. Plum. Gen. 5 , icon. 229. Heliotropii flore frutex , baccifer , ramosus ; folio rugoso, ftido , maximo , subrotundo , hirsuto ; fructu albo. Sloan. Jam. ,173, Hist. 2 , pag. 108, tab. 212, g. t. En carabe : Schaoualou. Caractres gnriques. Fleurs compltes, mono- ptales, ayant beaucoup de rapports avec les Karronia, arbrisseaux d'Amrique, la plupart tiges grimpantes , TombIV. 6 6 Livraison. 8 ( 9 ) dont les feuilles sont entires , rudes , et les fleurs dis- poses en cime, o elles forment des pis unilatraux. Elles ont un calice fort petit, cinq divisions; une corolle en forme d'entonnoir, dont le tube est globu- leux sa base ; une baie perfore par quelques pores au sommet, renfermant deux ou quatre osselets deux loges. Caractres particuliers. Feuilles ovales ptioles ; tiges hrisses*, pis trs-rameux, terminant la tige, (Vivace.) Histoire naturelle. La Pittone velue crot dans tous les endroits humides et incultes des Antilles. On en distingue mal propos deux espces, celle appele Chique en fleurs, et une autre nomme Chique en fruits. Ce sont deux varits dont Tune , que nous dcrivons ici , est tige droite , tandis que la seconde est tige grimpante. Ce genre a t consacr la mmoire de Pitton de Tournefort. Les Varronia sont appeles Pit- tonia par Plumier, et en franais Mont-Joli par Lamarck. L'espce Mont-Joli de la Guiane a les fruits rougetres. Les fruits de plusieurs peuvent tre mangs , mais ils ne sont pas d'une saveur assez agrable pour enfaire un mets particulier. Les petits ngres et les enfans des blancs recherchent cependant ceux de la T^arronia alba , qui sont blancs, transparens, gros comme une petite prune, et dont la pulpe est trs-mucilagineuse , et mme , dit M. de Tussac, d'une nature semblable celle contenue ( 9* ) dans la baie du guy. Les habitans de Curaao, au rapport de Jacquin, recherchent beaucoup les fruits de cette espce. , Caractres physiques. Cette plante a des tiges droites, frutescentes, brunes, canneles, presque tra- gones , charges de poils nombreux , roides , droits , d'un brun fonc , garnies de feuilles alternes , ptioles, ovales , acumines , larges de deux pouces , sur trois et plus de longueur $ d'une couleur sombre , couvertes leur face infrieure de poils serrs et couchs , ainsi que les ptioles : moins velues leur face suprieure. Les fleurs , de couleur blanche , sont disposes en une cime terminale , forme d'pis trs-rameux , et dont les pdoncules, ainsi que les calices, sont chargs de poils roides et nombreux. Les baies sont de couleur blanche , transparentes comme celles du guy , et ren- ferment des graines noires. Dans la varit tige grim- pante , ces pis sont plus courts , plus lches , et toutes les parties de la plante bien moins velues. Les tiges sont presque cylindriques , et les feuilles presque gla- bres, d'un vert plus clair. Les fruits sont arrondis, et renferment quatre osselets ovales, oblongs. Analyse chimique. Les baies ou drupes, appeles par Desvaux Nuculaines (i)^ contiennent du parenchyme, (1) Le Nuculaine, selon Desvaux, diffre de la Drupe, en ce que dans cette dernire les graines sont nues dans la 8* un gluten, IBM partie exti active, une matire huileuse, fixe. Le gluten est insoluble l'eau, l'alcool et mme L'ther, comme aux huiles fixes et volatiles; disso- luble .iiix alkalis qui l'altrent 5 l'acide nitrique la con- vertil en oxalique; elle ne contient pas d'azote. J'ai emprunte cette analyse INI. Henri, dont le travail sur les baies du guy ma servi de guide dans un pays o l'on a besoin de recourir d'autres lumires que les siennes. Proprits mdicinales. Cette plante des Lagons est recherche par les colons de l'Amrique qui l'appliquent en cataplasme pour faire mourir les chiques qui se sont introduits sous la peau en y excitant un prurit insuppor- table. J'en ai vu de bons effets. Les racines ont t employes avec succs comme diurtiques par Poupe- Desportes. Je n'ai eu qu' me louer de leur prescription. On recommande en bains la dcoction de toute la plante contre les douleurs rhumatismales, l'anasarque et les affections nerveuses. Poupe-Desportes donne la formule suivante d'une tisane apritive : prenez des racines de chicore sauvage, d'herbe bl, d'herbe chiques, de verveine blanche, des corces de citronnier et de tamarin , de chaque une once ; de l'anis , un gros ; faites-les bouillir dans six chopines d'eau, jusqu' la diminution du tiers : mettez dans la colature un gros de pulpe, au lieu que dans le Nuculaine, chaque graine est loge dans une enveloppe plus ou moins solide, distincte des tgu- mens propres la graine, et de la pulpe. (93) nitre purifi , et suffisante quantit de rglisse de France ou du pays. Mode d'administration. La dose des racines est d'une once par livre d'eau. Celle des feuilles dpend de l'usage auquel on les destine. EXPLICATION DE LA PLANCHE DEUX CENT CINQUANTE-TROIS. La plante est rduite moiti. i. Fleur. 2. Corolle ouverte. 3. Fruit entier. 4. Fruit coup transversalement. 5. Graine biloculaire ouverte et grossie. 6. Graine entire de grosseur naturelle. ( 9-1 ) \\\\\\>v\\\w>\\'v\\\>v\^ V*W**MkV**V*A*****AA WWWWW WHW*V AftA V WW*HH CLOSIE PERLE. {Diurtique excitante. ) Synonymie. Vulg. Passe- Velours panicul. Amaranthine pi. Celosia paniculata. Lin., Pentandrie Monogynie. Juss. , famille des Amarantaces. Tourn. , Rosaces. Celosia foliis ovato-oblongis,'caule assurgente, paniculato^ spieis alternis,terminalibus, remotis. Lin., Spec. Plant. 298. Swarlz. Obs., pag. 100. Celosia major sarmentosa, assur- gens, foliis majoribus ovatis. Brown. Jam. , 179. Amaran- thus fruticosus, erectus, spic viridi, lax et strigos. Sloan . . Hist. 1 , t. 91 , f. 1. Caractres gnriques. Plante de la famille des Amarantaces, qui a beaucoup de rapports avec les Ama- ranthines {Gomphrena , Lin.); tige herbace, et dont les fleurs sont petites, nombreuses, colores agrable- ment , runies en pis , quelques-unes presque pani- cules , feuilles alternes. Elles sont pourvues d'un calice trois folioles , semblables la corolle qui est compose de cinq ptales 5 de cinq tamines runies en tube leur base *, d'une capsule uniloculaire , plusieurs se- mences, et s'ouvrant transversalement. Caractres particuliers. Feuilles oyales, oblongues; tige leve et panicule. JY. 2S4. Thodore. D&fcovrtx. final {ro&rvel Jh CEL0S1E PEliLEE (95 ) Histoire naturelle. Le mot Amaranthos , tir du grec, signifie qui ne se fltrit pas, parce que ses fleurs , se desschant facilement, ontla dure de rimmovtele. Cette plante tant d'un aspect agrable, on peut la multiplier en semant les graines au mois de mars sur une couche chaude et sous cloche. Lorsque le plant a acquis la hau- teur de quatre cinq pouces , on le spare et on le repi- que sur couche, un pied de distance ou environ. On couvre ce jeune plant avec des cloches jusqu' ce qu'il soit parvenu en toucher le fond \ on doit soulever de temps autre la cloche pour donner de l'air , lorsque le soleil est trop ardent. Le mot Ceosia vient du grec KyjAso:, brillant, chaud, brlant, etc. Caractres physiques. Les tiges de ce Passe-Velours sont faibles , couches en partie, cylindriques, rameuses, longues de trois quatre pieds , munies de feuilles p- tioles , alternes, ovales, acumines. Les rameaux se terminent par une panicule compose d'pis alternes , souvent rameux , qui sont garnis de fleurs cartes , al- ternes, luisantes, soyeuses, d'un jaune ou rose ple , et dont les tamines sont plus courtes que la corolle. Le stigmate est divis en trois. Cette plante crot la Ja- maque dans les rochers arides et pierreux. (Encycl.) Analyse chimique. Cette plante contient de l'acide gallique , du tannin , un peu d'actate d'ammoniaque et un principe extractif qui a du rapport avec celui des lgumineuses , de la gomme et quelques sels minraux. Proprits mdicinales. Quoique le Passe-Velours soit souvent associ aux espces apritives , je le crois ( !) ) mieux plac dans la classe des piaules astringentes. J ni plusieurs fois prouv son mode d'action comme slvp- tique dans 1 hmoptysie et dans d'autres hmorragies, o Ton recommande l'usage de ses fleurs. Sa semence se donne la dose d'un gros dans les flux dysentriques , mais on doit tre trs-peu empress de la prescrire, s'il y a le moindre symptme inflammatoire. La vertu astrin- gente de cette plante est telle qu'il est dangereux de la recommander aux femmes pendant leur flux mensuel dont elle pourrait occasioner la suppression. Moue d'administration. Un gros des fleurs suffit pour deux livres d'eau, en infusion. La dose des graines est d'un gros. EXPLICATION DE LA PLANCHE DEUX CENT CINQUANTE-QU ATRE La plante est rduite moiti. i. Feuille de grandeur naturelle 2. Fleur vue de face. 3. Etamines. 4. Parties femelles. 5. Ovaire disjoint. 6. Semences. ' /'/. a , ; '/'/iforfore Jpit'coitr/r/: /Vw.c . /'.//r'i'S Je PASSIFLORE K"X LYHW. (97 ) \V^\V\\VVV\VV\V>A*VVVVV\WriVV\VV>\\V\\VVV\\VVV\\\'VVVV\VVVV\V\(V PASSIFLORE LYREE. {Diurtique excitante.) Synonymie. Grenadille feuille en lyre. Passiflora lyrae- folia. Tussac. Flore des Antilles, pag. 70. Lin., Gynan- drie Pentandrie. Tourn., Rosaces. Jussieu , famille des Cucurbitaces. En anglais : Passion flower. Caractres gnriques. Plantes fleurs polyptales ; de la famille des Cpriers , tiges sarmenteuses , grim- pantes , munies de vrilles, ayant des feuilles alternes, simples ou lobes , et des fleurs axillaires. Ces fleurs sont surtout remarquables par une couronne frange , colore , fort belle voir , environnant leurs organes sexuels , et par le pdicule qui s'lve au-dessus du r- ceptacle et soutient ces organes ; calice cinq dcou- pures-, cinq ptales (calice externe de Jussieu), fixs la base du calice, une couronne particulire (nectaire), multifide dans la fleur : huit tamines ; trois stvles: une baie ovode, supre, uniloculaire , polysperme. (En- cycl. mtli. ) Caractres particuliers. Trigyne,* calice cinq di- visions profondes; cinq ptales \ un nectaire en cou- ronne*, baie pdicule. ( !>8 ) Histoire jv.VTtiiEi.Lir;. Les Passiflores sont entres, cdrame plusieurs autres genres, dans le domaine de la culture exprimentale 9 et de nombreuses varits hy- brides , produit d'une fcondation artificielle , ont dj rcompens les soins et la patience vraiment admirable des horticulteurs. Toutes se trouvent dans les serres de Fromont, prs Paris, o elles entremlent leurs festons surchargs de fleurs varies. Le chevalier Soulange- Bodin a commenc des essais dont le rsultat probable sera de faire passer dans le conservatoire, ou mme en pleine terre, une exposition abrite, toutes ces charmantes varits. On peut faire de jolis berceaux avec cette grenadille. Elle se sme de graines , et prend aussi des boutures -, elle ne se trouve que dans les forts des montagnes, o elle fleurit en juin , juillet et aot. Caractres physiques. C'est M. de Tussac qui a le premier rencontr sur les montagnes de Saint-Georges la Jamaque , et dcrit cette lgante espce. Sa tige , sarmenteuse et ligneuse , s'accroche , dit ce savant natu- raliste , parle moyen des vrilles dont elle est munie, aux arbres voisins, et grimpe jusqu'au sommet des plus levs, d'o elle retombe presque jusqu' terre. Son corce est grise , crevasse , tubreuse; des intervalles d'environ trois ou quatre pouces les uns des autres, on remarque des renflemens en forme de nuds , sur les- quels sont insrs les ptioles fort longs, sans glandes, canaliculs , qui portent des feuilles ovales , oblongues , arrondies du ct de leur base , divises leur sommet en trois lobes pointus , dont les deux latraux sont trs- longs, et celui du milieu extrmement court , ce qui (99) donne en quelque faon tes feuilles la (orme d'une lyre antique-, leur surface est glabre, marque de trois ner- vures ; chaque ct de la nervure principale sont cinq six fossettes glanduleuses quelque distance les unes des autres. Les fleurs soct grandes, d'une belle couleur rose fonce, suspendues deux par deux des grappes simples, axillaires, sur les vieilles tiges, mais sur les jeunes branches elles sont deux deux dans l'aisselle des feuilles. Le pdoncule qui les porte est uniflore , filiforme , artil- cui *, un peu au-dessus sont deux ou trois bractes sta- ces qui forment linvolucre. Le calice de ces fleurs est divis en dix parties -, les cinq divisions extrieures sont lancoles , plus larges et plus colores que les cinq extrieures ; elles se desschent ensemble. Le germe port sur un pivot trs-long est surmont de trois styles violets , filiformes , termins par trois stigmates en massue , couleur verte. Les tamines , au nombre de cinq , sont insres sous le germe au sommet du pivot ; les filamens, runis par leur base seulement, s'cartent ensuite dans une direction presque horizon- tale ; ils sont violets , termins par des anthres oblon- gues , vacillantes, de couleur jaune. Le fruit est une baie sphrique , charnue , uniloculaire, polysperme. Les graines sont plates, noires, chagrines, couvertes d'un arille succulent, et disposes sur trois placentas qui sont attachs en triangle aux parois intrieures. L'em- bryon est plat, entour d'un prisperme charnu. Analyse chimique. Cette grenadille produit une ma- tire extractive, gommeuse , sucre, une espce de glu- ( IO ) ten cl un lger acide , de l'eau et du nitrate de potasse. Proprits mdicinales. Les fruits sont fort en usage dans les tisanes rafrachissantes et apritives , que l'on prescrit contre les affections du foie. Leur dcoction provoque le flux des urines , et tempre la soif des f- bricilans. On la recommande dans les phlegmasies de la peau, telles qu'rysiples, variole, scarlatine, etc.... Mode d'administration. La dose des fruits est de quatre onces pour une livre de dcoction. EXPLICATION DE LA PLANCHE DEUX CENT CINQUANTE-CINQ. La plante est rduite moiti. //. *5t> jAiVi/ore jPejctmr'faZsi. Pmjj ni>/-re/ i/b . MELMSPKKOTIS A1IITTA ( ioi ) WW WWWW^WWVWWWVUVWAW W\VWV>WtVMW\WUVWMW\W\\M^ VWNW **A MENISPERME ABUTA. ( Diurtique excitante. ) Synonymie. Vulg. Pareira-brava blanc. Abuta des Gari- pons. Menisperraum abuta. Lin., Dicie Polyandrie. Juss. , famille des Mnspermes. Menispermum frutes- cens, foliis ovatis, acutis, subts tomentosis, nervosis, reti- culatis; racemis axillaribus. Abuta rufescens. Aublet. Guiane 1 , p. 618 , vol. 4 > t- 25o. Butua et Pareira-brava? Offic. Caractres gnriques. Fleurs polyptales, ayant des rapports avec les Cissampelos , plantes herbaces ou li- gneuses , la plupart sarmenteuses et grimpantes , ayant des feuilles alternes et des fleurs petites , sans clat , disposes en grappes latrales ou terminales. Les fleurs sont souvent dioques ; le calice compos de six folioles; la corolle de six huit ptales -, huit seize tamines ; deux ou trois ovaires supres , surmonts d'un style et d'un stigmate; deux ou trois haies cortiqueuses et mo- nospermes ; quelquefois une seule par l'avortement des autres. Caractres particuliers. Fleurs mles : quatre p- tales extrieurs, huit intrieurs; seize tamines. Fleurs ( K>* ) femelles : corolle du mle ; huit tamines Striles ; baies bines , monospermes. Histoire naturelle. Le nom Mnisperme , suivant quelques auteurs , est driv de deux mots grecs , uwn, Lune croissante, et de c-epiux , semence : je ne partage pas cette tymologic. Cet arbrisseau crot naturellement dans l'ile de Guyenne et dans les forts de la Guiane. Je l'ai rencontr Hati et Cuba. Caractres physiques. Les racines del'Abuta donnent naissance plusieurs tiges qui deviennent autant de troncs anguleux, tortueux, de quatre cinq pieds de diamtre par le bas. Ces troncs. qui sont couverts d'une corce raboteuse et gristre, jettent alternativement, droite et gauche , de longs sarmens qui s'appuient et se rpandent sur les troncs des arbres voisins, gagnent, leurs sommets quelque levs qu'ils soient, et poussent ensuite des rameaux pars, effeuills et velus. Les feuil- les, portes sur de longs ptioles, sont grandes, ovales, pointues , entires , fermes , assez paisses , et les plus grandes , dit Aublet , ont prs de onze pouces de lon- gueur , sur une largeur de neuf pouces et demi. Elles sont ordinairement coudes leur point de runion avec le ptiole. Leur surface suprieure est verte , glabre , lisse : l'infrieure est couverte d'un duvet court, cendr, doux comme du velours. Cette dernire surface est rele- ve , ds sa base, par cinq nervures longitudinales , unies ensemble par beaucoup de veines trans verses, parall- les, qui, avec d'autres veines plus petites, forment un rseau assez remarquable. Les ptioles sont roides, cy- lindriques , assez pais, tomenteux comme le dessous des feuilles. ( io3 ) Les fruits Baissent sur de grosses grappes axillaires , velues ; de couleur cendre. Ils sont composs de trois baies attaches ensemble l'extrmit de chaque pdon- cule panier , comme les noix. Ces baies sont ovodes , velues , verdtres , unilocuiaires , chagrines , marques d'un ct d'une arte ou nervure saillante qui se pro- longe du ct oppos , en se ramifiant en deux ou trois branches , lesquelles se runissent ensuite et vont se terminer la base de la baie. Leur corce recouvre une coque mince , cassante , ride intrieurement , qui contient une amande ferme , compacte , marque de deux ou trois sillons circulaires , avec un grand, nombre de sillons transverses. La partie ligneuse est compose de libres lies ensemble par un tissu trs-fin. Quand on coupe un des troncs , on voit distinctement les cercles ligneux qui le composent , spars les uns des autres par un tissu cellulaire d'o dcoule un suc rousstre et fort astringent. (Encycl.) Analyse chimique. Le brou est dune saveur amre, styptique et excessivement acerbe j il renferme beau- coup de tannin et d'acide gallique-, et noircit les doigts, ainsi que le brou de la noix d'Europe. L'amande est mulsive et contient une fcule amilace, et moiti de son poids dune huile jaune , grasse et siccative. Proprits mdicinales. Les Croles et les habitans de Cayenne se servent des sarmens de cet arbrisseau , et en prparent une tisane dont ils font usage pour gurir les obstructions du foie auxquelles ils sont trs- sujets. On estime cette dcoction propre dbarrasser ( io4 ) les reins et la vessie des matires glaireuses et graveleu- ses qui les engorgent, j /espce connue sous le nom de Vare a brava rouge, ne difre au Pareira brava blanc, (jue par le dessous des feuilles qui sont couvertes d'un duvet rousstre. Les proprits sont les mmes , et nul- lement chimriques. On emploie aussi la dcoction des sarmens dans les blennonhes et autres affections vn- riennes, contre lesquelles cette plante prcieuse possde un degr minentles proprits apritives et diurtiques. Mode d administration. La dose des sarmens est d'un gros , bouillis ou infuss dans une chopine 4'eau. EXPLICATION DE LA PLANCHE DEUX CENT CINQUANTE-SIX. La plante est rduite au tiers. i . Trois fruits entiers. 2. Un fruit concass pour faire voir le brou, la coque ligneuse et l'amande. /'/. _>.',-. 7Vf ;,/_/ , /?/'j:v(f/"'\ P//i.r . . ',?/'//.-/ ,*'./< PARIETAIRE CAP1TKK . ( io5 ) t\*W% V\* W% W\ W* VWW* W\W'VWW\ VWWl W\ WWW V\**W\ 'VV>^\^V\*\VVVVNYVN'VVVVV\'VVYV\* / DORSTNE CAULESCENTE. ( Diurtique sdative. ) Synonymie. Vulg. Paritaire capite. Dorstenia caulescens. Lin. , Ttrandrie Monogynie. Juss., famille des Ortices. Dorstenia petiolis pedunculisque lateralibus , foliis ovatis, dentatis, quinque nerviis. Poiret. Parietaria latifolia hu- milis, flore glomerato. Plum. Spec., 10. Burm. Amer., t. 120, f. i. Parietaria flore globoso. PI. v, iv, p. 91. En anglais : Wall Pellitory. En espagnol : Vidriola. En portugais : Parietaria. Caractres gnriques. Fleurs incompltes , herbes feuilles ptioles , ordinairement radicales, et fleurs situes en grand nombre sur de? rceptacles communs , charnus, aplatis et pdoncule?; invoucre concave, ou- vert en forme de coupe > couvert intrieurement de fleurs monoques nombreuses et sessiles , calice sim- ple, plac dans une fossette quadrangulaire. Fleurs mles, quatre tamjnes. Fleurs femelles , un style 5 un stigmate; une graine sur un rceptacle charnu. Caractres particuliers. Pdoncules caulinaires. Histoire naturelle. Cette jolie plante vivace crot aux Antilles et particulirement Hati le long des ruisseaux , principalement dans le quartier nomm le fond de Baudin , o le pre Plumier Fa dcouverte le Tome IV. 65 e Livraison. 9 ( o6) premier. On la trouve aussi dans la fente des vieux murs, d'o luivientson nom tir du mol pai'ies, mur, ou qui aime les murs. Caractres physiques. Sa racine est rameuse et fibreuse : elle pousse < son collet une trois tiges me- nues , courtes, rouges, feuilles et couvertes d'caills brunes et membraneuses. De l'aisselle de chaque caille nat un ptiole long, rouge , montant, qui porte une feuille ovale , lgrement dente , cinq nervures, d'un vert trs-gai, et assez semblable celle de notre Pari- taire, mais trois ou quatre fois plus grande. Les pdon- cules sont latraux, rouges , et se terminent les uns par un rceptacle arrondi, globuleux , et les autres par un rceptacle aplati , anguleux et presque lacini. Les rcep- tacles arrondis, dit Plumier, sont couverts de fleurs mles, et constamment striles *, ceux, au contraire, qui sont anguleux ou lacinis , sont fertiles et couverts de fleurs femelles, auxquelles succdent les fruits. Analyse chimique. La saveur de cette plante est insi- pide et presque nulle ; elle contient un peu de mucilage, et quelques lgres traces de nitrate de potasse. Proprits mdicinales. Les sectaires de la thrapeu- tique minrale , qui ne parlent des plantes ou n'crivent leur histoire que pour en rcuser les vertus, quoique les prescrivant tous les jours dans leur pratique, refusent la Paritaire toute espce de proprit , et font cet gard un vain talage d'expressions fastueuses, dont le type se reconnat dans tous leurs crits erronns. Quant nous qui , depuis vingt-cinq ans, faisons plus particu- lirement usage de la thrapeutique vgtale dont nous ( I0 7 ) n'avons eu qu' nous louer , l'exemple de tous les insu- laires qui tmoignent en faveur de cette doctrine par leur longvit , et la gurison subite de leurs maladies qu'on voit cder la moindre application, et au moindre traitement , nous avons toujours employ avec succs la Paritaire dans les maladies des voies urinaires, et contre toute espce de phlegmasie. Certes , on ne peut contester l'avantage des topiques molliens, ou des demi- bains d'une forte dcoction de cette plante qu'on prescrit dans la nphrite. Les personnes, affectes d'rysiple, de goutte , d'angine , n'ont eu qu' se louer de l'appli- cation de cette plante en topique. Son suc tidi , et in- ject dans l'oreille lors de l'invasion de l'otite, a pro- duit plu sieurs fois, d'aprs ma clinique, beaucoup de sou- lagement auxpatiensqui avaient peine supporter cette horrible souffrance. L'infusion et l'extrait de Paritaire offrent au mdecin le secours d'un doux diurtique qu'il peut prescrire dans tous les temps des maladies de la vessie. Mode d'administration. La dose de la plante en na- ture est d'une poigne pour deux livres d'eau, en dcoc- tion. Son suc exprim doit tre prescrit celle de quatre onces -, on l'dulcore avec un sirop appropri l'tat du malade. EXPLICATION DE LA PLANCHE DEUX CENT CINQUANTE-SEPT. i. Fleur mle. 2. Fleur femelle vue de face. 3. La mme vue de ct. 9* ( ,o8 ) W WWWlW'WVV>V > f' I MftVM*V>*'>* > "V>** l **Vr*" **** a ** a * ****** , * * , * a * * * * * ll * > * *V\/WVW WWW PTROCARPE A FEUILLES VELOUTES. ( Diurtique sdative. ) Synonymie. Vulg. Gent grimpant. Pterocarpus ecasta- pbyllum. Lin., Diadelphie Dcandrie. Juss. ? famille des Lgumineuses. Pterocarpus foliis simplicibus, ovatis , acuminatis, subts cericeis. Lin., Syst. PL, vol. 3, pag. 3o,4, n o 2 . Swartz , Obs. 2j5. Pterocarpus leguminibus suborbiculatis , obtusis, planisj Foliis alternis, ovatis, subts villosis. Bergius. Hedysarum ecastopbyllum. Linn., Amn. Acad. Ecastaphyllum frutescens , reclinatum ; foliis ovatis, acuminatis , integris. Brown , Jam. 299 , tab. 32) fig- ! Spartium scandens, citri folliis, floribus albis, ad nodos confertim nascentibus. Plum., Catal. Amer. ig. Burm. Amer., tab. 246, fig. 2. Tourn. R. Hcrb. 645. Caractres gnriques. Plantes dicotyldones , fleurs compltes, papillonaces , de la famille des lgu- mineuses , arbres ou arbrisseaux d'Amrique, feuilles alternes, ailes avec une impaire, les fleurs disposes en pis asilaires. Calice campanule, cinq dents-, une gousse courbe en faulx, comprime, membraneuse, une semence, quelquefois deux ou trois. Caractres particuliers. Feuilles simples, ovales, aigus, soyeuses en dessous. (Vivace.) //. * ;/,'. j%4*0jZ7r'^e ) T. I, p. 296) donne une analyse curieuse du Gent d'Europe (1); elle se trouve conforme aux observations que j'ai faites sur le Ptrocarpe, ce qui prouve identit des proprits mdicales et prononce en faveur des recherches pour arriver un jour l'tablissement rel des familles naturelles. Proprits mdicinales. J'ai vu aux Antilles admi- nistrer, avec une scurit funeste que je dsapprouve, une forte dcoction des fleurs et fruits de ce Gent dans la rage, comme en Russie on le pratique en se servant du Gent des teinturiers. Il est vrai que dans cette con- tre hyperborenne , on ajoute la cautrisation des pus- tules qui se dveloppent sous la langue du malade, avec un poinon de fer rougi au feu, et en ce cas l'accessoire est le seul moyen qui puisse offrir quelque scurit. On doit interdire dans un cas aussi grave et presque toujours dsespr des moyens impuissans qui font perdre un temps prcieux-, le feu, l'ammoniaque liquide intrieu- rement et extrieurement, les sudorifiques , les gar^a- rismes anti-scorbutiques , voil des moyens que j'ai em- ploys avec succs dans plusieurs cas que je cite dans mes Voy ges d \un naturaliste (Paris, 1809). Les habitans se servent, comme mtiques , de la sommit des jeunes tiges, des fleurs et des graines du Ptrocarpe feuilles ve- loutes; ils font une dcoction, la dose d'un gros, des fleurs et des graines , et d'une once des sommits pour six onces d'eau rduites quatre. Une once du suc (1) Voyez aussi l'exacte monographie de ce genre , publie en 1809 , par M. Thibaut de Berneaud , secrtaire perptuel de la Socit Linnenne de Paris j in-8. ( 1" ) des jeunes branches purge lgrement. On fait un sirop avec les fleurs et les sommits de Lantana camara qu'on prescrit avec avantage dans l'ascite pour provoquer l'- vacuation des urines. La dose est d'une once dans une petite tasse d'infusion de fleurs de Gombo. Ce mme moyen est recommandable dans certains temps des dou- leurs arthritiques et rhumatismales , et dans plusieurs cas d'hpatite. La fumigation des fleurs fait, dit-on, d- senfler les jambes dans les dmes symptomatiques. Mode d'administration. Les fleurs', au poids de deux gros pour six onces de liquide , offrent un vomi-purgatif. Le sirop se prescrit par une once. EXPLICATION DE LA PLANCHE DEUX CENT CINQUANTE-HUIT. 9 La plante est rduite de moiti. 1. Fruit folliculeux de grandeur naturelle, 2. Graine. \ ( na ). SAPOTILLER COMMUN. ( Diurtique sdative. ) Synonymie. Aehras sapola. Lin., Hexandrie Monogynie, Juss., famille des Sapotilles. Sapota floribus solitariis, foliis lanceolato-Qvatis. Swartz. Aehras (zapota) floribus hexandris. Jacq. Amer. ,67, tab. 4'* Sapota fruclu ovato, majore. Plum. Gen. Amer., pag. 43, tab. 4- Aehras fructu elliptico, scabro, majore. Brown, Jam., 200, tab. 49, fig. 3. IL y a une varit fruits plus petits, ainsi dsi- gne : Aehras (Sapotila) branchiatus, diffusus ; fructu sub- rolundo; cicatricula mucrone breviori. Brown, Jam. , 2 p. 200. Jacq. Amer., pag. 57. Sapota fructu turb in ato minori. Plum. , Gen. Amer., pag. 43. Anona maxima foliis laurinis, glabris , viridi-fuscis ; fructu minimo. Sloan Jam., 206, Hist. 2, pag. 173, tab. 169, iig. 2. En anglais Cookia-Wampi. En malabare : Manitambou. Caractres Gnriques. Plantes dyeotyldones , fleurs compltes , mon ope taies , rgulires , qui a du rapport avec les Chrjsophyllum , comprenant des arbres ou arbustes de l'Amrique , feuilles simples , entires, alternes , dont les fleurs sont nombreuses , axillaires ; les pdoncules uniflores } un calice six divisions ; une corolle campanue ; le limbe a six dcoupures ; six cailles chancres l'orifice del corolle,* six tamines:, une pomme globuleuse e charnue , douze loges , au- tant de semences comprimes. Caractres particuliers. Fleurs solitaires ; feuilles lancoles, ovales; fruit exquis, lorsqu'il commence se dcomposer. ( Vivace. ) Ft.jiS? ; ff y7t,v>a!ore DeSciBirtZx 2 > ma! afrteZ Jcttfo APOTILLIE'U C03UVT! N (,,3) Histoire naturelle. Le Sapotiller diffre du Sapotier, dont il est le diminutif, par ses fruits, qui sont infini- ment plus petits et plus savoureux, quoique de mme nature. On distingue quatre espces de Sapotillers , i fruits oblongs et ovodes j 2 fruits oblongs et gonfls au sommet ; 3 fruits ronds , dont le sommet et la base sont aplatis -, 4 enfin fruits ronds dont le sommet est en pointe , et la base aplatie. Ces fruits sont les plus dlicats des Antilles. Une bonne Sapotille de la premire et deuxime espce surtout, tant un peu avance, c'est--dire plus que mre, ce que les Croles appellent Haicque, est fondante, et offre les doux parfums du miel , du jasmin et du muguet. Quel prcieux dessert au d- barquement d'un voyage de long cours pour des marins attaqus du scorbut ! Dieu fait natre et mrir ces fruits; Il leur dispense avec mesure Et la chaleur des jours, et la fracheur des nuits. Racine. Ce fruit prcieux offre la combinaison de la gomme- rsine et du caoutcliouc. Ses semences sont entoures d'une certaine quantit de cette gomme-rsine , biancbe , friable , brlant avec boursoufement , et laissant vola- tiliser une odeur aromatique , ainsi que ... L'arbrisseau dont le suc prcieux Monte avec la prire et va flchir les dieux. Castel. Cette sorte d'encens , dont le parfum a la plus suave odeur, est en petite quantit, et se vend fort cher-, aussi n'est-il brl que dans le palais des sultans. Les fruits, dit le chevalier Tussac , mrissent en sep- ( ,,/f ) lembre jusqu'en janvier. Plus estim que l'orange , un Sapotiller prs des villes rapporte pour deux trois mille lianes de fruits. Ces arbres doivent tre plants une certaine distance des cases, parce qu'ils rpandent une odeur dsagrable, surtout quand ils servent de re- paire aux chauve-souris. Les Sapotilles vertes fournis- sent aussi un lait gommeux et astringent : cet arbre se trouve dans toutes les forts de l'Amrique mridionale -, on le cultive avec soin cause de l'excellence de ses fruits. Caractres physiques. C'est un arbre lgant de l'corce duquel dcoule un suc blanc , trs-tenace. Son tronc varie singulirement de hauteur, selon les loca- lits ; il s'lve depuis dix jusqu' cinquante pieds de haut 5 son bois est blanc ; son corce brune. Il se divise en rameaux runis en cime : les plus jeunes sont pais , un peu charnus, garnis de feuilles alternes, parses , ptioles , ovales, lancoles, paisses, coriaces, aigus leurs deux extrmits , entires leurs bords , longues de quatre cinq pouces, sur deux pouces environ de large , glabres leurs deux faces presque luisantes 5 nervures presqu'insensibles , linaires , parallles, lat- rales , peu distantes. Ses fleurs sont solitaires, pdoncules, parses, situes entre les feuilles l'extrmit des rameaux; elles sont blanchtres , ou de couleur rousse , inodores ; elles va- rient beaucoup par leur forme extrieure , selon que la floraison est plus ou moins avance. Les calices sont six folioles ovales, concaves, aigus. La corolle est mono- ptale, plus longue que le calice; son tube campanule a six divisions , et autant d'caillcs leur orifice ; elle renferme six tamines. Le fruit est une pomme charnue, ("5) globuleuse, variable dans sa forme, dont la pulpe est fondante, d'un jaune roux, mle de stries sanguines, divise en douze loges, et renfermant autant de semences, dont plusieurs avortent. Analyse chimique. La rsine aromatique qui entoure les graines est soluble dans l'eau , et partie dans l'al- cool qu'elle colore en rose. L'corce fournit beaucoup de tannin. Proprits mdicinales. La graine de Sapotille est em- ploye depuis long-temps, mme en Europe, comme puis- sant diurtique sdatif. Le docteur Nauche , dont le nom est cher l'humanit souffrante , m'a dit avoir prouv , dans ses frquentes observations cliniques des maladies des voies urinaires , les bons effets d'une mul- sion de ces graines en un cas o tous les autres moyens employs avaient t peu efficaces. Aux colonies , on prescrit la formule suivante pour une potion diurtique. Prenez : graines de Sapotilles , n 6 ; racines d'herbe collet ( Piper peltatum) et graines de Ssame oriental (vulg. Ooli), de chaque un gros pour trois verres d'mul- sion. L'corce du Sapotiller offre un excellent fbrifuge. Mode d'administration. Les graines de Sapotilles se prescrivent par un gros, et l'corce par once. explication de la planche deux cent cinquante-neuf. La plante est rduite moiti. 1. Fleur dcompose. 2. Fruit coup transversalement. 3. Graine entire. 4- Graine ouverte pour laisser voir l'amande. ( "6) ^.^^v^^\^>^^^\\^\\^^\'v\^^\\^\\^\^\^^\v\^\>\,\'v\v^.\vv^vv^.^^vv^^v^(W^\\^^/v^'vv-MV^'\vv^(VV^vv' BIHAI DES ANTILLES.. ( Diurtique sdative. ) Synonymie. Bananier-Maron. Biha fleurs en vase. Heli- conia cariba. Lin., Pentandrie Monogynie. Juss., famille des Bananiers. Heliconia foliis basi et apice rotundatis, spadice recto terminali ; spathis dstichis, multifloris. La- marck. Biha foliis amplissimis florum vasiculis coccineis. Plum. Gen. , 5o. Burm. Amer., tab. 5g. Heliconia formosa, dysacodes. D. Caractres gnriques. Plante unilobe ayant des rapports avec le Ravenale -, herbe exotique dont les feuilles sont simples et enganes leur base , et dont les fleurs viennent communment dans des spatbes distiques et concaves ou cymbiformes. Calice simple , color , di- vis en deux ou six parties , pos sur l'ovaire , qui est infre \ six tamines. Un style ; un trois stigmates \ fruit triloculaire. Caractres particuliers. Spatlie commune, distique, concave, grande^ spathe partielle, simple ; calice deux lvres , la suprieure bifide ; six tamines dont une M.jso lllll A DES AtfTILIJBS fir'/e/ Jeu/ ( "7 ) iilet plus court , avorte ; un stigmate \ une capsule ob- longue , trois loges monospermes. Feuilles nerveuses, rticules, attnues leur base; nectaire hast , libre ( Vivace.) Histoire naturelle. Le Biha des Antilles se ren- contre dans les rgions les plus chaudes et les plus ar- roses de l'Amrique mridionale. Le nom Biha est celui que les Indiens donnent au Bananier , tandis que les potes, dit Mordant de Launay, enthousiasms de la riche parure de cette belle plante , l'ont trouve digne de dcorer YHlicon, et lui ont donn le nom 'Heli- conta. On la cultive en Europe , o elle exige bien des soins , en serre chaude ; il lui faut beaucoup de chaleur et d'humidit, elle veut tre tenue dans un grand vase rempli de terre substantielle et tourbeuse. C'est dans son pays natal qu'on peut admirer le vif clat de sa pa- rure , soit aux lieux de son berceau , ou sur le bord des claires foutaines , soit au pied des cascades mugissantes o elle frappe d'tonnement l'il du voyageur. La forme concave des spathes qui logent ses fleurs clatantes, re- cevant l'eau des pluies , ou l'humidit des brouillards du matin qui s'y condensent , il n'est pas rare d'y surpren- dre plusieurs espces d'oiseaux (tels que sucriers, todiers, colibris et autres habitans de l'air, robe de topaze, d'meraude et de rubis), se baignant la fois dans cha- cune des spathes qui composent l'pi terminal et per- pendiculaire. L, cette belle plante , en vase dispose, Dans sa coupe lgante accueille la rose. ( n8 ) D'aprs l'examen des feuilles montagnardes ou aqua- tiques, on peul conclure qu'il faut moins d'eau eelles qui ont mie gouttire, et plus eelles qui n'en ont pas. Plus la cannelure est profonde , moins elles ont besoin d humidit , car elles reoivent celle de l'atmosphre. C'est une remarque judicieuse faite par l'loquent histo- rien de la nature , Bernardin de Saint-Pierre. L'apti- tude des feuilles des plantes des lieux levs pour rece- voir les eaux des pluies , est varie l'infini. Des plan- tes qui croissent dans les lieux fort chauds et fort arides 5 ont quelquefois leurs tiges ou leurs feuilles entirement transformes en canal. Tels sont les alos et les cierges pineux de la zone torride. L'aqueduc de l'aos est ho- rizontal , et celui du cierge perpendiculaire. Leur vg- tation souvent languissante dans les plaines dessches leur fait envier le sort plus fortun de leurs congnres qui s'lvent avec vigueur sur les croupes des monta- gnes boises } aussi de leur humble captivit , sous l'in- fluence d'un ciel brlant qui les dvore,, si elles pou- vaient parler , on les entendrait s'crier : i Nymphes, qui prsidez aux sources, aux ruisseaux, Venez donc nous prter le secours de vos eaux. (Castel.) Caractres physiques. Le Biha qui a presque en- tirement l'aspect d'un Bananier , est pourvu , dit Plu- mier , d'une racine paisse , arundinace , noueuse , blanche intrieurement, noirtre en dehors, et garnie de beaucoup de fibres. Elle pousse une tige haute de dix douze pieds, cylindrique , lisse, un peu plus paisse que le pouce , et enveloppe dans sa partie in- ( "9) frieure par les graines des ptioles des feuilles. Ces graines sont longues, se recouvrent naturellement, et constituent par leur nombre une espce de tronc lisse , d'un vert noirtre ou rougetre, presque aussi gros que la cuisse, et haut d'environ cinq pieds. Chacune d'elles forme, en s'cartant de la tige , un long ptiole canali- cul en dessus, convexe en dessous, et qui soutient une trs-grande feuille , dont il devient la cte moyenne, en la traversant dans toute sa longueur. Chaque feuille est longue de six sept pieds \ large partout d'un pied et demi ; arrondie son sommet et sa base , glabre , et nervures transversales trs-fines et parallles. La tige , qui n'est qu'une espce de hampe , sort enfin du milieu des feuilles, et soutient son sommet un bel pi distique , droit , agrablement color , et long de prs de deux pieds. Cet pi est form de spathes mem- braneuses , cymbiformes, pointues , alternes et situes assez prs les unes des autres sur deux rangs opposs. Chaque spathe contient beaucoup de fleurs entasses les unes contre les autres , entre des cailles spathaces et pointues, et chaque fleur a une corolle verdtre^ et des tamines blanches , anthres jaunes. Les fruits sont des capsules charnues , bleutres , trigones , qui con- tiennent trois semences oblongues , dues et rides. A l'Ile-de-France , les Noirs se servent des longues feuilles de cette belle plante pour couvrir leurs cases , et la Guiane , les Croles et les Galibis les emploient faire des cabanes sur leurs pirogues, pour se garantir de la pluie et de l'ardeur du soleil. On rencontre aussi aux Antilles le beau Biha feuilles pointues ( Heli- conia biha). l existe un nouvel Heliconia que nous ne sachons ( lad ) encore se trouver en France que dans la riche collection de Irouionl, prs Paris. Ses feuilles paraissent devoir atteindre une trs-grande dimension. Nous n'avons pas encore vu ses Heurs. Analyse chimique. On obtient de toutes les parties une matire extractive astringente et amre. Les fruits contiennent de la bassorine, beaucoup d'amidon et un principe mucoso-sucr. Proprits mdicinales. On attribue des proprits diurtiques au Biha. Les racines surtout sont souvent employes par les Croles. Je n'ai point eu occasion de les employer. EXPLICATION DE LA PLANCHE DEUX CENT SOIXANTE. La plante est rduite au vingtime de sa grandeur, 1. Fleur hermaphrodite fertile dans saspathe. 2. Ovaire. 3. Fleur strile. 4 Coupe du Biha comparable l'organisation du Poireau, et dont la hampe aprs avoir travers le tronc, devient terminale et porte son fruit. //. 9d ZTieotArre .Z>& Hist. 2 , p. i3i. Nux americana , foliis alatis , bifidis. Com- mel. Hort. , p. i83, tab. 9,4. Caractres gnriques. Calice mono ou polypliille ; corolle de quatre ou cinq ptales ; huit tamines ; un ou trois styles -, autant de stigmates ; un drupe ou une cap- sule supre ; une ou trois loges monospermes. Tiges ordinairement ligneuses ; feuilles alternes , pinnes avec impaire ; tige sans pines. Caractres particuliers. Calice ttraphylle -, corolle de quatre ptales termins par un onglet ; quatre nectaires ptaodes, glanduleux la base des ptales; huit tamines; trois styles; trois capsules charnues, runies, renfles, dont deux avortent souvent; renfermant une noix. (M.) (Vivace.) Histoire naturelle. Le nom de Savonnier que l'on donne cet arbre , et une liane dont les Croles font un frquent usage pour entretenir la propret de leurs dents , et se conserver une haleine frache , vient du Tome IV. 66 e Livraison. 10 ( I2 * ) mot sapo> savon, parce que les tiges jet les racinesde ces plantes , tant soumises la trituration dans l'eau, la font c umer, ou a la mastication, excitent, l'aide des sucs salivaires, une mousse qui ressemble parfaitement l'eau de savon. On fait aux colonies, avec ces liges et leur! racines, des curedents et des btons cflils aux deux extrmits qu'il est d'usage de tenir constamment la bouche. Les mnagres se servent des fruits de ces arbres , ou de leurs feuilles , pour remplacer le savon. L'eau chaude dveloppe promptement leur mucilage , elle devient blanchtre, trs-mousseuse , et nettoie fort bien le linge et les vtemens lgers dont on se sert aux colonies. Cependant il ne faut pas abuser de ce principe savonneux qui contient de l'acide gallique , parce qu'il a l'inconvnient de brler le linge. Quand l'eau chaude a dissous la pulpe des fruits , il reste un noyau d'un beau noir luisant qui sert faire des colliers et des chapelets. Poupe-Desportes dcrit ainsi la Liane savon : Sa- ponaria aceri affinis , coiyli foliis , et vililis donata , scandens , floribus racemosis albis , fructibus trialatis. Nicolson, qui la reconnat trs-apritive, dit que ses tiges sont revtues d'une corce gristre, au bois IJan- chtre , spongieux, d'une saveur amre; elles s'lvent assez haut par le moyen des arbres voisins auxquels elles s'attachent. Les feuilles sont denteles , presque rondes , chancres par la base en forme de cur , pointues au sommet, d'un vert fonc, veloutes, portes sur un petit ptiole dont le prolongement forme une cte qui s'tend tout le long de la feuille, et qui la divise en deux parties gales. A cette cte aboutissent des nervures trs-obliques dont l'intervalle est rempli par plusieurs petites veines parallles entre elles. ( **3 ) Caractres physiques. Le Savonnier est un arbre d'une grandeur mdiocre , dont e tronc se divise , quel- ques pieds de terre, en plusieurs grosses branches tales, et en rameaux dont l'corce est d'un brun gristre, marque de petites taches ovales, blanchtres. Le bois est blanc , gommeux , dune odeur et d'une saveur qui approchent de la rsine copale. Les feuilles sont alternes, ailes, fort amples, sans impaire*, composes de quatre paires de folioles lancoles, ingales; longues de trois quatre pouces et plus; d'un vert gai , glabre en dessus, un peu pubescentes en dessous , particulirement dans leur jeunesse; entires leurs bords; acumines ; la dernire paire souvent trs-longue , irrgulire , con- fluente sa base ; toutes traverses par une cte jauntre avec des nervures fines, latrales, et des veines rticu- les. Les ptioles sont munies d'une aile de la mme substance que les feuilles nerveuses , plus ou moins largie. Les fleurs sont disposes en grappes terminales ; la corolle est petite ; les fruits sont pendans , de la grosseur d'une cerise, globuleux, d'un roux jauntre, luisans , d'une saveur douce et astringente , renfermant sous l'- corce une pulpe gluante, jauntre, trs-amre, adh- rente un noyau noir , arrondi, dans lequel est renferme une amande presque aussi savoureuse que la noisette. La liqueur visqueuse, qui dcoule de ces fruits, les a fait nommer par les Espagnols, Censs gommeuses. (Enc.) Analyse chimique. Le sulfate de fer noircit la d- coction des tiges et du feuillage, tandis que la racine, plus mucilagineuse , ne fait prouver aucun changement l'eau , qui ne devient que doucetre et un peu amre. L'espce de savon que contiennent les feuilles n'est point 10* ( "i ) dtruite i " l'action des Rcides. L'extrait savonneux est Mis Abondant dans In plante dessche. Le stic acre et pntrant tant vapor , donne quatre onces par livre ,1 mi exti lit se< qui absorbe pins tard l'humidit at- iim >sphi ique. I ' opi m rs mi m ini es. Le suc visqueux des fruits du Savonnier, est employ avec succs dans les hmorra- - utrines, soit intrieurement , soit par injections. On le i egai de aussi comme fbrifuge , parce qu'il contient du tannin. Les proprits nergiques de cette plante doivent lui assurer du succs. Poupe-Desportes prescrit la tisane suivante dans l'amnorrhe, lablennorrhagie etlesflucurs blanches. Prenez : limaille d'acier une once*, sel ammo- niac, demi-gros; corces d'oranger sauvage, de liane savon ou de Savonnier , de gommier et de bois-marin , de chacun une pince ; des racines de verveine puante , ne demi -pince; faites bouillir dans une li re et demie d'eau avec rduction d'un tiers. Sa simple dcoction est utilement employe pour dterger les ulcres des reins , dans les nphrites calculeuses, les cisites chroniques , et les ulcrations de l'urtre. Mode d'administration. La dcoction se fait avec une demi-once de la plante pour une pinte d'eau. EXPLICATION DE LA PLANCHE DEUX CENT SOI XANTE-UNE. i . Fleur entire. 2. Portion du calice. 3. Etamines. 4 Etamine vue la loupe. 5. Pistil. 6. Fruit ouvert, laissant apercevoir la pulpe et la graine. 7. Fruit concass. Pl.tfa j'/ieoJore l?es.\rw/i7~J'r7Ur JPerei> tAftir- FB AISIER FR'UT 1 1. h K fi . ( 5 ) */vw\'Wvwwvvwvv vv^vv>vvx'VV^v\^vv^vv^vv^vv^\^A/v>\v>'Vv^\w^(vv^vvv^^'\'Vvv\^A^vvvvv^'vv^ FRAISIER FRUTILLER. {Diurtique sdative. ) Synonymie. Vulg. Bombon mabonia. Frzier du Chili. Fragaria vescahiu , Ioosandrie Polygynie. Juss., Rosaces. Fragaria chiloensis fructu maximo j foliis carnosis, hirsutis; vulgo Frutilla. Fragaria crassis , rugosis foliis ; flore et semine carens. Borh. Hort. Fragaria chiloensis fructu maximo, foliis carnosis hirsutis. Dillen. Elth. Fragaria foliis ovatis, carnosis hirsutis; fructu maximo. Miller. Fragaria pubescens, flore amplissimo , fructu maximo, cliiloensis. Duham. Caractres gnriques. Calice persistant} corolle cinq ou quatre ptales attachs au calice 5 tamines ico- sandriques , attaches sur le calice au-dessous des ptales j un ou plusieurs styles ou stigmates ; un ou plusieurs ovaires 5 graines nues ou renfermes dans un pricarpe ; feuilles alternes. Caracter.es particuliers. Calice dix divisions non colores , dont cinq alternes plus petites -, corolle pen- taptale ; graines places sur un rceptacle charnu , bac- ciforme , caduc. ( M. ) Histoire naturelle. Le mot Fragaria vient du verbe fragarc , rpandre de l'odeur ; on ne peut qu'approuver ( i6 ) cette dnomination latine , en se rappelant le doux par- fum des fraise ; parfont on trouve de ces fruits. L de l'illet sauvage clatent les boutons, Et la fraise vermeille embaume les gazons. (Castel.) Les horticulteurs ont prouv que les graines du Frutillcr ont besoin d'tre jointes celles du Caperonnier royal , ou aux autres Quoimios , ou pour le mieux celles du fraisier Ananas qui fleurit dans la mme saison. Ces Fraisiers se multiplient par les jeunes pieds en- racins , ou parla sparation des illetons, et encore mieux par les graines qu'on retire des graines extrme- ment mres. Sous le rapport de la saveur , de la beaut de son fruit, et de sa riche vgtation, on doit s'atta- cher prfrablement la culture du Fraisier Frutiller, qui a t import du Chili en Europe , par le voyageur Frezier, en 1712. Caractres physiques. La Frutille est deux fois plus grosse que les plus gros Caperons, et a besoin, comme nous lavons dit, d'tre seme avec les graines d'autres espces, sous peine de strilit, ce qui arrive dans tous les jardins botaniques o elle est seule son rang. Ce Fraisier n'aime pas tous les terrains, et est quelquefois plusieurs annes sans fleurir , mais son fruit en ddom- mage bien, ditPoiret, par sa beaut ainsi que par la finesse de son parfum bien suprieur celui de tous les autres Quoimios. Sa couleur est d'un rouge jauntre trs- ple qui , du ct du soleil , s'anime d'une nuance dore trs-brillante 5 ses ovaires fort gros viennent presque tous bien ; le calice , qui reste ouvert tout plat , dans les fleurs non fcondes , se referme dans celles qui le sont^ ( 7 ) en mme temps que les ptales tombent. Il continue embrasser le fruit par en bas : le pdicule , qui est fort court, se recourbe alors comme dans toutes les races, mais celle-ci est la seule dans laquelle , au moment de la maturit, le fruit se relve pour prsenter sa pointe au soleil , le pdicule se recourbant contre-sens pour oprer le changement. Ce symptme de force et de vi- gueur dans la plante rpond bien toute sa constitution , car le Frutiller a des feuilles d'une toffe si forte qu'elles sont presques coriaces. Elles sont d'un vert trs-brun en dedans , et en-dessous couvertes d'un duvet blan- chtre, court , mais pais et soyeux. Ce duvet est au con- traire fort long sur les tiges et les rameaux , et surtout sur les courans. La force de toutes ces parties est pro- digieuse et gale souvent la grosseur d'un tuyau de plume crire. Les fleurs qui ont un pouce et demi de diamtre, sont communment sept ou huit divisions au calice avec un semblable nombre de ptales , et les rudimens d'tamines sans ordre et trs-nombreux. La masse des pistils sur leurs supports , gale par sa gran- deur une fraise de bois ordinaire. L'odeur des fleurs est celle de l'aubpine-, les fruits, de deux pouces de diamtre, sont allongs, carrs ou angulaires 5 quel- quefois arrondis et un peu pointus : chaque fleur n'en produit ordinairement que deux beaux, et deux ou trois mdiocres. Le Frutiller ne fleurit , en Europe , qu'avec la rose, c'est--dire lorsque le Fraisier ordinaire a donn ses premiers fruits, vers la fin de juin. (Encycl.) Analyse chimique. Le sulfate de fer donne une cou- leur noire l'infusion des racines de Fraisier. Toute la plante fait observer le mme rsultat. ( * ) Proprits mi-.oicinai.f.s. Les feuilles et les racines du Frutiller se prescrivent dans tous les cas o l'application du Fraisier est juge ncessaire. Comme cet Le plante contient un principe astringent, on l'administre dans les derniers temps de la gonorrh, du catharre utrin, et particulirement dans les affections chroniques des voies unitaires et du foie. Dans le catharre chronique bron- chique , on retire quelque avantage d'une tisane faite avec la racine du Frutiller bouillie avec les dates et le jujubier, et un peu de cannelle. L'eau distille des fruits apaise les douleurs d'entrailles-, on l'emploie extrieure- ment comme cosmtique pour entretenir la fracheur de la peau. Les fruits, rouls dans le sucre , conviennent dans les gastrites qui menacent du soda. Mls avec de la crme , ils sont plus indigestes, et dveloppent des acides contraires au systme nerveux. Mode d'administration. La racine et les fleurs se prparent en dcoction qu'on dulcore avec un sirop ra- frachissant. explication de la planche deux cent soixante-deux, t. Fruit ouvert. PL zS3. Jneodorc jPw&ntrt's. J?i '*e Jcr/qp ( I2 9 ) FROMAGER PYRAMIDAL. {Diurtique sdative. ) Synonymie. Vulg. Coton flos , Ouattier, Cotonnier mapou, Cotonnier de flau , Cotonnier siffleux , Cotonnier de Mahot grandes feuilles, Lige et bois de Lige. Bombax pyra- midale. Lin. Monadelphie Polyandrie. Juss. , famille des Malvaces. Bombax caule arboreo inermi; foliis cordatis , angulatis; floribus pentandris, antheris coadunatis ; fructu. longissimo , pyramidali. Cavan., Diss. 5. Gossypium seu Xilon arboreum fructu oblongo et suleato. Plumier. Miss, v, 4 , t. 8. Gossypium amplissima arbor fructu oblongo cylindraceo et suleato. Ejusdem. En carabe : Zamacuna, Saamonna , Comaka. En malabarois : Pouja* Caractres gnriques des Malvaces. Calice mono- ptale , simple ou sur deux rangs \ l'intrieur cinq di- visions $ corolle pentaptale , ou monoptale,* tamines monadelphes ; un style sur chaque capsule :, plusieurs stigmates \ graines renfermes dans une ou plusieurs capsules supres 5 feuilles alternes, accompagnes de stipules. Caractres particuliers des Fromagers. Etamines toutes fertiles , dfinies ou indfinies, filets runis la base en un corps sessile et vas. Calice simple , tubul, vas , cinq dents \ corolle de* cinq ptales oblongs , concaves j cinq tamines ou plus -, filets runis la ( ,3o ) base, un stvle filiforme', un stigmate en tte; capsule oblongue ou orbicalaire, quinquvalve , cinq loges polyspermes ,* graines laineuses. (Vivace. ) Histoire naturelle. Ce bel arbre, l'un des types de la cration vgtale, a t dcouvert, dcrit et dessin par Plumier. On le rencontre aux Antilles dans toutes les forts, o il fleurit en janvier et fvrier; ses fruits sont murs en avril et mai. Le Fromager pyramidal est dune dimension si extraordinaire , que son tronc peut fournir des pirogues propres contenir soixante et qua- tre-vingts rameurs ; lorsque la hache ose attaquer ce colosse, on pourrait dire que ce gant vgtal: Ebranle de sa chute, et les bois, et les flots , Et du vallon sonore veille les chos. ( Baour-Lormian. ) Le Fromager pyramidal offre un bois trs- poreux et de peu de dure, il remplace le lige, et sert aux pcheurs pour garnir leurs filets. Le duvet que fournissent les graines, quoique trs-court, est employ, en Angle- terre , faire des chapeaux qui ont l'apparence des cas- tors ; ce mme duvet est recherch par les chirurgiens pour les moxas. Le tronc fournit un suc gommeux rsi- neux qu'on fait servir dans la confection des brais. Sur un terrain vierge de l'ancienne habitation Four- nier de Bellevue , quartier de Limonade , le de Saint- Domingue, feu Moreau de Saint-Mry a vu un Fro- mager pyramidal respect par les temps , dont le bran- chage avait soixante-treize pieds de chaque ct du tronc, ce qui prouve qu'il a acquis cette dimension remar- quable tant au milieu d'autres arbres qui l'abritaient ( i3 t ) du vent , puisque partout o les arbres reoivent imm- diatement la bise d'est, ils ont dans leur feuillage , et surtout dans leurs racines , plus d'tendue l'ouest qu' l'est , comme pour contre-balancer Faction du vent. La nature est admirable par la sagesse de ses vues , et par la perfection de ses cratures lorsqu'on sait res- pecter ses projets. Si l'on plantait, dit Bernardin de Saint-Pierre , des arbres de montagne sur les hauteurs, et la source de nos rivires, on leur rendrait leur ancien volume , et on ferait reparatre dans nos campagnes beau- coup de ruisseaux qui n'y coulent plus du tout. Ce n'est point dans les roseaux ni au fond des valles que les Naades cachent leurs urnes ternelles , comme les reprsentent les peintres , mais au sommet des rochers couronns de bocages, et voisins des deux. C'est pourquoi les graines d'arbres des montagnes sont pour la plupart ailes afin d'tre transportes par le vent!!/ Caractres physiques. Le Fromager pyramidal a des branches trs-ouvertes , son bois est blanc et lger. Son corce paisse, fibreuse, cendre, est parseme de taches blanchtres, et de certains plis ou rides rougetres. Ses feuilles sont en cur arrondi , anguleuses , d'un pied de diamtre, trs-nerveuses, vertes en dessus , jauntres et tomenteuses en dessous , soutenues par des ptioles longs et pais. Ses fleurs sont nombreuses et naissent dans les rameaux suprieurs, soutenues par de longs pdoncules. La corolle est grande , monoptale , campa- nule , et partage profondment en cinq divisions trs- rflchies , ouvertes , blanches et charnues. Le calice est trs-large , campanule, d'un vert rou- getre , partag en cinq divisions arrondies. Du fond ( *3o. ) de la corolle naissent cinq filamens pais, qui soutiennent autant d'anthres trs-grandes, presque sagittes, et runies ensemble, formant une bote spirale, qui ren- ferme le sommet du style -, celui-ci est rougetre , en forme de massue, sillonn par des stries spirales planes, lesquelles sont probablement les cinq stigmates. Le fruit est une capsule pyramidale, pentagone, de huit dix pouces de longueur, veloute et sillonne Jongitudinalement, qui s'ouvre par en bas en cinq valves rpondant autant de loges , farcies d'un duvet trs- fin , rougetre et court. Les semences sont trs-petites , ovodes et glabres. Analyse chimique. Toutes les parties du Fromager contiennent une grande quantit de mucilage. Proprits mdicinales. On administre les fleurs , les feuilles et les racines du Fromager , toutes les fois qu'on doit recourir aux malvaces. Ces parties sont des ingrdiens qu'on compose ou que l'on combine avec les substances gommeuses que rclament les flegmasies et toutes les maladies inflammatoires du thorax et de l'abdomen. Les Indiens recommandent la racine du Fro- mager pyramidal sche pour prvenir et remdier aux accidens affreux du ttanos. Les fleurs , les fruits les plus tendres en cataplasmes , dissipent , dit-on , les ver- tiges et la cphalalgie. Suivant Rheed, l'corce en pou- dre du Fromager combine avec le suc de limon , sous forme de liniment, consolide les fractures , et apaise les inflammations. La mme poudre unie au vin et au sel offre un remde herptique. L'corce de sa racine , con- tinue Rheed , est vomitive. Son suc, joint au tamarin, ( x33 ) est un excellent diurtique. Cette corce est estime comme anti-syphilitique, et particulirement dans les bains qu'on prescrit contre le pian. Mode d'administration. On introduit les parties phar- maceutiques du Fromager pyramidal dans les voies di- gestives par boissons et en lavement. On fait avec les fleurs et le suc un sirop qui remplace celui de gomme ou de guimauve. EXPLICATION DE LA PLANCHE DEUX CENT SOIXANTE-TROIS. i. Silique entire. 2. Silique coupe transversalement. 3. Graine enveloppe de pulpe. 4- Graine dcouverte. ( '34) \ \ \ \ V W* V\\ MMM*W\WtWtVWVI */VWV\WVWiW\AA VWWW MMHU WMMW A4WW CRTELLE EN BALAIS. ( Diurtique sdative. ) Synonymie. Vulg. Pied de poule de Saint-Domingue. Cynosurus separius. Lin. Triandrie Digynie. Juss. , fam. des Gramines. Cynosurus spicis tenuibus , alternis, digi- tatisque, fasciculatibus confertis subrecurvis , spieulis se- cundis, bifloris et aristatis. (Poiret). Cynosurus Do- mingensis. D. Jacquin. pi. Gramen dactylon elatius , spicis plurimis tomentosis. Sloan. Jam. Hist. , p. m , t. 65 f. 2. Caractres gnriques des Crtelles. Plantes uni- lobes de la famille des Gramines, ou herbes dont les fleurs , accompagnes de bractes unilatrales, sont tournes du mme ct , et disposes ou sur un pi , soit simple , soit un peu ramifi en grappe , ou sur plusieurs pis rapprochs en manire de digitation. Caractres particuliers. Panicule rameaux sim- ples *, pillets comme sessiles , de six fleurs ; toutes les fleurs barbues. Histoire naturelle. Cette Gramine crot Saint- Domingue, la Jamaque et dans toutes les Antilles. On la rencontre comme le Chiendent d'Europe qu'elle remplace, dans toutes les savanes, dans les terrains o l'on cultive le mas et les patates. !>/. 24 CRETELLB BALAIS Ocua> ( '35) Caractres physiques. Cette Crtelle est remarquable par la tnuit et le grand nombre de ses pis , lesquels sont ramasss en un faisceau qui parat terminal. Sa ra- cine est fibreuse *, sa tige est comprime, feuille , munie de deux articulations prolifres , et longue d'un pied ou un peu plus. Ses feuilles sont larges de deux lignes , garnies de poils lches en leurs bords vers leur gane , qui est comprime , fendue d'un ct , et en partie s- pare ou carte de la tige. Les pis sont menus, presque filiformes, les uns alternes, et les autres terminaux, longs de deux pouces ou un peu plus , et ramasss au nombre de quinze trente en un faisceau demi-ouvert et terminal. Ces pis sont arqus ou recourbs dans leur partie suprieure , et soutiennent chacun deux ranges d'pillets fort petits , unilatraux, biflores et munis de barbes. Le calice est compos de deux valves lancoles, pointues, dont l'intrieure est plus petite, et l'ext- rieure aussi longue que l'pillet , carine , et dos scabre. Analyse chimique. On obtient de la Crtelle passe la presse , un suc verdtre promptement fermentescible , parce qu'il contient un principe mucoso-sucr , ce qui le rend propre donner une liqueur alcoolique. Proprits mdicinales. On fait entrer aux colonies la Crtelle balais dans presque toutes les tisanes ra- frachissantes. J'ai prouv de trs-bons effets de son administration dans les nphrites calculeuses et les flegmasies msentriques. Son usage provoque d'une manire remarquable le flux des urines , lorsque surtout sa suspension est due une inflammation des mem- branes muqueuses, ou une constriction spasmodique ( 36.) du roi de l.i vessie. Les malades affligs de strangurie ou d'hmaturie, se trouvent trs-bien d'une dcoction de Crtelle qu'on a rendue mlsive avec quelques amandes du fruit du Sapotiller. Poupe-Desporles recommande comme tisane apritive une dcoction faite avec la racine de pourpier sauvage, le Pied de poule ou Crtelle en balais , et lcorce de bois blanc. On laisse sjourner dans la dcoction, pendant quelques heures, un nouel de limaille, ou de mchefer pil. Mode d'administration. La, dose de toute la plante, ou seulement des racines, est d'une demi - once pour une pinte d'eau, qu'on dulcore avec le sirop de Gombo ou de limon, suivant le cas. EXPLICATION DE LA PLANCHE DEUX CENT SOIXANTE-QUATRE. i. Tige caulinaire. 2. Baie. l^NiWiR ,s ^ 4V xX ** v>xv>>>x >' <" <> .X.IV.W.W ARRC OLFIFKRE. (ftchiqiw adoucissant.) Synonymie. Vulg. Palmiste chou; Palmier huile; Pal- miste franc; Palmier des entourages; Aouari des Carabes ; Arec d'Amrique; Chou palmiste. Areca oleracea. Lin. Famille des Palmiers. Jussieu, Palmiers. Areca foliis integerrimis. Jacq. Amer. 278. Tab. 170.. Palma no- bilis, S. regalis jamaicensis et barbadensis. Raj. Hist. p. i36i. Caractres gnriques des Palmiers. Monocctyl- dones phanrogames. Etamines prygines ou attaches au calice. Fleurs portes sur un spadice entour d'une spathe. Calice persistant , six divisions profondes , dont trois extrieures , ordinairement plus courtes 5 six eta- mines; un ovaire suprieur, un ou trois styles ; une baie ou un drupe -, une ou trois graines osseuses. Feuilles palmes ou pinnes. Caractres particuliers. Folioles simples et mou " 7 z M j . ree. ( 4i ) vemens irrguliers } fleurs renfermes dans une spathe monophylle, et disposes en panicules-, fruits pulpeux, monospermes. Histoire naturelle. Colonnes majestueuses dont les panaches mollement agits par le zphire bruissent sour- dement, que votre aspect est ravissant pour le voyageur que les beauts de la nature savent mouvoir ! Les hauts Sapins, les Palmiers toujours verts Vont balanant leurs souples colonnades. (MlLLEVOIE. ) Les Palmiers dont la feuille est le prix du vainqueur, Les Palmiers , dit Bernardin de Saint-Pierre , malgr la magnificence de leur port, paraissent du genre des Gramines , parce que leur semence, ou premire pousse, n'a qu'un cotyldon ; que leurs feuilles sont renfermes les unes dans les autres, et n'prouvent, en croissant , qu'un simple dveloppement, d'o il rsulte que la tige sa naissance a le mme diamtre sa base que lors- qu'elle a atteint toute sa hauteur. D'ailleurs elle est sans corce , et ne contient point de vritable bois. Les troncs des Palmiers ne sont que des paquets de fibres sans cercles concentriques , et dont le centre est plus tendre que la circonfrence. L'organisation des Palmiers est en raison inverse dans les autres arbres qui cachent les dates de leur ge, tandis que les Palmiers les mettent en vidence par les zones extrieures que forme la chute ( '4') de chaque feuille. Dans les arbres ordinaires les cercles intrieurs se trouvent dans la partie la plus dure , et leur aubier est leur circonfrence. Bernardin de Saint- Pierre reconnat dans la structure des Palmiers l'origine des ordres d'architecture. Le Palmiste franc ou Arec d'Amrique, Areca oie- racea, Lin., est un des plus grands palmiers du Nouveau- Monde. Sa tige droite et nue s'lve la hauteur de quarante cinquante pieds. Son bois, dit Lamarck, est brun gristre, compacte, plus dur que l'bne ; mais n'a qu'un pouce et demi d'paisseur dans toute la cir- confrence de l'arbre , dont l'intrieur est fibreux , spon- gieux et mollasse. Le chou de ce Palmiste a un got dlicat, analogue celui de l'artichaut, et se mange comme lui , la poivrade , la sauce blanche , au jus , frit et sous forme de beignets 5 on en fait des achars. Les Amricains en sont si friands que pour se le procurer ils sacrifient l'arbre. On prpare avec le tronc des tuyaux , des gouttires, des planches , et avec la moelle une espce de sagou. Les tourneurs font , avec la partie dure , de jolies tabatires qui sont trs-recherches. On a trouv en Europe , aux mines de Saint-Georges , un tronc de Palmiste ptrifi. Avis aux gologues. Outre la forme lgante de ce bel arbre pour la d- coration , et indpendamment de son utilit pour les arts, la base de son couronnement qu'on appelle chou, s'em- ploie en mdecine comme bchique adoucissant. On a donn le nom de stipe la tige ou tronc du Palmier. Les formes stelles ou rayonnantes des Palmes prises de la ligne droite de l'arbre, font une opposition trs- agrable avec la rondeur de sa tige. Les taches ou spathes qui enveloppent le rudiment , ( '43 ) servent couvrir les cases Ngres, tandis que les graines sont un mets friand pour les porcs qui en sont promp- tement engraisss. Le tronc de ces arbres forme une co- lonnade naturelle qui n'a pas besoin d'apprts par la r- gularit de son cylindre ; aussi le sommet et les racines en tant coups , servent - ils de poteaux aux galeries tournantes qui environnent les maisons des les o l'on va respirer le frais, On se contente, si l'on veut, de les blanchir pour donner la colonnade une teinte uni- forme. Les feuilles de ce Palmier servent faire des nattes. Outre YAreca oleracea qui exist ait dj dansle com- merce , on trouve aux colonies les Areca cathem , cri- nita , lutescens , manico , montana et diandra ; * ils se cultivent comme les Dattiers , mais on les multiplie plus facilement par la sparation de leurs oeilletons. L'espce appele Elas avoira , est un Palmier hriss ( Palmier crocro des habitans) qui fournit une huile employe dans les dyssenteries en embrocations et en clystres. La pulpe du fruit de Y Elas de Guine donne une huile bonne manger, connue dans le commerce sous le nom d'huile de palme. Le Palmiste chou , suivant Palisot de Beauvois, fournit une liqueur fermentescible qu'on appelle vin de palme ou bourdon , qui ne le cderait en rien nos vins les plus recherchs , si l'on parvenait le conserver. Les habitans de la Martinique recherchent et font grand cas, comme aliment, d'un gros ver blanc qui se trouve dans le tronc de ce Palmier , et que l'on prpare en le fixant sur une brochette de bois qu'on fait tourner devant le feu jusqu' parfaite cuisson. Lorsqu'il commence cuire , on saupoudre cette larve avec de la chapelure ( '44 ) mle avec uue certaine quantit de sel de cuisine r- duit en poudre subtile; cette poudre est destine ab- sorber et retenir les molcules adipeuses de l'animal; quand il est suffisamment cuit , on le sert aprs l'avoir arros avec du jus d'orange et de citron. Les Marti- niquais , qui en font leur mets de prdilection , le prparent encore en le faisant cuire dans du vin avec des pices , un bouquet d'herbes fines , quelques feuilles de bois-dinde et du jus de citron. Pour obtenir ces vers en quantit, on abat un Palmiste, on lui fait des en- tailles pour donner accs certaines mouches qui p- ntrent jusqu' la moelle dont elles se nourrissent et o elles dposent leurs ufs qui produisent ces larves. Il faut visiter l'arbre avant six semaines , poque laquelle l'insecte a subi son entire mtamorphose. Caractres physiques. Ce Palmier est un des plus levs de ceux qui croissent en Amrique ; sa tige , comme je viens de le dire, haute de quarante ou cinquante pieds, est termine son sommet par un faisceau de feuil- les, demi-ouvert. Ces feuilles sont longues d'environ dix pieds , et s'embrassent les unes les autres leur base , par une gaine dont les bords suprieurs semblent fran- gs ou tissus de fibres lches , qui se croisent en forme de gros canevas. Elles sont garnies, dans presque toute la longueur de leur ptiole , de deux rangs de folioles nombreuses , troites , pointues , entires , et munies d'une nervure dans leur milieu. Ces folioles ressemblent des lames d'pe , et ont un pied et demi ou deux de longueur ; elles ne sont pas roides et rgulirement tenues comme dans le Co- (45.) cotier , mais souples et se renversant de mille manires. Un peu au-dessous du faisceau de feuilles qui couronne ce Palmier , sortent quelques spatlies longues d'environ trois pieds , renfles dans leur milieu comme un fuseau, lisses, verdtres, et jaunissant lorsqu'elles mrissent; elles donnent , en s'ouvrant, naissance des panicules de fleurs , se dtachant bientt aprs et tombant sur la terre. Ces panicules sont blanchtres, fort belles, et composes de beaucoup de rameaux dlis, chargs d'un grand nombre de petites fleurs. Les fruits sont des baies oblougues , obtuses, un peu courbes, d'un bleu pourpre, succulentes, peu fibreuses, et de la grosseur d'une olive moyenne. Leur pulpe se dtruit par la dessiccation, et il ne reste qu'une corce ride que recouvre une coque oblongue, lgrement pointue sa base, mince, membra- neuse , fragile , et d'un brun blanchtre avec une teinte de rouge. L'amande est cartilagineuse, oblongue, fort dure , ayant une cavit au milieu d'une petite fente. Analyse chimique. L'huile de Palmier contient , ainsi que l'huile d'olives, de l'hydrogne, du carbone et de l'oxigne. Elle forme des savons avec les alkalis. Proprits mdicinales. Les Ngres vantent gratui- tement l'huile de vers palmistes contre les hmorrodes \ on doit viter cette erreur qui ne peut amener aucun rsultat avantageux pour le malade. On emploie avec succs, aux colonies, l'huile de Palmes en embrocation contre la goutte , l'arthrodynie et autres affections rhu- matismales, les coliques et l'otite. L'mulsion des amandes ( M6) est adoucissante el Lgrement astringente. Huit cuille- rces d'huile de Palmes combines avee quatre onces d'eau de Pourpier sauvage purgent fortement et sans tranches. L'huile en embrocation neutralise , dit-on, le venin des serpens. EXPLICATION OE LA PLANCHE OEUX CENT SOIXANTE-CINQ. i. Le Palmier est rduit au centime de sa grandeur. /y. 2 77irorfvv*A/v\Av\*/v\*/v>\ivvvv*vv*vvvvvv\^^ ivxmm CACAOYER CULTIV. ( Bachique adoucissant. ) Synonymie. Vulg. Cacao-Cacaotier, Caca vi, gros Caraque. Theobroma Cacao , foliis integerrimis. Lin. , Polyadelphie Pentandrie ; Juss. Malvaces. Cacao sativa. Cacao foliis integerrimis.; fructibus ovato-oblongis, acuminatis, glabris, decemstriatis. Poiret. Cacao , Sloan. Jam. i34 Hist. 2 , p. i5, t. 160. Cacao Clusii. Arbor cacavifera ameri- cana. Pluck. 4o , tab. 268, f. 3. Amygdalis similis gua- tiraalensis. Bauh. Pin. 4.2. Theobroma seu Cacao, fructu oblongo quinquangulari, foliis rigidis. P. D. Arbor cacavi- fera. Jacquin. En anglais: Chocolate-tree; Cbocolate- nuttree ; Cacao- tree ; en espagnol : Arbor del Cacao ; Cacahuaquahuilt , Xucbicabuaquahuilt , Tlacacahua- quahuilt des Indiens et des Carabes. Caractres gnriques des Cacaoyers. Arbres ou ar- brisseaux feuilles simples et alternes , dont les fleurs sont hermaphrodites , compltes, cinq ptales, cinq ou dix tamines , et ovaire suprieur, qui se change en un fruit cinq loges ; les fleurs et les fruits viennent par faisceaux sur le tronc et sur les branches. Caractres particuliers. Calice quinquphylle 5 cinq ptales vots , deux cornes j nectaire quinquphylle ( >4 ) rgulier*, tamines adhrentes an nectaire, chacune cinq anthres ; feuilles entires. (Vivace.) Histoire inaturelle. Le Cacaoyer, cet arbre lgant dont la vgtation est si curieuse, est originaire du Nou- veau - Monde ; il s'lve dans les valles chaudes et humides , et dans les endroits les plus sauvages , o le terrain n'est pas cultiv. C'est vers le milieu du dix- septime sicle que les Franais en ont introduit la culture dans leurs colonies : son produit les ddommagea bientt des frais de cette innovation. On le trouve en Europe dans les serres o il fleurit, mais ne porte pas de fruit. Le bois du Cacaoyer n'est propre aucun usage , en revanche ses belles feuilles proeurent un engrais ex- cellent. L'arille mucilagineuse et acide qui revt le dtritus de la graine, apaise la soif. Ces graines possdent des proprits incontestables qui les font rechercher. On les fait scher pour dtruire leur facult germinative. Les anciens Mexicains les employaient en guise de mon- naie. Les droguistes distinguent plusieurs espces de Cacaos. La plus recherche est celle appele Cacao de Caraque de la province de Nicaragua -, elle ressemble une grosse fve de marais. La seconde espce , le Cacao berbiche , est plus courte , arrondie et trs-onctueuse*, celle du Cacao de Surinam est plus allonge *, le Cacao des les a l'corce plus paisse, l'amande plus petite et plus aplatie; c'est l'espce que l'on cultive la Martinique. Pour ter au Cacao la saveur acre de son amande, on l'enterre pendant quarante jours , aprs lesquels on le livre au commerce sous le nom de Cacao terr. , Les naturels , avant la connaissance de la fabrication du chocolat, se contentaient, pour boisson, d'une d- ( '49 ) coction de Cacao torrfi qu'ils assaisonnaient avec le piment , qu'ils coloraient avec le rocou -, ils versaient cette dcoction ainsi aromatise sur de la farine de mas, pour obtenir de ce mlange le mets qu'ils appelaient Moussa au Cacao. Maintenant on est parvenu faire une boisson dlicieuse d'un breuvage, autrefois nau- sabond. Le moelleux Cacao s'embaume de vanille. (Delille.) i Le chimiste Cadet procdait ainsi la fabrication du cliocolat. On torrfie le Cacao , dit-il , la manire du Caf , soit dans une pole de fer, soit dans un cylindre appel communment brloir : quand il est refroidi moiti , on l'tend sur une table et l'on passe dessus un rouleau de bois pour dtacher Tarille^ on le Vanne en- suite , on le crible et on l'monde ; quand les amandes sont parfaitement nettes, on les pile dans un mortier de fer bien chauff avec de la braise ardente \ on les r- duit , par ce moyen , en pte grossire que l'on met re- froidir sur un marbre. On reprend cette pte pour la broyer avec un cylindre de fer poli, sur une pierre de liais taille cet effet , et sous laquelle on a plac de la braise allume , demi-couverte de cendres. Ds que la pte a pris un certain degr de finesse , on la mlange avec la quantit de sucre ncessaire , dans une bassine chaude , et on la repasse sur la pierre broyer, pour ren- dre le mlange homogne. Enfin on la distribue , encore chaude , dans les moules de fer-blanc. Cadet employait huit livres de Cacao caraque , deux livres de Cacao des iles , et dix livres de sucre en poudre. C'est tort , dit ( i5o ) ce Bavant) qu'on a donn le nom de Chocolat de sant cette pte simple W* V** vV W% W* v\* vv \ vx vv wt vwvwvwvvwv w> vvw W* w\ w \v< vv w w> vvrvww^ SSAME D'ORIENT. ( Bchique adoucissant. ) Synonymie. Vulg. Ooli-Gigiri, Gigeris-Sazeli, et Ssame- Jugeoline. Sesamum orientale. Lin. ? Didynamie Angios- permie. Jussieu , famille des Bignones. Sesamum foliis ovato-oblongis, integris, Lin. et Wild. Spec. Plant. , vol. 3 , p. 358 , n. i. Sesamum pedunculo inter duas glandulas. Sesamum veterum. Digitalis orientalis. Sesamum dicla rubello flore , Tourn. Ins. R. Herb. 1 65. Burm. Thes.Zegl. 87Tab. 38, f. i. En malabarois \Schit-Elu. En espagnol : Car-Elu. Caractres gnriques des Bignones. Calice dcoup en plusieurs parties-, corolle irrgulire \ quatre ta- mines souvent didynames , quelquefois avec un ou trois filamens striles ; un style j un stigmate bilob -, capsule supre , deux loges , dont la cloison est parallle aux valves \ feuilles alternes. Caractres particuliers. Calice cinq divisions pro- fondes-, corolle campaniforme , limbe cinq divisions dont une plus grande } quatre tamines} un cinquime filet sans anthre -, un style j deux stigmates *, capsule ttragone , deux loges polyspermes -, feuilles ovales , oblongues, entires. Histoire naturelle. Cette plante annuelle, originaire des ndes , crot naturellement Ceylan et au Malabar. On la cultive pour ses proprits dans plusieurs de nos ( >56 ) colonies, en Egypte et dans diverses contres de l'Orient, comme plante conomique. Le Ssame, appel en Egypte Semsem, y esi cultiv avec beaucoup de soin, ainsi que dans FOrient et dans l'Italie. On relire de ses semences une huile que les Arabes nomment Siritch. Cette plante et son huile ont t de tout temps en grande rputation dans l'Orient. Les Babyloniens* ou anciens hahitans de Bagdad, ne se servaient, au rapport d'Hrodote, que de riuiile qu'ils reliraient du Ssame. Pline en parle comme d'une huile bonne manger et brler; et Dioscoride assure que les Egyptiens en faisaient un grand usage -, il est probable, ditSqnnini , que les peuples actuels des mmes pays , fort ignorans dans la manipulation des huiles , puisque celle qu'ils retirent de L'olive est fort mauvaise et propre seulement la fabrique du savon et l'usage des manufactures , ne savent pas donner l'huile de Ssame les qualits qu'elle pourrait avoir , et qu'elle pos- sdait vraisemblablement autrefois. Les Egyptiens donnent le nom de lahin au marc de l'huile de Ssame , auquel ils ajoutent du miel et du jus de citron \ ce ragot, continue Sonnini, est fort en vogue, et ne mrite gure de l'tre. Outre leurs proprits conomiques, le Ssame et ses prparations sont encore en usage chez les Egyptiens comme remdes et comme cosmtiques. Les femmes pr- tendent que rien n'est plus propre leur procurer cet embonpoint que toutes recherchent, leur nettoyer la peau et lui donner de la fracheur et de l'clat, entretenir la beaut de leurs cheveux, enfin augmenter ia quantit de leur lait lorsqu'elles deviemient mres. La mdecine gyptienne y trouve galement des moyens rels ou supposs de gurison dans plusieurs maladies. ( 5; ) . On recommande cette plante surtout clans les ophtal- mies, quoiqu'elle n'y produise presque aucun effet. Dans les colonies franaises on fait de trs-bons nougats et des gteaux friands avec le sucre et la graine d'Ooli. On prpare avec la farine une espce de moussa qui est estim aphrodisiaque. Caractres physiques. Les tiges du Ssame sont droites , herbaces , presque cylindriques , pileuses , hautes d'environ deux pieds et plus ; munies leur partie infrieure de quelques rameaux courts , ingaux, un peu velus, obscurment quadrangulaires. Les feuilles sont ovales, obongues-, les infrieures opposes, longuement ptioles , presque entires ou garnies de quelques dents fort distantes, en scie} les suprieures, presque alternes, mdiocrement ptioles , beaucoup plus troites, trs- entires, vertes leurs deux faces, mais plus pales eu dessous, garnies de quelques poils rares et courts, l- grement cilies leurs bords, veines, acumines leur sommet. Les fleurs sont solitaires , situes clans l'aisselle des feuilles , soutenues par un pdoncule court , garni sa base de deux bractes linaires, courtes , entre chacune desquelles est situe une glande jauntre et perfore. Le calice est lgrement cili , divis son orifice en cinq dcoupures lancoles, aigus -, la suprieure un peu plus courte. La corolle est rose ou blanche, assez semblable, par sa forme et par sa grandeur, celle de la digitale purpurine. Son limbe est divis en cinq lobes obtus, ingaux, l'infrieur plus allong. Les capsules sont obongues, un peu comprimes, marques de quatre sil- lons profonds, termines par le style subul, persistant; marques de cotes transversales, s'ouvrant. par leur som~ , ( i58 ) met en deux valves , chaque valve compose de deux loges. Analyse chimique. Toutes les parties du Ssame contiennent de la gomme qu'on extrait par l'eau froide , et beaucoup d'amidon souble dans l'eau bouillante , et que la noix de galle prcipite. Les graines contiennent une huile inodore qui a les mmes principes constituans que l'huile d'olive. Proprits mdicinales. Le Ssame fournit une mul- sion froide comme celle des cucurbitaces , parce qu'elle contient un mucilage insipide, et est mpins digestive que les autres amandes. L'huile que produisent les graines, combine avec l'eau de chaux, offre l'humanit la res- source d'un crat prcieux contre la brlure, qu'on appelle crat chaul. Cette mme huile remplace intrieurement l'huile d'amandes douces. Comme elle ne rancit jamais , elle sert extraire l'arme des fleurs odorifrantes dont on veut avoir le parfum. Les fleurs de cette plante s'em- ploient dans les tisanes bchiques , adoucissantes , parce qu'elles fournissent beaucoup de mucilage. La plante en- tire sert faire des fomentations dans la pleursie et les inflammations des viscres. explication de la planche deux cent soixante-sept. i. Fleur de grandeur naturelle. 2. Calice ouvert. 3. Fruit siliculeux. 4- Le mme coup transversalement. 5. Graine de grandeur naturelle. 6. Vue au microscope. 7. Vue postrieurement. /'/. 207 . 'J7tM&i\' /Av.vrfrA7\.J J m.v Tare ifcajp ARACHIDE HYPOGEE ( i5 9 ) *A *V\ W V\* *****>*/** *VN IVW V\A**% */\ VW W> /VWW* VM */W MV\ *A/V \V ,> MV> 63 ) hermaphrodites. Le calice est bilabi \ la lvre suprieure tridente, et l'infrieure entire, concave et aigu. La corolle papillonace est renverse, de couleur jaune, l'tendard est presque rond et sans bords , les ailes sont ovales , plus courtes que l'tendard. La carne est de la longueur des ailes, les iamines ne sont pas toujours au nombre de dix \ souvent on n'en trouve que huit : leurs filamens , runis en un seul faisceau, sont l'un court, et l'autre long alternativement , munis d'anthres tantt ovales et tantt globuleuses. Le pdoncule est ouvert et accompagn par le pistil , dont le germe se confond avec l'intrieur de la base du petit pdoncule mme insr dans l'aisselle de la tige 5 le style par- court toute la longueur du pdoncule et le faisceau des tamines , et il se montre avec un simple stigmate prs des anthres. L'ovaire manque dans les fleurs mles , et il n'y a qu'un pistil. Aprs la fcondation , les fleurs prissent et disparaissent avec les pdoncules -, les fleurs hermaphrodites prissent galement , mais de la base de leur pdoncule qui correspond l'ovaire , on voit poindre une petite corne qui presque aussitt se re- courbe vers la terre , et parvient y toucher quelle qu'en soit la distance ; elle s'y enfonce de quelques lignes , et alors commence se gonfler et pntrer plus avant. Au bout de quelques jours elle forme une gousse pres- que cylindrique de substance coriace dont l'enveloppe est rseau , et contient deux ou trois semences ovodes. L'Arachide est donc une plante hypocarpoge , c'est-- dire qui a la proprit d'introduire ses fruits en terre \ mais ce qui distingue l'Arachide des plantes de cette es- pce , c'est qu'avant d'introduire ses fruits en terre, il n'y a aucun signe de fructification apparente. - > ( >wavv\\/v^vvvv\\^vvawvv\*/v^'vv>v .'na/v>w*wvvvwvw\ KETMIE GOMBO. (Bchique adoucissante.) Synonymie. Vulg. Gumbo; Quingambo; Gombaut, Lalo. Hibiscus esculentus. Lin. , Monadelphie Polyandrie. Juss. famille des Malvaces. Hibiscus caule herbaceo crasso, foliis palmatis serratis; fructu conico; valvis latera- libus,revolutis. Lam. Ketmia brasiliensis, folio ficus, fructu pvramidato, sulcato. Tourn., 100. Alcea maxima , malvae roseae folio, fructu deeagono, recto, crassiore,breviore, escu- lento, Sloan. , Jam. Hist., 1 , p. 223, t. i33, f. 3. Brown, Jam. , p. 285. Jacq. , Obs. 2 , p. n . Cav. , Diss. 3 , n 25o, t. 6i, fig. 2. Ketmia foliis ficus, flore sulfureo, fructu sulcato. Plum. , t. iv, pag. 26. La seconde espce est le Ketmia indica, vitis folio, fructu corniculato, longis- simo. Tourn., 100. Sloan. , Hist. 1 , p. 22a , t. i33, f. 2. Cav., t. 6t , f. 2 , litt. x. La troisime espce, Altea frutescens chamaedryos folio, majori , flore luteo, siliqu bicapsulari long et cylindrace. Poup.-Desp. Caractres gnriques des Malvaces. Calice d'une seule pice , simple ou sur deux rangs , l'intrieur cinq divisions*, corolle pentaptale ou monoplale:, tamines monadelphes -, un style sur chaque capsule ; plusieurs stigmates \ graines renfermes dans une ou plusieurs Tome IV. 68 e Livraison. i4 ( 'CG ) -capsules suprcs. Feuilles alternes , entires ou dcou- pes , accompagnes de stipules. (M.) Caractres particuliers. Etamines indfinies , ru- nies en un tube adhrent la corolle. Une seule cap- sule multiloculaire , calice double , l'extrieur dcoup en un grand nombre de folioles linaires , l'intrieur cinq divisions ; capsules cinq valves, cinq loges polys- permes. Feuilles en cinq lobes, pdiformes; le calice extrieur , qui est de douze pices , tombe avec la corolle, la base seule restante. Histoire naturelle. Ce lgume prcieux crot dans l'Amrique mridionale et aux Antilles. On le cultive en France pour la beaut de sa fleur , et particulirement dans le Var et les environs de Bordeaux o M. Antiboul a fait apprcier les proprits de son fruit comme mets succulent et rparateur des forces puises , et sa graine qu'il assure tre capable de remplacer le caf , ce que je ne crois pas , car elle ne contient aucun principe aroma- tique. Cependant IVL Virey (Journal de Pharmacie, aot 1820) donne un moyen de torrfier le Gombo , et l'offre au public comme succdane du caf dont il a, dit- il, tout l'arme, sans avoir, comme la fve d'Hymen , l'inconvnient d'attaquer le genre nerveux , et d'occa- sioner l'insomnie -, ce qui permet d'en faire usage toute heure de jour ou de la nuit, sans en apprhender aucune incommodit. La partie la plus utile de ce l- gume , est, selon moi, le fruit avant sa maturit-, il fournit un aliment sain , tandis que son mucilage abon- dant le fait rechercher par la chirurgie qui le transforme ( 67 ) en cataplasme ou en simple dcoction. Valmont deBomare, l'article Calalou de son Dictionnaire , a confondu en- tirement le Giraumont avec le Gombo ; le premier , plante pulpeuse et rampante ; le second , plante sous- ligneuse et mucilagineuse. Le Giraumont, dit-il, crot naturellement la Louisiane. Cette plante, ou race particulire dans l'espce du Ppon , porte des feuilles presque aussi larges qu'une assiette (c'est bien l le Giraumont, espce de Cucurbitace). Ses fleurs sont y> jaunes, et il leur succde des fruits tendres remplis de petites graines muciagineuses. Ce n'est plus le Giraumont dont l'enveloppe est ligneuse et si dure qu'on a besoin d'employer le marteau pour le casser , et en retirer la pulpe suprieure de beaucoup celle de la Citrouille d'Europe par sa qualit farineuse. Les fleurs de Gombo , de la nature des Alces, sont d'un jaune de soufre. Chaque ptale est marqu son onglet d'une tache cordiforme d'un rouge-grenat; les fruits, qui leur suc- cdent , sont tendres , en forme de pyramide cannele (fructu py? amidato sulcato) , recouverts d'un duvet coto- neux. Les graines sont noires tant mres, et d'un brun vert lorsque le cne lgumineux est bon manger. Les feuilles sont bien celles du figuier ( folio fi eus) , forme que n'ont point celles du Giraumont, lesquelles ressem- blent parfaitement celles de Citrouille, Ce fruit tant jeune , continue Bomare , se cueille pour tre )> mang en salade l'eau et au sel ; c'est bien ici du Gombo dont il entend parler , car le Giraumont ne peut tre mang que lorsqu'il a acquis son parfait accroisse- ment et sa maturit. Il est bon pour l'estomac et con- venable aux convalescens. C'est le Gombo qui a tou- jours t favorable comme laxatif et mucilagineux. i4* ( [ t ) (( Lorsque le fruit est mr, on le hache par petits mor- ceaux avec les feuilles de la plante 5 on fait cuire le tout avec du lard : c'est le mets que les dames croles donnent par prfrence aux personnes les plus distin- gues. )) C'est encore le Gombo. On les mange en pure -, ce n'est plus le Gombo , mais bien le Girau- mont. Enfin, la suite de l'article prouve bien que c'est du Giraumontetnon du Gombo don tValmont de Bomare a voulu parler. Comme on le voit, l'inconvnient d'crire sans avoir vu , et d'aprs des renseignemens souvent er- rons , entraine de grandes fautes : ce reproche peut s'adresser beaucoup de faiseurs de livres de nos jours. Caractres physiques. Le Gombo a tant de rapports avec la Ketmie ambre que beaucoup de naturalistes no- mcnclateurs ont t tents de ne faire qu'une espce des deux. Cependant le port n'est pas le mme, et la fleur du Gombo est d'un jaune pale soufr et terne , comme je viens de le dire, tandis que celle de l'Ambrette est d'un jaune d'or clatant et luisant , et que ses semences ont l'odeur du musc. La tige du Gombo est paisse , velue vers son som- met , et haute de deux ou trois pieds -, ses feuilles sont ptioles, un peu en cur leur base, palmes, cinq lobes largis , dentes dans leur contour, vertes des deux cts , velues dans leur jeunesse , mais presque tout-- fait glabres dans leur parfait dveloppement : elles ont l'aspect de celles de l'Alce feuilles de figuier. Les p- doncules sont axillaires, unis ou muitiflores , droits, plus courts que les ptioles j ils n'ont pas un pouce de lon- gueur. Les fleurs sont campanules , ouvertes , d'une ( S) couleur de soufre trs-ple ayee le fond pourpr. Leur eaiice extrieur est de neuf dix folioles linaires , subu- les, velues, trs-caduques*, le fruit est une capsule conique pyramidale , tronque sa base , un peu corni- cule ou courbe son sommet , longue de deux pouces et demi , dix sillons , cinq loges , cinq valves , mais remarquable en ce que les deux bords latraux de cha- que valve se roulent en dehors au moment de leur des- siccation , et font paratre l'extrieur de la capsule dix feuillets replis ou rouls ; souvent il y a six loges , et par consquent six valves , et douze feuillets replis. Chaque loge contient une range de semences globu- leuses , gristres ou brunes , selon la varit. Analyse chimique. Les fruits du Gombo contiennent un principe mucilagineux trs-abondant. Proprits mdicinales. Le fruit du Gombo comme ali- ment est prcieux pour les convalescens , auxquels on recommande la dite vgtale , ainsi qu'aux poitrinaires ; par son principe mucilagineux il convient aux personnes affliges de maladies de la peau. Cette Ketmie est trs-usi- te mdicalement pour remplacer la guimauve et la grande Consoude dans les cas de dyssenierie et dans les fivres lentes. Je n'ai point trouv , dit Poupe-Desportes, de remde plus efficace ni plus nourrissant, pour rtablir les forces puises , que les fruits de cette plante coups par tranches et prpars la sauce de petits pois avec la laitue, la chicore blanche, un jaune d'eeuf et un peu de cannelle. On en fait bouillir dans du lait pour en ( '7 ) faire usage soir et matin .Poupe-Desportes donne encore Ja composition d'un sirop pectoral qui m'a russi plusieurs fois, et que voici : prenez capillaire du Canada, langue de buf, de chaque une poigne ; fleurs de francliipanier , de bois immortel , de Giraumont, de Gombo, de jasmin odorant de Saint-Domingue et d'oranger sauvage, de chacun demi-poigne : faites un sirop selon l'art. Les feuilles entrent dans les lavemens et les cataplasmes molliens. EXPLICATION DE LA PLANCHE DEUX CENT SOIXANTE-NEUF. La plante rduite moiti. 1. Fruit coup. 2. Graine. /'/. 270. T?ii>o i /are-J)cjwtrr'/iZ--^Pm.c . T M K ^ 3, K VU CH A N G &.A X T E ( '7' ) *V>VWVV>VV\VV*VVVVV\\V>VVA\A^VV\'VV\V^VVWVV\VV\VV^%^VV%V\i p 2 7 * 9- Hina. Paretti. Rheed. Mal., 6, p. 69, t. 38. Caractres gnriques des Malvaces. Calice d'une seule pice , simple ou sur deux rangs, l'intrieur cinq divisions^ corolle pentaptale; tamincs monadelphes ; un style sur chaque capsule } plusieurs stigmates 5 graines renfermes dans une ou plusieurs capsules supres. Feuilles alternes, accompagnes de stipules. Caractres particuliers des Ketmies. Calice double, F extrieur dcoup en un grand nombre de folioles ( 7 a ) linaires, l'intrieur cinq divisions; tamines indfi- nies, runies en un tube adhrent la corolle; capsule cinq valves, cinq loges ordinairement polyspermes. Feuilles cordiformes, cinq angles, dentes en scie -, tige inerme, ligneuse ou frutescente. (5 Viv.) Histoire naturelle. Ce curieux arbrisseau, rcla- mant la serre chaude , a t apport en Angleterre en 1690 par M. Bentinck. 11 orne souvent les papiers peints venus de la Chine. Sa seconde corce sert faire des cordages que les habitans de Cayenne et des Antilles em- ploient divers usages. Cette plante vient de semences et de boutures ; elle exige beaucoup de chaleur et une terre substantielle. Une aimable dame qui cultive les sciences avec succs et sans pdantisme,, et qui a toutes les grces de son sexe sans en avoir la coquetteri3 , en m'enlendant raconter l'histoire de la Ketmie inconstante, dont la fleur est blanche le matin , rose midi et sou- vent pourpre le soir, au moment de perdre la vie, d- tournant les traits qu'un plaisant voulait dcocher contre l'inconstance des femmes , et pour sauver l'honneur de son sexe, la nomma Camlone , nom que je lui ai con- serv comme un hommage que je me plais rendre l'amabilit , aux talens utiles et d'agrment que possde un degr suprieur madame la comtesse de S. D... La Camlone est cultive dans les serres d'Europe, o elle se distingue en septembre par ses belles fleurs, qui, quoique solitaires et axillaires , forment une espce d'om- belle au haut des tiges. Cette plante est originaire des Indes-Orientales. Le mot grec Hibiscos indique une Mauve arborescente ; Ketmie est son nom arabe. On re- ( >73) grette que d'aussi belles fleurs soient d'une aussi courte dure , puisque les unes , comme la Camlone , restent peine quelques heures dans tout leur clat, et qu'il n'en est pas qui durent viugt-quatre heures sans tre fltries. Caractres physiques. Cette intressante Ketmie s'lve plus de six pieds de hauteur, sous la forme d'un petit arbre , sur un tronc droit , uni , pais de plus d'un pouce , corce gristre et branchu son sommet. Ses rameaux sont cylindriques, diviss, feuilles sup- rieurement, montans ou demi-ouverts, et lgrement cotonneux leur sommet. Les feuilles sont ptioles, cordiformes , presque palmes , cinq angles pointus , dont les trois antrieurs sont les plus grands , dents ingalement dans leur contour ; vertes en dessus avec des nervures cotonneuses , ples ou blanchtres en dessous, avec un duvet tomenteux fort court. Leurs ptioles sont cotonneux , ainsi que les stipules qui sont linaires-poin- tues et caduques. Les pdoncules sont uniflores, tomen- teux, axillaires, un peu plus longs que les ptioles, et dis- poss au sommet des rameaux en corymbe terminal ; les fleurs sont assez grandes, d*un aspect agrable, quelquefois doubles, et remarquables par les prompts changemens qui surviennent dans leur couleur. Ds qu'elles s'pa- nouissent, elles sont d'un blanc verdtre, puis aussitt lactescentes , ou d'un blanc de neige j elles prennent vers midi et sous l'influence du soleil une teinte de cou- leur rose , enfin elles deviennent pourpres le soir ou la nuit en se fltrissant. Leur dure dans leur patrie n'est que d'un jour , tandis que dans les serres d'Europe elles ( '?4 ) se parent de louL leur clat pendant cinq huit jours. Les calices de ces Heurs sont cotonneux ; l'extrieur est form de sept neuf folioles linaires-pointues } l'extrieur, un peu plus grand , est scmi-quinqufide , dcoupures pointues, stries en dehors. Le fruit est ovale, arrondi, velout, et un peu plus court que le calice qui l'envi- ronne. Analyse chimique. Les diverses nuances que prend la fleur de cette Ketmie, lorsqu'elle est expose au soleil brlant du Tropique, peuvent provenir de l'altration de la matire colorante de ses ptales -, cette altration a lieu si facilement dans la famille des Malvaces , que les chimistes en ont tir un parti avantageux en l'em- ployant comme ractif pour reconnatre la prsence , dans un liquide, de la moindre dose d'alcalinit ou d'- cidit. * La fleur de la Ketmie fournit , de mme que ses congnres , un extrait mucilagineux , lorsqu'elle est traite par l'eau. Proprits mdicinales. Quoique la Camlone con- tienne beaucoup moins de mucilage que le Gombo , on recherche cette plante qu'on emploie avec avantage dans toutes les phlegmasies. On la fait entrer dans les tisanes bchiques adoucissantes. Les praticiens des colonies font beaucoup usage du cataplasme mollient et rsolutif que voici : prenez deux ou trois poignes des feuilles de cha- cune des plantes suivantes, Ketmie fleurs changeantes, absinthe sauvage, bois puant, verveine bleue, morelle et ( 9$ ) herbe charpentier de Saint-Domingue; faites cuire dans suffisante quantit d'eau, passez au travers d'un tamis, et faites-en un cataplasme. On peut y ajouter , dit Pou- pe-Dcsportes , les feuilles de calebasse musque , de tabac vert et des sauges du pays. On prpare aussi un lavement mollient avec les feuilles de la Camlone , unies celles d'pinards des colonies et de patates, qu'on applique toujours avec succs dans les inflammations du bas-ventre. Mode d'administration. La dose des fleurs est d'un gros par livre d'eau, et celle des tiges ou racines de deux onces. EXPLICATION DE LA PLANCHE DEUX CENT SOIXANTE-DIX- La plante est rduite moiti de sa grandeur. * ( '76) l\\ A VV\\ VWVtX VV VVVVVV VVW V A VV V\ VWV\V VWVWVWVWVWVW VWVWwWVWWVVWtWVWVWVWVW URNE LOBE. {Bachique adoucissante.) Synonymie. Vulg. Cousses. Urena lobata. Lin., Mona- delphie Polyandrie. Juss. , famille des Malvaees. Urena foliis subrotundo-cordatis , angulatis, subts tri- glandulosis. Wild. Spec. Plant. , vol. 3, pag. 800, n 1. Urena foliis triglandulosis , cordatis , angulatis, serratis, latitudine longitudinem superante. Cavan., Diss. Bot. Pars. 6, pag. 336, tab. i85, fig. 1. Urena sinica,Xanthii facie. Dill. Hort. Elth. , p. 34o, tab. 3 19 , fig. 4 12 Trifolio aflinis Indi orientalis, Xanthii facie. Breyn. Cenlur. , p. 82, tab. 35. Lappago amboinica.Rumph.Hort. Amboin., vol. 6, pag. 59, tab. 25, fig. 2. Burm., Flor. Ind., pag. 149. Caractres gnriques. Plantes dicotyldones , fleurs compltes , polyptales , rgulires , de la famille des Malvaees , ayant du rapport avec les Pavonia ; herbes ou sous-arbrisseaux exotiques , feuilles simples , lobes, munies, sous leur principale nervure , d'une glande poreuse j fleurs axillaires et terminales 5 calice double *, l'extrieur d'une seule pice , cinq divisions } l'intrieur cinq folioles -, cinq ptales connivens et r- trcis leur base *, des tamines monadelplies 5 une cap- sule arme de pointes , cinq loges spares , fermes et monospermes. PI. 271. T/teuiYore IStstvwti'Z^/'inir JPerr'e Je rHEXE LOBEE* ( '77 ) Caractres particuliers. Feuilles anguleuses ; glandes poreuses sous les trois ctes intermdiaires des feuilles. Histoire naturelle. Cette plante, spontane au Br- sil , en Chine et l'Ile-de-France, se rencontre main- tenant aux Antilles o ses qualits mdicinales la font rechercher. Son aspect est gracieux et lgant. Elle exige la culture des Malvaces. On la rencontre aussi en Amrique dans les lieux incultes, le long des chemins, et au milieu des dcombres. Caractres physiques. Les tiges de l'Urne lobe sont droites , hautes de quatre pieds et plus , rameuses $ les rameaux alternes, tals , lgrement tomenteux, garnis de feuilles ptioles , alternes , anguleuses , chancres en cur leur base , dentes en scie leurs bords , assez grandes , plus larges que longues , divises leur contour en plusieurs lobes trs-courts ; aigus leur som- met, un peu rudes au toucher, traverses par cinq ou sept nervures, avec des vhicules en rseau-, trois petites glandes situes vers la base des principales nervures ; les ptioles accompagns de stipules courtes , linaires , caduques. Les fleurs sont situes dans l'aisselle des feuilles, or- dinairement solitaires , soutenues par des pdoncules courts. Leur calice extrieur est stri , profondment divis en cinq dcoupures troites, linaires, aigus 5 l'intrieur plus court , compos de cinq folioles glandu- leuses leur base ; la corolle couleur de rose , une fois plus grande que le calice , forme de cinq ptales en- ( '7) tiers*, le style simple : les stigmates varient de cinq dix divisions. Analyse chimique. L'Urne est inodore , et d'une saveur fade et herbace :, elle fournit un principe muci- lagineux par la mastication. On en retire encore un mucilage visqueux, doux et nutritif : les fleurs et les feuilles en fournissent plus que les racines. Proprits mdicinales. L'Urne lobe jouit un haut degr des proprits de toutes les Malvaces. Elle calme la douleur des parties enflammes , dtruit leur tension, apaise la chaleur et l'irritation, si on l'applique en cataplasme. Elle runit, comme on le voit, toutes les proprits mollientes , adoucissantes , rafrachissantes et lubrfantes. On emploie cette plante lorsqu'il s'a- git de diminuer l'exaltation des systmes 5 l'infusion de ses fleurs dulcore convenablement, ou le sirop que l'on fait avec elles , offre une boisson fort utile dans les diffrentes maladies aigus et inflammatoires. On la re- commande en boisson et en gargarisme contre les an- gines, les aphthes, ou excoriations des gencives :, dans les gastrites, dans les empoisonnemens par des substances acres ou corrosives :, dans les flux de ventre, la dyssen- terie, et au dbut du catharre pulmonaire. Elle remplit parfaitement l'indication dans l'hmoptysie \ en lotion on l'emploie dans les exanthmes aigus , les maladies rup- tives, les rysiples, dans les phlegmasies des membranes parenchymateuses , lapripneumonie , la pleursie , l'h- patite. Elle procure un grand soulagement dans la n- phrite inflammatoire ou calculeuse ; dans les deux pre- ( 79 ) mires priodes du catharre vsical, dans la blennorrha- gie , et autres maladies des voies urinaires. L'abus de son usage cependant affaiblirait l'estomac , et altrerait les fonctions digestives , c'est pourquoi on l'dulcore et on l'aromatise lgrement. A dfaut d'herbe Balais (Scoparia dulcis , planche 106, vol. 2), qui est cepen- dant connue aux Antilles, les Noirs emploient une poi- gne &Vrena lobata. Les colons l'appellent Cousses. On peut galement la remplacer par le Sida aine ricana , qu'on appelle vulgairement Herbe de Douze-Heures , parce que ses ptales ne commencent s'panouir que vers midi, et se referment deux ou trois heures aprs. Mode d'administration. Les feuilles et les fleurs de cette Malvace se prescrivent la dose d'une once en infusion pour deux livres d'eau environ. Le sirop qu'on obtient avec ses fleurs se donne par cuillere. EXPLICATION DE LA PLANCHE DEUX CENT SOIXANTE-ONZE, La plante est rduite au tiers de sa grandeur. ( i8o) ^\\\\\\\%VVVV\^\\^V\>\\^\VVV\>\V*^VV^V\^VV>^\VV% l VV\VV\VV\VV\VV>'VV\\\^\VV\i>A CORNARET ANGULEUX. ( Bchique adoucissante.) Synonymie. Vulg. Griffe de chat, Bicorne. Martynia an- gulosa. Lin. , Didynamie Angiospermie. Juss., famille des Bignones. Martyniae calice simplici pentaphyllo , foliis oppositis, cordatis, angulatis villoso-viscosis.Lamarck. Martynia annua villosa et viscosa , folio subrotundo, flore magno, rubro. Mart. Cant. 4 2 ?t 4^. Ehret. Pict. ? t. 1 , f. i . Caractres gnriques. Plantes fleurs monopta- les , de la division des Personnes, qui a du rapport avec les Bignones. Herbes vivaces et annuelles , feuilles simples, opposes ou alternes , dont les fleurs sont grandes , belles , disposes en grappes terminales , ou qui naissent des dichotomies de la tige. Calice quinqu- fide , corolle quatre ou cinq lobes obtus , ingaux et tube renfl \ quatre tamines , dont deux plus courtes , /y. 272. 77>ivdore jPejroitrf/Ji. J J m*- _/V-/vy tfri//f roKrvAnRT AjrrL"Brx. ( 181 ') avec le rudiment d'une cinquime } un style j capsule li- gneuse , une loge la base, cinq au sommet, po- lysperme, termine par deux longues pointas en cro- chet. Caractres particuliers. Calice quinqufide ; co- rolle lvres ouvertes ; capsule ligneuse , corce , bec crochu , trois loges, a deux valves. Histoire naturelle. Le Cornaretanguleiix est oiigi- naire de l'Amrique mridionale, et il vient en abondance la Vera-Cruz , o ses belles fleurs le font distinguer des plantes qui croissent autour de lui. Le nom du genre Martynia a t donn par Houston , en faveur d'un bota- niste anglais nomm Martyn. On le cultive dans les serres d'Europe. Les organes sexuels de cette plante offrent quelque chose de fort curieux. Le stigmate, ditMordant- Delaunay , est compos de deux lames cartes. Si Ton ramasse avec une paille , sur les tamines ou dans l'int- rieur de la corolle , quelques parcelles de la poussire fcondante , et qu'on les introduise dans le milieu de cette espce de bouche, aussitt les lames se rapprochent, et la bouche se ferme , comme si l'on et satisfait son apptit. On la sme en bonne terre , dans un pot qu'on met sur couche. Caractres physiques. La tige de ce Martynia est Tome IV. G8 e Livraison. i5 ( '8a ) Cylindrique, stuleuse, rameuse, velue, et haute d 1 un pied et demi. Elle est garnie de feuilles opposes, ptio- le es , eu cur, anguleuses, surtout les suprieures qui sont pointues leur sommet. Ces feuilles sont verdtres, molles et charges de poils trs-visqueux, ainsi que les autres parties de la plante. Ses fleurs naissent dans les dichotomies de la tige, en grappe courte-, elles sont munies de bractes ovodes, concaves, nombreuses et lgrement teintes de violet en dehors. Ces fleurs sont campanules, penches ou pendantes , blanches avec de larges taches d'un beau pourpre ou d'un violet cramoisi en leur limbe. Il leur succde des capsules courtes, enfles, longues d'un pouce seulement, d'abord recouvertes d'un brou , puis devenant ligneuses, trs-dures et sillonnes de crevasses , termines par une pointe fort courte , re- courbe en crochet * 7 elles ne renferment qu'un petit nombre de semences ovales, aplaties et pres au tou- cher. (Encycl. Annuelle.) Analyse chimique. Toutes les parties de la plante donnent un abondant mucilage , soluble dans l'eau et fournissant y n copieux prcipit si l'on y verse de l'alcool . Proprits mdicinales. Le Cornaret possde toutes les vertus de la Guimauve d'Europe -, c'est pourquoi on peut le regarder comme mollient, adoucissant, rel- chant , rafrachissant, etc. Son action calme l'irritation des organes enflamms et diminue l'exaltation des sys- ( '83 ) tmes. Sa dcoction convient dans toutes les hmprrha- gies actives et dans les phlegmasies aigus, dans les em- poisonnemens par les corrosifs. Les malades , aficts d'angines , de catliarres pulmonaires , de pripneu- monies , de maladies des voies urinaires , d'inflam- mations des membranes sreuses ou autres, de strangurie par usage l'intrieur de cantharides, ou par la prsence d'un calcul, se trouvent trs-bien de l'emploi de cette plante mucilagineuse. On administre la dcoction de toute la plante en lave- ment pour dissiper la constipation opinitre des tem- pramens secs , ardens et nerveux , pour calmer les coli- ques et les douleurs du rectum que causent les hmor- rodes et le tnesme des dysentriques. Les gargarismes, composs avec cette plante, sont trs-avantageux contre les aphtes , l'angine et la salivation mercurielle. On l'ap- plique en collyre dans les ophthalmies , l'pipbora et les ulcrations. On l'injecte dans l'oreille pour calmer les douleurs atroces de l'inflammation de cet organe. Un topique de la plante , rduite en bouillie par la cuisson , produit le meilleur effet dans le traitement des boutons phlegmoneux, des bubons , du panaris et mme des plaies et des ulcres. C'est alors qu'on voit promptemcnt les accidens disparatre , ainsi que la douleur et l'engorge- ment. La rsolution s'opre, et la cicatrice ne tarde pas se fermer. Mode d'administration. Quatre gros de la plante suf- fisent pour une livre d'eau, qu'on dulcore convena- ( i84 ) blement pour viter les pesanteurs d'estomac que cau- serait cotte dcoction insipide, si elle n'tait pas lg- rement aromatise On compose, avec un sirop qui rem- place fort bien le sirop de guimauve. On en fait des pas- tilles , des loks et autres prparations mdicinales. EXPLICATION DK LA PLANCHE DEUX CENT SOIXANTE-DOUZE La plante est rduite moiti de sa grandeur naturelle. /Vvw \fcu> ATTIER. /'/. >-. 4 Y'/ld'o././r.* J}f.r<\>t(rfff\ Pi/r. I>TAII85 ) (VV'SA,V> , VV^^\^\X^^^>V\^\^^\A\V*%\^VV>^(V\VV^/VVX\VVVVVVV^AA^\\^'V\^VV> , VV\\ , V>V\^\\>/VV\VV \V^V\'\ DATTIER COMMUN. (Bchique adoucissante.) Synonymie. Phnix dactylifera. Lin. et Jussieu , famille des Palmiers. Phnix frondibus pinnatis ; foliolis compli- catis, ensiformibus. Lin. Palma major. Bauhin. , Pin. 5o6. Palma dachel. , Alp. gypt. Palma dactylifera, major vulgaris. Sloan. Jam. , Hist. 2 , p. 111. Dactylis palma, Blackw. , t. 202. Palma hartenis (mas et fmina). Kmpf. , Amaenit. exot. , p. 668, tab. 1 et 2. En anglais, palm-tree 5 date-tree ; en italien et en espagnol , palma. Caractres gnriques. tamines attaches au calice, monocotyldones , phanrogames , fleurs portes sur un spadice entour d'une spathe ; calice persistant , six di- visions profondes , dont trois extrieures , ordinairement plus courtes \ six. tamines } un ovaire suprieur, un ou trois styles } une baie ou drupe -, une ou trois graines osseuses ; feuilles palmes et pennes. Caractres particuliers. Fleurs dioques envelop- pes dans une spathe monophylle fort ample. Fleur mle : Tome IV. 69 e Livraison. 1 6 ( .86 ) calice six divisions, dont trois extrieures; six tamines. Fleur femelle : calice idem; un stigmate; drupe oblong , monpspenne ; graines allongent^ aplaties, sillonnes lon- gitudinalement d'un ct 5 ombiliques et convexes de I autre. Feuilles punes; folioles plisses en dedans, ensifornu Histoire naturelle. Le nom latin Phnix , que porte le Dattier, donne connatre qu'il est originaire de la Phnicic. On le cultive particulirement dans les campagnes sablonneuses et brlantes qui bordent les mon- tagnes de l'Atlas, dont les sources favorisent la culture du Dattier, qui demande en mme temps un climat cliaud et un sol humide et lger. Une fort de Dattiers, dit Poi- ret , est , pour le voyageur qui quitte celles d'Europe, un spectacle tout--fait nouveau : l'aspect de ces arbres ma- jestueux il se croit transport dans un autre univers. Ges forts, toujours vertes, images d'un printemps perp- tuel, occupent dans certains endroits plus de deux ou trois lieues de terrain. Leurs cimes , touffues et rappro- ches , forment au-dessus de la tte du voyageur un dme obscur soutenu par des milliers de colonnes d'une riche proportion , dont l'ensemble prsente le temple le plus majestueux de la nature, et dont le silence n'est interrompu que par le concert harmonieux d'une foule d'oiseaux , htes aimables de ces lieux solitaires. Le sol lui-mme , qu'ailleurs le soleil dessche , ici abrit par l'ombre des palmiers, se couvre de verdure et d,e fleurs. Souvent la vigne embrasse de ses rameaux flexibles le tronc rebuste du Dattier, qui protge par la fracheur de son ombrage beaucoup d'autres arbres et arbustes. ( '8/ ) J'emprunterai encore la plume lgante de Chau- meton ce que ce savant crivain raconte du Dattier. La nature , dit-il , semble avoir fix cet utile vgtal sur le sol le plus aride , dans les dserts les plus affreux , pour y tenir lieu de tous les autres vgtaux qui refusent d'y prosprer. En effet , le Dattier est un vritable trsor pour les habitans de ces contres : avec le tronc ils fa- briquent les pieux et les poutres qui forment la char- pente de leurs ajoupas -, avec le liber ils font des urnes trs-solides 5 avec les feuilles et leurs forts ptioles , dif- frens ustensiles domestiques , tels que des paniers , des sacs , des balais ; avec les spatbes , des vases de diverses ligures et destins divers usages , et des sandales ou saptes. Cet arbre prcieux , dont le fruit est plein d'une crme sucre, qui a le parfum de la fleur d'oranger, est encore la source bienfaisante laquelle l'habitant des dserts va puiser sa nourriture. Si l'on fait la tige une incision lgre , il s'en coule une liqueur excel- lente , tandis que l'intrieur renferme une moelle trs- savoureuse. Les feuilles tendres sont aussi un fort bon aliment. Il en est de mme des grappes mles et fe- melles 5 on les mange crues et cuites , seules ou avec la viande de mouton. On en fait diverses confitures dli- cieuses. Les dattes , nanmoins , surpassent en excel- lence et en utilit toutes les autres parties du Dattier. On en fait toutes sortes de mets aussi agrables que di- versifis. Par une lgre expression , on en retire une sorte de sirop gras , qui est employ , en guise de beurre, la prparation du riz, des sauces, et sert faire d'ex- cellente ptisserie et des gteaux trs - dlicats. La masse qui reste aprs cette expression sert de nourriture aux pauvres , et les riches conservent toute l'anne les 16* ( .88 ) dalles fraches dans de grands vases remplis de ce si- rop. En faisant fermenter ces fruits avec de l'eau, les anciens en retiraient une espce de vin qu'on obtient encore en Natolie par le mme procd. Au moyen de la distillation , on en retire de l'alcool , auquel on associe di lierons aromates, et dont on fait un trs -grand usage dans toutes les parties de l'Arabie. Le Dattier cultiv produit des fruits plus savoureux et plus beaux que ceux du Dattier sauvage j on le multi- plie , soit en semant les noyaux au commencement du printemps, soit par les rejetons des racines et des ais- selles des feuilles : ce dernier moyen est prfrable , en ce qu'il est infnimeut plus prompt dans ses rsultats. A la Chine , on brle les noyaux de dattes qui servent la composition de l'encre qu'on y prpare. En Espa- gue , on les fait entrer dans les poudres dentifrices. Voici comme on procde la rcolte des dattes : lors- qu elles sont mres, on en distingue de trois sortes, selon leurs trois degrs de maturit : la premire est de celles qui sont prtes mrir, ou qui ne sont mres qu' leur extrmit, et qu'on appelle hecques j la seconde, de celles qui sont moiti mres 5 et la troisime , de celles qui sont entirement mres. On les rcolte sou- vent en mme temps, parce que trois jours d'intervalle (le temps que dure peu prs cette rcolte) achvent de mrir celles qui ne le sont pas, et qu'on vite par -l de laisser tomber celles qui sont mres , leur chute pou- vant les meurtrir. Pour achever la maturit et le desschement de ces fruits, on les tend sur des nattes que l'on expose au soleil. De cette manire, les dattes deviennent d'abord molles , et se changent en pulpe 5 bientt aprs , elles ( 1% ) s paississent de plus en pins, et se resserrent de ma- nire laisser vaporer l'humidit qui pourrait les faire pourrir. Les dattes tant dessches, on les met au pressoir pour en tirer le suc mielleux , et on les enferme dans des peaux de chvres , de veaux , de moutons , et 'dans de longs paniers faits de feuilles de palmiers sauvages. Ces sortes de dattes servent de nourriture au peuple du pays. Lorsqu'elles ont t renfermes dans le sirop , elles deviennent alors la nourriture des riches. Le Dattier mle a la facult de fconder d'assez loin le Dattier femelle , au moyen du vent , qui transporte la poussire fcondante du premier sur le second -, mais quelquefois cette fcondation se provoque artificielle- ment. Pour cela, on cueille, vers la fin de fvrier, sur le Dattier mle , les spathes remplies de fleurs fcon- dantes } on en retire les panicules de fleurs avant que celles-ci soient panouies , et on les fixe au-dessus des fleurs femelles , afin que les fleurs mles venant s'ou- vrir, leur poussire fcondante puisse se rpandre sur les jeunes embryons des fruits contenus dans les fleurs femelles. (Eue. mth. ) Les Dattiers se plaisent , en Europe , dans une terre forte et substantielle, et dans des pots o leurs racines ne soient point gnes. On les multiplie de graines que l'on retire de leur pays natal , et que l'on sme en ter- rines enfonces dans la tanne dune couche 'chaude. Elles lvent ordinairement en un mois et demi. L'loquent historien de la nature , le clbre auteur de Paul et Virginie , a donn, dans ses Harmonies de la Nature (t. i, p. 83 et suivantes), une description gra- ( 9 ) rieuse du Dattier, laquelle il serait tmraire de vou- loir rien ajouter : j'y renvoie mes lecteurs. Caractres physiques. Le Dattier, ainsi que tous les Palmiers, diffre entirement des arbres des forets d'Eu- rope ; sa tige ne se dveloppe que quatre ou cinq ans aprs sa sortie de terre. Jusque-l elle ne produit que des feuilles que fournit un gros bouton qui se renou- velle tous les ans, augmente en grosseur, et renferme, par consquent , un plus grand nombre de feuilles. Lorsque ce bouton est parvenu la grosseur que la tige doit acqurir, alors il s'lve et offre une espce de tronc compos des ptioles des anciennes feuilles , ce qui le rend, comme raboteux et propre favoriser la rcolte des dattes , ces vestiges de feuilles servant comme d'- chelons pour arriver au sommet du palmier. Les vieux troncs des Dattiers , dpouills de ces ves- tiges , offrent leur place des excavations superficielles et comme annulaires, et des colonnes surmontes par une runion de longues feuilles , d'abord droites , puis arques. Ces feuilles ont dix douze pieds de longueur ; elles sont composes de deux ranges de folioles alternes, troites, ensiformes , plies dans toute leur longueur, portes par un ptiole commun , aplati sur les cts et largi sa base. Il nait l'aisselle des feuilles , des spatlies oblongues, comprimes, hispides en dehors, s'ouvrant latrale- ment pour favoriser le passage d une panicule forme de rameaux simples, nombreux, flchis en zig-zag, trs-serrs, chargs de petites fleurs sessiles, les unes mles, les autres femelles, sur des individus diffrens. ( '9' ) Les ileurs mles sont composes d'une enveloppe six divisions profondes , trois extrieures courtes \ trois intrieures beaucoup plus grandes , six tamines \ les filamens trs-courts -, dans les fleurs femelles un ovaire suprieur arrondi -, un style court , le stigmate aigu. Le fruit est un drupe ovale , un peu allong , de la forme du gland de chne , de couleur jauntre , conte- nant , sous une pellicule mince et lisse , une pulpe grasse , succulente , enveloppant une semence presque ligneuse, fendue par un de ses cts en un sillon longi- tudinal. Analyse. La datte , macre pendant hait dix jours dans l'alcool , donne un alcoolat extrmement sucr -, celui-ci j aromatis avec les huiles volatiles d'anis , de nroly , de cannelle ou de vanille , etc. , peut composer une liqueur de table fort agrable. L'eau froide ou bouillante dissout la plus grande partie des principes constituans de la datte , tels que la gomme , l'extractif , le sucre , l'exception cependant d'une partie de son parenchyme , et de sa pellicule ex- trieure. La datte est donc forme : De sucre , analogue celui de raisin. De gomme. D'un extrait doux. De parenchyme. De pellicules. Fourcroy et Vauquelin , dans le journal de Gehlen , ont analys le pollen du Dattier \ ils ont trouv qu'il tait compos d'une matire particulire qu'ils ont ap- ( >y< ) pele poilcniiic , lune matire animale' solnble dans I Cau qui est prcipite par l'infusion d<- galle , beau- coup d'acide malique libre , du phosphate de chaux et du phosphate de magnsje. PnonuTKs mdicinales. La principale verlu des fruits du Dattier consiste dans leur lgre astriction -, c'est par celte qualit que les dattes rendent la force l'estomac, arrtent le flux de ventre qui vient du relchement des fibres et fortifient les intestins \ c'est par leur dou- ceur mlange d'astriction qu'elles secourent efficace- ment dans la toux , adoucissent la poitrine et les organes du poumon , et qu'elles sont quelquefois utiles dans les maladies des reins et de la vessie -, c'est enfin cette mme qualit que l'on doit rapporter les bons effets qu'elles produisent , appliques extrieurement. Hippocrate employait les dattes en dcoction dans la diarrhe, dans le marasme, l'puisement, les hmorra- gies , et les maladies des reins et de la vessie. Les dattes , manges en trop grande quantit , se di- grent difficilement , et peuvent produire , par cons- quent , des maux de tte , des pesanteurs d'estomac et des coliques ; mais si l'on n'observe ces accidens que chez des personnes faibles, ce serait tort qu'on les ac- cuserait de disposer la mlancolie, de produire des obstructions , des ophtalmies qui affligent frquemment les habitans de certaines contres d'Afrique , qui en font leur unique nourriture. On doit plutt attribuer ces af- fections leur extrme misre , leur nonchalance et leur mauvaise habitude de coucher sur la terre , ex- poss toutes les intempries de l'air. ( 193 ) Mode d'administration. On prescrit ordinairement les dattes mondes de leurs noyaux , au nombre de douze, pour deux pintes d'eau, qu'on fait rduire moiti. EXPLICATION DE LA PLANCHE DEUX CENT SOIXANTE-TREIZE. Le Dattier est reprsent rduit la soixantime partie de sa grandeur naturelle; c'est un individu femelle qui porte des fleurs et des fruits. EXPLICATION DE LA PL A.NCHE DEUX CENT SOIXAJN TE-QUATORZE. (Dtails de la fructification.) Spathe ouverte et donnant passage une grappe ou r- gime de dattes; ce dessin est au cinquime de grandeur na- turelle. . Ovaire surmont de trois pistils. 2. Fleurs mles. 3. Etamine. 4. Datte entire. 5. Portion de datte et son noyau. ( ><>4 ) %%* v\\ \\ V"A\>A\' iv\l\vy\\^ v*\vv\>VV^v^'V\<>VV VVt/WIWAIVV\\\\\V\k\\\\\ WWVWvWVWVVV JIM Mi 1ER CULTIV. {Bcnique adoucissante.) Synonymie. Ziziphus vulgaris, aculeis geminalis, foliis ovato- oblongis serratis laevibus , fructibus oblongis. P. Lin. , Pentandrie Digynie. Juss. , famille des Nerpruns. Jujubx majores oblongae, Bauh. Pin. , 446. Zizipha sativa, J. B. , I , p. 4o. Ziziphus seu Jujuba major, Raj. Hist., i533. Ziziphus entita , Clus. Hist., I, p. 28. Jujubae Arabium, Lob. , ic. 2, p. 178. Rhamnus ziziphus, Lin., Scop. , carn. 2, n 265. Thunb._, FI. Jap., p. g5. En espagnol, azufayfo; en portugais, maceira de ana- fega; en anglais, jujube-tree ; en malabrois, perin-tod- dali j lusit., tarilla. Caractres gnriques des Rhamnes. Calice mono- pliyle , dcoup au sommet en quatre ou cinq parties -, corolle de quatre ou cinq ptales (rarement nulle) at- tachs au sommet ou la base du calice sur un disque j autant d'tamines 5 ovaire supre , un ou plusieurs styles j PI 27 ^'ftr<7 Jteo % couj-/iZx_ T^/itr . /'. ; 'r xFcufy . SKftKSTIKK A CUA.VDKS KI.RntS. ( 205 ) *.\\v> v\avvv>v\.v\\.v\\vvv\\vw\ wv\^ >wv\A'W>'vvvw\ vv ^v\^uv\^\\l^vw^uvv\^\\v>v>^^\n^ w SBESTIER A GRANDES FLEURS. (Bchque adoucissante.} Synonymie. Bois de rpe. Cordia sebestena , Lin. Pentan- drie monogynie , Juss. Famille des Borragines. Cordia foliis ovatis , subrepandis, scabris ; calice cylindrico, tubo breviore. Lam. Illust. gner., vol. I, pag. 4 21 ? n 1898, tab. 26, fig. 1. Cordia foliis subovatis , subrepandis. Jacq. Amer., pag. 4^. Cordia nucis juglandis folio. Plum. Gen. amer. En icon. io5. Cordia foliis amplioribus, hir- tis ; tubo floris subaequali. Brow. Jam. 202. Sebestana scabra , flore miniato , crispo. Dillen. Eltbam , pag. 34i> tab. 255, fig. 33i. En espagnol, Fruitz (TEntrude; Sebesto. En portugais, Sabestaira. En anglais, Se- b est en. Caractres gnriques. Plantes dicotyldones , fleurs compltes , monoptales, de la famille des Borra- gines 5 arbres ou arbrisseaux exotiques , feuilles rudes 5 fleurs terminales ou axillaires, disposes en panicules ou en corymbes, variables dans la forme et le nombre des parties de leur fructification. Calice presque tubul, cinq divisions ; corolle infundibuli forme ; ordinaire- ment cinq tamines -, un style dichotme 5 un drupe deux ou quatre loges \ des semences solitaires. Caractres particuliers. Feuilles oblongues , ovales , rudes *, fruit ou drupe globuleux , xioyau quatre loges. Tome IV. 70 e Livraison. 18 io6 ) Histoire naturelle. Les Sbestiers sont originaires vie l'Arabie ; cependant on en trouve aux Antilles de trois espces : i le Sbcstier coques, Cordia callo- cocca , Lin. Vulg. Bois bau la Jamaque et Hati -, i le Sbestier verbnac , Cordia gerascanthus , Lin. Vulg. Bois de Chypre ; et 3 le Sbestier grandes fleurs , dont nous traons ici l'histoire par les rapports de ses proprits mdicinales avec celles du Sbestier domes- tique, Cordia myxa, Lin. Les insulaires des Antilles , l'exemple des Egyptiens, prparent avec cette plante une glu trs-tenace qui sert plusieurs usages. Les fruits verts se mettent en achars, et les mrs se mangent; mais ils sont astringens. Caractres physiques. Le Sbestier grandes fleurs est un arbrisseau qui s'lve la hauteur de sept huit pieds, dont les tiges sont droites, glabres, cylindri- ques , rameuses 5 les branches sont alternes , garnies de feuilles trs -mdiocrement ptioles_, alternes, oblon- gues, un peu arrondies, rudes, de couleur verte, les plus jeunes lgrement dentes en scie , et lgrement ondules leurs bords lorsqu'elles sont plus anciennes ; les suprieures et terminales trs-entires -, les ptioles cylindriques, dpourvus de stipules. Les fleurs sont disposes en assez grosses grappes, l'extrmit des rameaux, garnis de pdoncules rameux , qui soutiennent une, deux, et mme trois fleurs. Leur calice est d'une seule pice , oblong , divis son orifice en trois dcoupures. La corolle est grande, en forme d'entonnoir, d'un jaune fonc ou de couleur earlate , cinq divisions obtuses , ovales , crneles ou ondules leurs bords. Les tamines sont au nombre de cinq : ( 2o 7 ) j le pistil droit, divis en deux son sommet, chaque division fourchue; les stigmates obtus, recourbs en dehors. Le fruit est un drupe ovale , pyriforme , obtus, et dont le noyau est divis sur sa longueur par plusieurs sillons assez profonds. Analyse chimique. La pulpe des Sbestes , ainsi que celle des fruits mucoso-sucrs , contient du sucre et un mucilage visqueux , trs-abondant , une gomme particu- lire et un lger principe astringent. Proprits mdicinales. Le Sbestier, offrant un fruit mucilagineux , est sagement administr dans les affec- tions de poitrine qui rclament des adoucissans. Les naturels des Antilles font cuire l'corce avec le riz pour en obtenir une crme qu'ils emploient dans le spasme intestinal. D'autres font usage des feuilles en apazmes contre les obstructions et les douleurs nerveuses, et ajoutent un absorbant comme la magnsie ; certains Ngres fout un secret dune dcoction trs-rapproehe pour effacer les taches de la peau. Je ne crois point ces vertus imaginaires ; mas je recommande les fruits dans tous les cas o les figues, les dattes et les jujubes sont rationnellement prescrits. Ces fruits nourrissent agrablement les convalescens , qui doivent cependant en user mdiocrement. Ils sont d'ailleurs mollens , adoucissans } leur dcoction dans l'eau est recomman- dable dans certaines fivres accompagnes d'irritation \ dans les phlegmasies des membranes muqueuses, telles que l'angine , la diarrhe , les aphthes , la dyssenterie , le catharre vsical , les blennorrhes , etc., le catharre pulmonaire, et les maladies des voies urinaires. Ces 18* ( 208 ) fruits conviennent aux tempramens secs, ardens, bi- lieux et sanguins, aux jeunes gens et aux dartreux. Mode d'administration. Deux onces de fruits suffisent pour une pinte de dcoction. On en fait un sirop b- chique qui est assez agrable, surtout si on lui associe Y herbe chaiy entier dont il sera parl plus bas. EXPLICATION DE LA PLANCHE DEUX CENT SOIXANTE- DIX-SEPT. La plante est rduite moiti. 1. Fleur dveloppe. 2. Fruit ouvert. /'/ . 2 rS. y^Ae^rtar^ Itaretnirtz/x, 2*irt*L COTONNIER ( 2 9 ) WVVVVV\VV*'VV/VVVVViVV\VVVVV^W\/VVVV\VV*AAiVVVVV\^MVW COTONNIER DES INDES. ( Bchique adoucissante.} Synonymie. Gossypium indicum foliis subtrilobis , subts eglandulosis, lobis cuneatis brevidus, fructu conico. Lam. L in., Monadelpbie Polyandrie ; Jussieu , famille desMal- vaces. Tournefbrt,Xylon religiosum indicum, classe des Campaniformes. Gossypium seuCapas, Rumph. , Amb.4> p. 33 , tab. 12. Caractres gnriques. Plante fleurs polyptales, de la famille des Malvaces j herbes ou arbrisseaux exo- tiques , feuilles alternes , lobes ou palmes , et fleurs grandes , belles , remarquables par leur ample calice extrieur et par l'utilit du duvet de ses fruits. Calice dune seule pice simple ou sur deux rangs } l'in- trieur cinq divisions ; corolle pentaptale *, tamines monadelphes \ un style sur chaque capsule 5 plusieurs stigmates^ graines renfermes dans une ou plusieurs capsules supres: feuilles alternes, munies de stipules. Caractres particuliers. Etamines indfinies, ru- nies en un tube adhrent la corolle \ une seule cap- sule multiloculaire. Calice double , l'extrieur trois divisions profondes, grandes, cordiformes ; l'intrieur plus petit, vas, presque cinq lobes*, corolle penta- ptale 5 tamines nombreuses ; trois ou quatre stigmates \ ( 2I0 ) capsule trois ou quatre loges , trois ou quatre valves , plusieurs graines enveloppes dans une sorte de laine appele Coton. Feuilles h trois lobes aigus , une glande en dessous -, rameaux ponctus de noir. ( Vivace. ) Histoire naturelle. Nicolson distingue plusieurs espces de cette plante utile, savoir : i le Cotonnier commun, Xylon jlo albo ; 2 le Cotonnier marron, \ylon sylvestre- 3 le Cotonnier de Siam franc, Xylon sativum filo croceoj 4 I e Cotonnier de Siam btard , Xylon spurium filo croceo$ 5 le Cotonnier de Siam blanc, ou Cotonnier de soie , Xylon bombicum; 6 le Cotonnier de Gallipoli , Xylon filo aspero; 7 le Coton- nier samblas ; 8 le Cotonnier de Cayenne , etc. Quoi- que l'industrie ait acclimat ce prcieux arbrisseau en Europe , nanmoins le Cotonnier se plat de prfrence dans les pays chauds, depuis le 3o e deg. de latitude jusqu' la ligne. Les terres arides , sablonneuses , rocailleuses , lui conviennent*, il vient galement en plaine et dans les mornes. Toutes les expositions lui sont favorables , except celle du vent du nord, qui, pour peu qu'il soit violent , dessche et brle ses fleurs et ses feuilles. Le Cotonnier , dont le produit est si recherch dans le commerce , vient de graines. Voici comment aux co- lonies amricaines on procde sa culture. Au mois de juillet on sarcle le terrain qu'on lui destine , et qu'on arrose au moyen de batardeaux dont toutes les habita- tions sont pourvues. On laisse sjourner l'eau pendant quelques jours , afin d'obtenir le limon que contenait l'eau qu'on dcante , pour ainsi dire , au moyen dune cluse. On plante le Coton en quinconce, huit ou dix pieds de distance, et lorsqu'on est loign des rivires, C 2ii ) la moindre pluie suffit pour le faire sortir de terre. Au bout d'un mois environ on le sarcle , et l'on a soin de ne laisser que deux ou trois tiges par souche. Lorsque cet arbrisseau a atteint la hauteur de quatre cinq pieds , on l'arrte , afin de faire refluer la sve dans les bran- ches collatrales , qui sont celles qui donnent le plus de gousses. Il faut surtout rompre les branches verticales qui sont gourmandes et absorbent la sve sans jamais rien produire ^ on arrte mme ses branches latrales , quand elles donnent trop de verdure. Ces retranchemens multiplient les branches et procurent l'arbrisseau une plus grande fcondit. Si la saison a t favorable , on rcolte les gousses de Coton aprs six mois de son semis. La rcolte dure trois mois-, lorsqu'elle est acheve, on coupe l'arbrisseau au pied par un temps de pluie , et la souche produit des rejetons qui portent plus prompte- ment du fruit que par les semis. On doit cueillir le Coton par un temps bien sec, car l'humidit le ferait fermenter, et la graine germerait. On procde ensuite son pluchage pour sparer le duvet d'avec la graine. Pour cet effet on emploie une machine ou moulin coton, compose de deux rouleaux de bois dur , d'environ quinze pouces de longueur sur un pouce de diamtre , cannels dans toute leur lon- gueur , et poss horizontalement l'un sur l'autre. Une Ngresse, en prsentant une poigne de Coton, met en mouvement la machine au moyen d'une manivelle que fait agir son pied. Alors les rouleaux tournent sur l'axe dans un sens contraire. Ils sont assez loigns pour lais- ser passer le Coton qui est attir par le mouvement de rotation , et trop serrs pour laisser passer les graines qui tombent aux pieds de la JNgressc mouliniere , tandis ( M ) que le ( loton lamin est reu au ct oppos , dans un s;ic ouvert. Une bonne ouvrire pluche par jour vingt vingt-cinq livres de Coton brut, ce qui donne le tiers de net. Lorsque le Coton est dbarrass de ses- graines, on l'einballe , et voici comment. On suspend en Pair un sac de grosse toile , de six sept pieds de hauteur; ou le mouille , afin que le Coton s'y attache et ne glisse point. Un Nre entre dans le sac, y foule le Coton avec ses pieds, avec une palette en bois de gayac , et mme une pince de fer. Lorsque la premire couche est suffisam- ment foule , on en ajoute successivement une autre. Pendant l'emballage , un autre Ngre a soin d'arroser le sac avec de l'eau. Sans cette prcaution, le Coton las- tique ne serait point arrt , et remonterait malgr le foulage. L'opration finie, on coud solidement le sac, et on pratique aux quatre coins des tranglemens ou poi- gnes, pour pouvoir le manoeuvrer. C'est ce qu'on ap- pelle balle de colon. Elle pse ordinairement de trois cents trois cent cinquante livres. La culture du Cotonnier est souvent endommage par divers insectes qui se succdent. Les vers , les cloportes, divers scarabes pntrent en terre jusqu' la graine qui n'est pas encore dveloppe , et rongent la substance at- tendrie par un commencement de vgtation. Les grai- nes chappes au premier danger produisent bientt de jeunes plants que les criquets ou grillons attaquent pen- dant la nuit , tandis que les jeunes feuilles sont dvores pendant le jour par des diablotins, espce de hanneton. Les chenilles printanires paraissent aprs pour dvo- rer ce qui a chapp la voracit des diablotins. Les pieds de Cotonniers qui n'ont pas t dtruits par ces insectes - . ( 2l3 ) s'lvent en trois mois la hauteur de vingt pouces. Alors deux autres ennemis redoutables l'attaquent ; ce sont le maoka, ver blanc , ou larve du hanneton, et ce qu'on appelle aux colonies Ycrevisse. Cet insecte nat d'une mouche qui pique lcorce , y dpose un oeuf d'o sort un petit ver en spirale , ce qui probablement lui a fait donner le nom d'ecrevisse. Ce ver, ds sa nais- sance , ronge la partie ligneuse du Cotonnier, qui de- vient chancreux en cet endroit , ce qui affaiblit telle- ment cette partie, qu'elle devient fragile et se rompt sous le moindre coup de vent. Ce n'est pas tout encore : le Cotonnier , prserv de tant de calamits , se couvre de fleurs que les punaises vertes viennent attaquer 5 elles sont quelquefois en si grand nombre qu'elles font avorter les fruits ; souvent aussi les pucerons affament l'arbre qui languit, devient strile et quelquefois prit. Les punaises rouges ou noires attendent que la coque du Cotonnier s'ouvre pour en sucer les graines qui sont encore vertes et tendres. Ces graines, moiti dvo- res, passent en s'aplatissant ou s'crasant entre les cylindres du moulin -, le Coton se trouve tach par les excrmens huileux de ces insectes , ce qui oblige de le mettre au rebut. Mais les ennemis les plus redoutables pour une coton- nerie sont , sans contredit , les chenilles Coton et leurs papillons. Les chenilles se jettent parfois en si grande quantit sur le pied des Cotonniers, qu'en vingt-quatre heures ils sont dpouills de leur feuillage. C'est quel- que temps aprs qu'on voit pendant plusieurs jours , de- puis le matin jusqu'au soir , des myriades de ces papil- lons signaler leur passage sans interruption : le ciel en ( 4 est comme obscurci. Les rats aussi drobent du Coton pour la construction de leurs nids. L'habitation de l'Etable Hati , o je rsidais, pro- duisait les Cotons les plus renomms. Ils devaient leur qualit suprieure aux soins de leur manipulation : aprs avoir fait passer au moulin le Coton, on le battait sur une claie ou tranaille pour le purger de toutes les impurets et de la poussire. On fait usage aux Etats- Unis d'Amrique d'une machine plucher le Coton qu'on appelle machine hrisson , qui parat conomiser les frais de manipulation. Les graines du Cotonnier empoisonnent les porcs qui en mangent , tandis qu'elles engraissent les bufs et les moutons qui en sont friands. Elles fournissent une huile sans odeur. Caractres physiques. Le Cotonnier des Indes est un arbrisseau mdiocre qui , en libert , s'lve douze ou quinze pieds, et dont la tige subsiste pendant plusieurs annes. Son tronc a trois ou quatre pouces de diamtre:, il est trs-branchu et rameux. Son corce est mince , unie, verte d'un ct et rougetre de l'autre, marque de petits points noirs. Son bois est tendre , blanc , lger; les jeunes rameaux sont pubescens et un peu lanugineux vers leur sommet 5 ses feuilles sont amples , alternes , lisses , d'un vert fonc en dessus :, blanchtres et garnies d'un duvet rude en dessous*, divises en trois ou cinq lobes. Chaque lobe est termin par une pointe , et tra- vers par une cte saillante. Ces ctes se runissent l'insertion du ptiole 5 celui-ci a six pouces de longueur. Le diamtre de la feuille est de quatre cinq pouces. Les fleurs naissent sur les rameaux dans la partie oppose ( 215 ) aux feuilles ; elles sont monoptales , portes sur un ca- lice dcoup en cinq segmens frangs , d'abord de cou- leur vert-pomme, puis uni, de diverses couleurs la maturit de la coque. Les fleurs sont d'un jaune soufr ; l'onglet de chaque ptale est marqu d'une tache pourpre. Ces fleurs d'abord contournes , puis panouies , se re- ferment en volute , et se resserrent en se fltrissant , et elles ne se dtachent du fond du calice que lorsqu'elles sont entirement fanes : c'est pour arriver ce terme qu'elles subissent diverses nuances. Le centre de la fleur est occup par un petit corps pyramidal environn d'- tamines trs -petites dont le sommet est jauntre. Le pistil , plac au fond du calice , et fcond par la pous- sire des tamines , se change en un fruit ovode ou coque de la grosseur d'une forte noix , divise en plusieurs loges, spares par des cloisons, et contenant depuis cinq jusqu' neuf graines d'un brun fonc , oblongues , arrondies , olagineuses , de la grosseur d'un petit pois, environnes d'un duvet ou flocon d'une blancheur parfaite , et qu'on nomme Coton. Ces flocons se gonflent et dbordent de toutes parts lorsque la maturit fait clater la capsule. Ce fruit s'ouvre de lui-mme lorsqu'il est mr*, c'est alors qu'on voit dans les cotonneries des nappes d'un blanc blouissant contraster agrablement avec la verdure qui les environne. Analyse chimique. Les fleurs fournissent du mucilage, et les graines une huile jauntre , coulante , rancissant facilement-, elle procure un savon solide, et se dissout dans a5 parties d'alcool froid, et dans dix chaud. Puotrits MmciNALES. Les fleurs, les graines et les ( '6 ) feuilles du Cotonnier sont recherches dans tous les cas o les molliens et les mucilagineux sont prescrits. On fait usage de la graine dans les maladies du poumon , depuis deux gros jusqu' quatre, dans une chopine d'- mulsion, qui alors devient expectorante. Gomme elle possde une vertu lgrement astringente , on l'emploie dans la dyssenterie et les cours de ventre. On la prescrit quelquefois dans l'hmoptysie. J'ai prouv plusieurs fois, dans les hpitaux dont j'avais la direction, que les bourgeons du Cotonnier sont diurtiques tant pris en tisane et en bains. Les fumiga- tions de graines de Coton prsentent un fondant d'une efficacit prouve dans les tumeurs blanches et l'arthro- dynie.Les Ngres nouvellement arrivs d'Afrique, avec la superstition de leur pays , se ceignent les articula- tions de bracelets de Coton pour dtruire les douleurs rhumatismales. La graine du Cotonnier augmente , dit-on, la scrtion du lait des nourrices. Mode d'administration. La dose des fleurs est d'un gros pour une livre d'infusion -, celle des feuilles d'une poigne pour deux livres de dcoction ; celle des graines depuis deux gros jusqu' quatre. EXPLICATION DE LA PLANCHE DEUX CENT SOIXA.NTE- DIX-HUIT. La plante est rduite au tiers. i. Graine. /y. j~.> y'Aeodore iWw/ff^A. J*i7t.t //VrV Jrt/fr ISA "DAMIER DE MAL AU Ail ( 5I 7 ) ^^.A\V^^AiVVVV\VV%VVVVV\VV>\A^A/\^\A^VV^(VV%V-"> BADAMIER DU MALABAR, ( Bchique adoucissante. ) Synonymie. Vulg. Amandier des Indes. Terminalia ca- tappa , Lin. Polygamie Monocie. Jussieu , famille des Chalefs. Terminalia foliis obovatis,crenulatis, subts to- mentosis. Poiret. Adamaram. Rheed. Mal. 4 > p 5 ; tab. 3 et 4* Raj. Hist. , i65o. Amygdalus indica. Nieuh. Raj. Hist. , 25i. Aristotelia periplatea nobis. Rbeed. Chiba en malabarois. Caractres gnriques des Chalefs. Arbres fleurs incompltes , de la famille des Chalefs , dont les feuilles viennent plusieurs ensemble aux noeuds des branches disposes en rosettes ou en manire de verticilles. Fleurs ayant un calice d'une seule pice , demi-divis en cinq coupures ouvertes en toiles , color , en tube ; corolle nulle } tamines dfinies , attaches au sommet du tube ; ovaire infre 5 un style -, un drupe ou une baie monosperme \ tiges ligneuses. Caractres particuliers des Badamiers. Fleurs poly- games, monoques : les mles ont le calice ouvert, cinq divisions et dix tamines $ les hermaphrodites : ca- lice idem; un style subul ; un drupe comprim , carn, ( "-'3 ) contenant un noyau nionosperme -, fouilles comme ova- les , duvetes en dessous. Histoire naturelle. Un botaniste fait driver le mot terminalia de termo , limite , parce que les feuilles des Badamiers ne viennent qu' l'extrmit des branches. Quoique cet arbre ne soit point indigne aux Antilles, on l'y rencontre nanmoins si souvent cultiv pour la beaut de son feuillage et de l'ombrage qu'il procure, que j'ai cru devoir en donner ici l'histoire et les propri- ts. Il en existe deux magnifiques l'hpital des Pres , non loin de la ville du Cap Hati. Les insulaires de l'A- mrique confisent les jeunes fruits , et servent les aman- des sur les meilleures tables. Le Badamier semble avoir t form pour donner de l'ombrage. Il s'lve comme une belle pyramide compose de plusieurs tages bien spars les uns des autres } on pourrait , dans leurs inter- valles , construire des cabinets charmans : son feuillage est beau. Il donne quelques amandes d'un assez bon got. Les arbres fruitiers d'Europe , qui donnent des fruits mous , sont d'une hauteur mdiocre , afin , dit l'auteur de Paul et Virginie , qu'ils puissent tomber terre sans se briser. Au contraire , ceux de l'Amrique qui portent des fruits durs comme le coco, etc. , sont fort levs, parce que leurs fruits , en tombant , n'ont rien ris- quer. Caractres physiques. Le Badamier est un trs-grand et trs-bel arbre , d'une forme pyramidale , et qu'on peut comparer , pour la direction de ses branches pal- mes , au cdre du Liban. Il se plat dans les terrains ( 2I 9 ) sableux; son bois est blanc, trs-dur-, son corce est lisse , gristre en dehors , rouge en dedans 5 les feuilles sont ovodes ou ovales-oblongues , largies vers leur sommet , ou elles sont arrondies , avec une pointe courte qui les termine , denteles en leurs bords , vertes et lisses en dessus, velues , et d'un vert jauntre en des- sous , et soutenues par des pdoncules courts , velus et rougetres. Elles sont disposes en rosettes ou en ma- nire de verticilles ; les fleurs sont petites., inodores, d'un vert blanchtre , et disposes en grand nombre le long de plusieurs grappes simples et menues qui nais- sent entre les feuilles. Chaque fleur est presque sessile , et nat dans l'aisselle d'une petite bracte ovale pointue , concave et caduque. Les pdoncules communs qui for- ment les grappes ne sont pas tout--fait aussi longs que les feuilles. Les fruits ont une coque elliptique un peu comprime , cymbiforme , et rougetre dans leur matu- rit. Cette coque renferme un noyau oblong , trs-dur, une loge , et qui contient une amande blanche dont le got approche de celui de l'aveline ou de la noisette. Analyse chimique. Les amandes du Badamier con- tiennent une huile grasse , coulante , et qui ne rancit jamais 5 de la gomme , un sucre qu'on ne peut faire cris- talliser $ de l'albumine , de l'eau , etc. Proprits mdicinales. Ces amandes ayantabsolument les mmes proprits que celles d'Europe, on les em- ploie aux mmes usages et dans les mmes circonstances. Les Indiens du Malabar et les naturels des Antilles ajoutent au riz le suc des feuilles , dans l'espoir de tem- prer l'acrimonie de la bile , et d'arrter les cphalal- ( l'i.O ) gies et les coliques qui accompagnent les indigestions. Ces mmes insulaires font avec le suc des jeunes feuilles et le lait des amandes un onguent contre la lpre, les dartres, le prurigos et autres affections cutanes si fr- quentes sous une atmosphre charge de principes salins. Les gurisseurs du pays appliquent les feuilles infuses dans l'huile de palmes pour gurir les abcs des amyg- dales. Le lait de l'amande est un trs-bon mulsif. Ils recommandent aussi , je ne sais pourquoi , les bains o Ton fait bouillir des feuilles du Badamier, comme pro- pres loigner les accs des maniaques. Quoi qu'il en soit, l'huile extraite froid , et mle au sirop de Char- pentier , est recommandable dans les toux opinitres , les tranches des femmes en couches, etc. , et dans tous les cas elle peut remplacer l'huile d'amandes douces d'Eu- rope. Mode d'administration. Douze amandes mondes de leur corce suffisent pour une musion de huit onces. L'huile se prescrit la dose d'une once pour une once de sirop de Charpentier. Dans les lavemens molliens on l'administre la dose de quatre onces. EXPLICATION DE LA PLANCHE DEUX CENT SOIXANTE- D1X-NETJF. La plante est rduite au tiers. . Fleur femelle. 2. Fleur maie. 3. Amande ouverte. /y. mSo, Yievtun'e 2}e*rc4>&/ r ft/^J > zrtir -Pere tTr/A. r- rvTisK r.vjA.v. ( " ) /VV\V\AiVV\^/V\\M CYTISE DES INDES. {Bachique adoucissante.) Synonymie. Vulg. Pois d'Angola , de Congo, des pigeons; Pois de sept ans, Ambrevade ; Cytise cajan. Cytisus cajan, Lin. Diadelphie dcandrie ; Juss. , famille des lgu- mineuses. Cytisus racemis axillaribus, ereclis, foliolis sublanceolatis, tomentosis; intermedio longis petiolato. Jacq. , Obs. 1 , p. 1. Cytisus frutescens sericeus. Plum. speet. 19. jCytisus arborescens , fructu eduli albo. Plum. vol. VI , p. 32. Phaseolus arbor indica , incana , siliquis torosis, Kajan Dicta. Raj. Hist. 1722. Phaseolus erec- tus, incanus, siliquis torosis. Pluck, tab. 21 3 , f. 3. Cy- tisus folio molli incano , siliquis orobi contortis et acutis, Burm. Zeyl. 80, t. 37. Laburnum humilius, etc. Sloan. Jam. His. 2 , p. 3i. En malabarois , Thora-Paeru. En carabe , Quingongi, Bipicaa, Ouandou. Caractres gnriques des Lgumineuses. Calice monophyle , souvent campaniforme 5 corolle polyptale rgulire ou irrgulire , de la forme d'un papillon ; dix tamines distinctes ou runies en deux faisceaux; un style ; un stigmate 5 une gousse. Feuilles alternes , sou- vent pinnes. Tome IV. 70* Livraison* 10, ( 222 ) Caractres partici liers nus Cytises. Corolle papillon- aace -, dix tamines monadelphes ou diadelphes; gousse bivalve une loge *, calice court ou allong deux lvres, la suprieure deux dents, l'infrieure trois-, corolle ailes et carne rapproches de l'tendard \ carne d'un seul ptale ; gousse polysperme , plus ou moins allonge , comprime , rtrcie la base et aigu. Feuilles trois folioles , lancoles , duvetes , l'intermdiaire plus lar- gement ptiole; grappes axillaires redresses. Fleurs jaunes. Histoire naturelle. Le mot Cjtis^ selon Pline, vient du nom d'une le. Ce pois utile se rencontre sur tous les terrains. On en mange les semences qui produisent beaucoup, sont d'une grande ressource sur les habita- tions pour les hommes et les volailles. La farine de ces pois produit une espce de sagou qu'on recherche pour la marine des Anglo- Amricains. On assaisonne ces pois comme les lentilles. Cahctres physiques. Le Cytise-Cajan est un arbris- seau de sept huit pieds, toujours vert, dont les ra- meaux sont stris , chargs de poils courts et blanchtres vers leur sommet; ses feuilles sont alternes, ptioles , composes de trois folioles lancoles, pointues, et dont la terminale est porte sur un ptiole propre plus long que dans les deux autres , et ayant leur base deux sti- pules arques. Ces folioles sont molles, douces au tou- cher, veloutes, et d'un vert gristre en dessus, vei- neuses, cotonneuses, et presque blanches en dessous ^ surtout dans leur jeunesse. Les plus grandes ont trois ( 223 ) pouces de longueur *, les fleurs sont jaunes , viennent dans la partie suprieure des rameaux , sur des grappes axillaires, pdoncules , un peu rameuses, et peu gar- nies \ leur calice est couvert d'un duvet court , lgre- ment rousstre , les gousses sont longues d'environ deux pouces, pointues, toruleuses ou enfles l'endroit des semences et interstices obliques. Les semences sont globuleuses , rousstres ou brunes , avec un ombilic , et quelquefois tout--fait blanches. Analyse chimique. On trouve , au moyen des pro- cds chimiques , que le pois contient une matire ex- tractive , lgrement acre et astringente \ de la gomme , de l'amidon, une substance glutineuse, de l'albumine et des parties fibreuses. Proprits mdicinales. On obtient des semences du Cytise-Cajan une farine rsolutive. Les bourgeons sont pectoraux, et la fleur galement bchique. Les feuilles bouillies et appliques sur les plaies les gu- rissent ; leur suc exprim froid est , dit-on , un puis- sant astringent contre toute hmorragie -, la dcoction des feuilles dterge les ulcres et apaise le prurit dans les affections cutanes. Poupe -Desportes recommande l'infusion des fleurs de pois Congo comme trs-pectorale, surtout si on lui associe celles du Franchipannier rouge. Mode d'administration. La dose des fleurs est dun gros par livre de liquide -, celle des feuilles d'une poi- gne pour une pinte de dcoction. La farine s'emploie ( feu ) dans tois les cas o Ton doit recourir aux cataplasmes rsolutifs. EXPLICATION DE LA PLANCHE DEUX CENT OTJATUE-VINGT. La plante est rduite moiti. 1 . Gousses. 2. Graine couverte et ombilique. 3. Graine dcouverte. /'/. 2& >.<>/ J'/n-odors 2}c'*>*corf/'/r/\. J J m*r JPef^e tfeua> CAltfM ANT INM PK r TOMALE ( 225 ) WWWVVV%W*WWVWWWVCWWV A* v\%vvvvvvvvvvv^vvvvv>^wvvvvvvvvvv^vvvvvvtvvvvvvvvv WWV* CARiMANTINE PECTORALE*. ( Bachique incisive. ) Synonymie. Vulgairement Herbe charpentier de Saint- Domingue. Justicia peetoralis, Lin. Diandrie monogynie. Juss. , famille des Acanthes. Justicia herbacea, foliis lanceolatis , spicis tenuibus, paniculatis, calice simplici. Poiret. Justicia pectoralis , Jacq. Amer. 3 , tab. Rivina minor et humilis racemosa , baccis puniceis, Plumier. En carabe , Coyekoyety. Caractres gnriques des Acanthes. Calice persis- tant , dcoup en plusieurs parties ; corolle monoptale , presque toujours irrgulire ; quatre tamines didyna- mes , rarement deux 5 un style , deux stigmates , rare- * La culture de cette plante en Europe exige la serre chaude, une terre franche, mle moiti de terreau trs- consomm; des pots pas trop grands, afin que les racines y soient un peu gnes. Tome IV. 7 I e Livraison. 20 ( 226 ) meut un sol-, capsule supre, deux loges polysper- mes 5 deux valves longitudinales , s'ouvrant avec las- ticit ; cloison oppose aux valves. Caractres particuliers des Carmantines. Fleurs monopctalces; calice cinq divisions } corolle deux lvres , tube bossu -, deux tamincs , un style *, stigmate simple 5 capsule bivalve , s'ouvrant avec lasticit } une ou deux loges mono ou dispermes. Feuilles simples et opposes 5 fleurs axillaires ou terminales. Histoire naturelle. Houston a consacr ce genre James Justice , amateur cossais. Cette plante prcieuse est employe par les dames croles pour prparer le sirop de charpentier; elle se multiplie par boutures en terrines dans la tanne. Elle fleurit difficilement en France -, il lui faut un grand soleil et continuellement de l'eau. En hiver, les arrosemens doivent tre plus rares, mais la terre abesoin d'tre toujours humide. On en lve de plusieurs espces dans les serres du chteau de Voisin, appartenant M. le comte de Saint-Didier. Elles y prosprent , et doivent leur belle vgtation aux soins de M. le chevalier Soulange Bodin qui les a fournies. Cette plante vient naturellement Saint-Domingue et la Martinique. Caractres physiques. La Carmantine pectorale est une plante tige herbace , glabre , haute de deux trois pieds, menue, quadrangulaire , noueuse et rameuse. Les feuilles sont ovales, aigus, glabres et entires. Les rameaux sont sinueux et disposs en zig-zags \ les fleurs ( ^7 ) sont petites , rougetres , disposes sur des pis grles , diviss, paniculs , qui terminent la plante , et sortent des aisselles des feuilles suprieures. Les fruits viennent engrappes droites, ils sont sphriques et d'un rouge-brun. Analyse chimique. On trouve dans les fleurs , la tige et les fruits mrs , un principe saccarin , un autre salin, et un arme trs-suave. Proprits mdicinales. La Carmantine pectorale qui entre et fait la base du sirop d'herbe cliaiy entier , est trs-reclierclie aux Antilles comme plante mdicinale. Le sirop qu'elle produit , ou plutt qui porte son nom , est trs-agrable , bchique et stomachique. Poupe-Des- portes , dans sa Pharmacope amricaine , donne la for- mule suivante d'un cataplasme mollient et rsolutif, dans lequel entre la Carmantine : Prenez feuilles de gombo , d'absinthe btarde , de pois puant , de ver- veine bleue , de morelle et d'herbe charpentier de Saint-Domingue , de chacune deux ou trois poignes } faites -les cuire dans de l'eau commune jusqu' ce qu'elles soient bien tendres \ passez au travers d'un ta- mis , et prparez-en un cataplasme. On peut y ajouter les feuilles de callebasse musque, de tabac vert, et des diffrentes sauges du pays. La Carmantine pectorale, dont le sirop est tant vant pour les maladies de poi- trine , offre aussi un excellent vulnraire et un rsolu- tif. C'est par cette vertu incisive que la Carmantine at- tnue , divise , liqufie cette lymphe paisse qui engoue l'organe pulmonaire. Ce sirop convient dans les toux opinitres et l'asthme. 20* ( ->- 28 ) Mode d'administration. L'infusion se fait comme celle da tli , c'est--dire qu'on emploie une pince de la plante pour une demi-livre d'eau. Pour le sirop on en prend deux fortes poignes par pinte. EXPLICATION DE LA PLANCHE DEUX CENT QUATRE-VINGT-UN. I. Fleur. //. ** 1 fu-otLrre: Descour Zx.Z'uc Peret? J'ra/p *;kraimk TritKRKrsE. v ( *9 ) tWVWWUVWW fVVVW/WW\3 7 ) breuses , et garnies d'un grand nombre de trs-petites Heurs soyeuses et blanchtres. Une mme tige ne fleurit qu'une fois. Analyse chimique, Le Yeso contient beaucoup d'eau, du sucre cristallis , du sucre incristallisable , de la gomme , du ferment , de l'albumine ou fcule verte -, plu- sieurs sels , du ligneux. Le Veso tourne promptement la fermentation acteuse et alcoolique. L'oxigne forme la base du sucre cristallis. Proprits mdicinales. Le sucre est trs-nutritif, il est bchique et adoucissant} sa solution aqueuse soulage les douleurs arthritiques et calculeuses. On remploie comme base des sirops . dans les affections de la vessie et de la poitrine \ comme anti-septique il est d'un puis- sant secours dans les maladies putrides ou adynamiques , le scorbut, etc. C'est un excellent vermifuge , il neutra- lise compltement l'action dltre du vert-de-gris , tant pris en poudre ou en solution aqueuse ; appliqu l'ex- trieur en poudre , il est dtersif et lgrement cathr- tique. J'ai vu aux Antilles des pourritures d'hpital gu- ries trs-promptement par l'application du sucre brut : il convient par consquent dans la cure des ulcres ato- niques, celle des gerures chroniques des seins lors- qu'elles sont peu douloureuses -, en insufflation sur les ul- cres et les taies de la corne. Sa solution se prescrit en gargarisme et contre les aphthes, tandis qu'en ciystres elle relche le gros intestin. Il est faux que le sucre nuise la sant , l'usage immodr qu'on en fait aux colonies rfute victorieusement cette supposition. Le sucre sert masquer l'amertume et le got nauseux de certains ( 2 38 ) mdicamens; il favorise la trituration du camphre et autres drogues dilliciles mettre en poudre. Il entre dans la confection des conserves , des ptes , des pas- tilles, des sirops, des tablettes, etc. Les bains de guldives ont souvent opr des miracles dans les paralysies et les affections rhumatismales chro- niques. Le savon noir et le tafia runis forment un lini- inent avantageux dans les mmes circonstances. EXPLICATION DE LA PLANCHE DEUX CENT QUATRE-VINGT-TROIS. La planche est rduite au quinzime de grandeur naturelle. i. Nuds du bas. 2. Lpillet dtach d'un panicule. 3. Fleur entire grossie. PL 3'netnfoit S-jvwmJ/'cA.r . AfiAViK KAKATAS. ( ^9 ) VM VV\ XV%lV\A l\\WV\W\ 'WX'VWVVX'VWVVX MAiVVVWW*VMM>MW*WWW'VV>'VWVVVVWWIW> XX\ (WW XX\ \W/V\A WWWW*'W VIA 'VXrt W\V\A vv v-v vv v\* ADIANTHE DU CANADA. ( Bchique incisif. ) Synonymie. Vulg. Capillaire du Canada. Adianthum peda- tum , Lin. Cryptogamie. Juss. , famille des Fougres. Adianthum americanum. Com. , p. 6. Tournef. , 543. Pluk. , tab. 124, fig. 2. Mors. Hist. 3 , p. 588, sect. i4> tab. i5, fig. 12. En anglais , Maiden-Hair , Venus-Hair. En espagnol, Culantrillo de Pozo. Adianthum adian- tho canadensi simile. Poupe-Desportes. Caractres gnriques des Fougres. Jeunes feuilles roules; capsules trs-petites, membraneuses, souvent entoures d'un anneau lastique ou recouvertes d'un tgument , groupes sur la surface infrieure des feuilles ou sur leurs bords. Caractres particuliers. Capsules recouvertes d'un tgument*, fructification en lignes distinctes, places /Y.*8. f/i.,i,/,'tc /K\<, -<;/// // Pt/tr, AlliAlVTfc Or rA^'AOA ( a5i ) sur le bord des feuilles pdiformes 5 folioles pinnes ; pinnules gibbeuses , incisives , charges de fructifica- tions. Histoire naturelle. Le mot Adicinthum est driv du grec AVV\ VV*'WVV\'WVVVVV\ V>W>VWW> VV /(WWW ADIANTHE TR APZIFORME. ( B chique incisif. ) Stnonymie. Adianthum trapeziforme , Lin. Crypte-garnie. Juss. , famille des Fougres. Adianthum ramosius , pedi- eulis lucidis et nigris. Plum. fil. 78, tab. 9-5. Sloan. Jam. Hist. 1 , tab. 59. Pluk. , tab. 254, f- 1. Caractres gnriques. Plante de la famille des Fou- gres, et dont le caractre distinctif est d'avoir la fruc- tification dispose en taches terminales , et situes sous le bord repli des feuilles. Caractres particuliers. Fructification dans des ma- cules terminales , sur la marge replie des feuilles ; feuilles sus - dcomposes 5 folioles alternes 5 pinnules rhombodes, incises, fructifiantes des deux cts. > Histoire naturelle. L'Adianthe trapeziforme a les mmes vertus , et remplace trs-convenablement le Ca- pillaire du Canada. On en fait un sirop trs-agrable , et qu'on emploie aux mmes usages. /y * . ;//////, \ y j //i,r , /V/w* dfU&i \M\?i 9 V*\ TRAPEZIFORME ( *55 ) Caractres physiques. Les feuilles de ce Capillaire s'lvent ia hauteur d'un pied ou dix-huit pouces. Leur ptiole est d'un beau noir, trs-lisse, luisant, dur, et souvent ramifi dans sa partie suprieure 5 ses der- nires ramifications sont capillaires , et soutiennent des folioles alternes, ptioles , et en trapze ou un peu en losange. La fructification se dveloppe sur les deux bords suprieurs qui sont crnels et lgrement inciss. Analyse chimique. Ce Capillaire , ainsi que celui du Canada, fournit du mucilage, un arme, un principe lgrement amer et styptique. Proprits mdicinales. L'Adianthe trapziforme ayant les mmes proprits que celui qui prcde , nous croyons inutile de les rappeler 5 nous ajouterons nan- moins qu'on l'emploie avec avantage dans les maladies des reins , dans la jaunisse , dans les affections du foie et du msenthre ; il donne de la fluidit au sang en dis- solvant les matires visqueuses qui contrarient la circu- lation. On voit d'aprs cela que l'Adianthe trapziforme est apritif, diaphortique , hpatique, et mme hyst- rique puisqu'il rappelle le flux suspendu des menstrues. Le clbre Fourcroy a fait connatre le meilleur procd employer pour la confection du sirop de Capillaire , et qui peut servir de modle pour celui de l'Adianthe trapziforme. Prenez , dit-il , une once de Capillaire le mieux conserv et le plus odorant ; faites-le infuser , pendant douze heures, avec quatre livres d'eau bouil- lante, dans un vaisseau ferm 5 passez la liqueur avec expression ; battez quelques blancs d'oeuf avec cette in- ( a56 ) fusion , et dlayez-y quatre livres de cassonade ; versez cette masse paisse dans le reste de la liqueur; agitez bien le mlange -, soumettez-le l'bullition ; cumez deux ou trois reprises -, faites cuire jusqu' ce que le sirop se ride lgrement dans une cuiller, en soufflant sa surface ; coulez le tout bouillant sur du Capillaire hach dans un vase que vous clorez bien-, et quand il sera re- froidi , passez-le au travers d'une tamine , et renfermez- le dans les bouteilles. Ce sirop facilite l'expectoration , et diminue la scheresse et la violence de la toux. Mode d'administration. Voyez ci - dessus l'article Ca- pillaire du Canada. explication de la planche deux cent-quatre- vingt-sep t. Le dessin est rduit moiti. ' i. Feuille grosse, dont les bords festonns retiennent des capsules. 2. Tige et racines. 7'AtVire /K'^rourfi/K /*m.c Peree i>\'ufi>- UOItADILLK TKAI*SlAKKiVT.K . ( **7 ) %\^VVVVV\/V\AA'>VV\VVvVW^>\\^V\^\rta/V\W*^^ f*e/-es V\* WVVV\\YV\ViWVWW\i'W> VV MWWW W< *V%W* W*IVW\ W> MM\HWW\VMW\\\'WV INULE A FEUILLES DE PRIMEVERE ( Be chique incisive. ) Synonymie. Vulg. Aune. Inula primulaefolia. Lin. Syng- nsie polygamie superflue. Tournef. Radies. Juss. Corym - bifres. Subts incanis. caule multifloro. Poiret. Aster primulveris folio, flore luteo. Plum., Cat. Miss., vol. 4> t. 68. Burman. Amer., t. 4o, f. 1. Aster americanus, primulveris folio, flore luteo amplo , calyce crasso. Tour- nefort, 438. Helenium bellidodis foliis , asphodeli ra- die. Vaill. Act. 1720, p. 3o5 , n Q 26. Hieracium Raj. Caractres gnriques. Plante fleurs composes, de la division des Corymbifres ; herbe feuilles simples et alternes, et fleurs terminales, le plus souvent dispo- ses en corymbe. Fleurs radies, demi-fleurons nom- breux, constamment jaunes \ la base des anthres mu- nie de plusieurs filets libres ; calice embriqu 5 rcep- tacle nu -, aigrette simple et sessile. Tome IV. 73 e Livraison . i3 ( 262 ) Caractres particuliers. Feuilles spatules, duvetes en dessous. Histoire naturelle. C'est le P. Plumier qui a trouv le premier cette jolie radie Saint-Domingue , dans les prs montueux du quartier de Logane , vers le lieu ap- pel Fond de Baudin. Caractres physiques. Sa racine est compose d'un faisceau de fibres charnues, allonges, garnies de fibrilles, et disposes comme les tubrosits de l'Asphodle. Du collet de ce faisceau naissent plusieurs feuilles oblon- gues, obtuses, spatules, crneles, d'un vert ple en dessus , lgrement blanchtres en dessous , semblables celles de la Primevre , et disposes en touffe. Il s'- lve entre ces feuilles quelques tiges droites , hautes de six ou sept pouces , munies de feuilles alternes , sessiles , spatules, crneles, semblables celles de la racine, mais plus petites , et crnelures un peu plus profondes. Chaque tige porte plusieurs fleurs, les unes termi- nales , et les autres situes dans les aisselles des feuilles suprieures , sur des pdoncules courts. Ces fleurs sont jaunes, radies, calice ovale, un peu ventru, et demi -fleurons courts et trs-nombreux. Analyse chimique. Les racines, traites par l'eau , produisent, par l'vaporation de 3o, quatre onces par ( *63 ) livre de substance, d'un extrait d'abord pillulaire , et qui devient solide. Elles donnent l'analyse une huile volatile, une matire extractive uu peu amre, une autre odeur de camphre, des parties gommeusesj, de l'inuline , des sels base de potasse et de magnsie , et une partie ligneuse. Proprits mdicinales. On emploie les racines fra- ches en dcoction dans les tisanes ou apozmes bchiques. Cette prparation soulage la dyspne des asthmatiques et des pulmoniques. La conserve se prescrit avec avan- tage pour faciliter les digestions lentes et pnibles , et comme absorbante elle remdie aux aigreurs que dve- loppent les acides des premires voies. On regarde cette racine comme fondante , et elle est aussi trs-souvent employe par les matrones des colonies comme hyst- rique , pour rappeler les rgles et les vidanges suppri- mes. L'infusion de cette racine dans le vin blanc avec addition de limaille, produit un trs-bon emmnagogue et un apritif contre la chlorose ou les ples couleurs. Certains gurisseurs amricains remploient dans les affections cutanes et comme rsolutive. D'autres , plus hardis, vantent sa prcellence dans des bains d'une forte dcoction des feuilles pour le traitement du ttanos , de la cachexie des Noirs, et autres maladies chroniques ; mais je n'ai pas eu occasion de reconnatre ces dernires pro- prits. Mode d'administration. La dose de la racine en n3 ( *4 ) substance et sche est d'un deux gros par pinte d'eau, Celle de la conserve est d'une once. EXPLICATION DE LA PLANCHE DEUX CENT QUATRE-VINGT-NEUF La plante est rduite au tiers. 1. Fleuron hermaphrodite, 2. Fleuron femelle. //. zoo. 7/t, <*./.>'<' /A'..r,'.'f ::/'. /',' ;.r /','/<: iJctt&i BjrCO <;itlMIA.XT ( 265 ) \/VVVVVVV*^^iVVt'VV*IVV>*W*toVV\^VVVVVVV>AA*/VV*'VVVVV*W^ BEJUCO GRIMPANT. ( Bchique incisif. ) Synonymie. Hippocratea scandens , Lin. Triandrie monogy- nie. Juss. , Famille des Erables. Hippocratea volu- bilis, Lin. Jac. Amer. 9, t. 9. Coa scandens, fructu trigemino , subrotundo. Plum. Gen. 8 , icon. 88 Bjuco pendulus, floribus paniculatis. Lfl. it. 3i4- 9 Caractres gnriques des Erables. Fleurs herma- phrodites ^ dioques, monoques ou polygames; calice cinq divisions; corolle quatre ou cinq ptales; tami- nes dfinies ; un style ; une capsule plusieurs loges ou plusieurs capsules runies^ supres. Tiges ligneuses-, feuilles opposes. Caractres particuliers des Hippocrates. Calice trs-petit, cinq divisions; cinq ptales concaves ^ et comme deux loges leur sommet ; trois tamines lar- gies; un style simple; trois capsules obtuses , compri- mes , uniloculaires , bivalves , quatre et cinq graines , ailes d'un ct. ( Vivace ). M. ( 9.GG ) Histoire naturelle. Cette plante grimpante, d'un aspect peu clatant, porte des fleurs et des fruits aux Antilles dans le mois de fvrier. On la rencontre fr- quemment et en grande quantit, dit Plumier, prs du chemin qu'on appelle vulgairement Hati le Tapiou du Petit Goave. 11 est digne de remarque que les semences volatiles sont en beaucoup plus grand nombre que dans les autres espces 5 et en cela on doit admirer les soins (1 une Providence qui a tout prvu. Les lieux levs pour lesquels elles sont destines seraient exposs tre bien- tt dpouills de vgtaux par la pente de leur sol et par les pluies qui tendent sans cesse les dgrader. Au moyen de la volatilit des graines , ils sont devenus les lieux de la terre les plus abondans en plantes : c'est sur les montagnes que sont les trsors des botanistes. Caractres physiques. Le Bjuco est un arbre sar- menteux qui grimpe et se soutient sur les arbres qui sont prs de lui, sans s'entortiller autour de leur tronc, et qui jette de longues branches cylindriques, pliantes, garnies de rameaux opposs , et feuilles. Ses feuilles sont opposes , ovales , lancoles , lgrement dentes en leurs bords , un peu luisantes , et portes sur des p- tioles courts. Ses fleurs sont petites, inodores, d'un jaune verdtre , et disposes en corymbes axillaires, sur des pdoncules communment plus courts que les feuilles. Elles consistent en un calice d'une seule pice , petit , color , caduc et partag en cinq dcoupures arrondies et trs -ouvertes ; en cinq ptales plus petits que le ca- lice , ovales , obtus , planes leur base , et concaves ( 267 ) vers leur sommet , o ils semblent presque biloculaires 5 en trois tamines de la longueur de la corolle, et dont les filamens largis leur base, insrs sur le rceptacle du pistil et en alne , soutiennent des anthres larges , chancres aux deux bouts , et partages par un sillon transversal $ en un ovaire suprieur , ovale , port sur un disque avec lequel il fait corps , et surmont d'un style simple de la longueur des tamines , que termine un stigmate obtus. Le fruit est compos de trois capsules obtuses, ou un peu en coeur ^ comprimes, uniloculaires et bivalves. Chaque capsule renferme environ cinq semences, mu- nies chacune d'une aile membraneuse et oblongue. Analyse chimique. On obtient de toute la plante un extrait mou qui contient beaucoup de mucilage , du tan- nin et un principe amer. Proprits mdicinales. Le Bjuco est estim b- chique incisif aux Antilles , et particulirement Hati , la Martinique et Carthagne \ mais je ne puis confir- mer ses vertus mdicinales , n'ayant point eu l'occasion de m'en servir. C'est tort , je crois , qu'on lui attribue la Martinique une vertu capable de neutraliser le venin de la grande vipre trigonocphale que l'on appelle fer de lance j le fait suivant prouve que l'on ne doit point se reposer uniquement sur les vertus de cette plante en pareil cas. Au mois de fvrier i8i5, dit M. Moreau de Jonns , un jeune Ngre qui gardait des bestiaux aux environs du fort Bourbon , fut piqu dans la partie inf- rieure de la jambe par un serpent dont le croc pntra ( ^68 ) une profondeur de plus d'un pouce. Il fut pans, quel- ques minutes aprs ce cruel accident, avec ujBjuco^ et on lui en fit prendre intrieurement ; mais, malgr ce spcifique vant, la jambe, dont le sang avait d'abord jailli abondamment, enfla dune manire prodigieuse; elle fut spbaclc en quelques instans , et la mort sur- vint au bout de quelques heures. EXPLICATION DE LA PLANCHE DEUX CENT QUATRE-VINGT-DIX. Le dessin est rduit de moiti. 1. Calice panoui. 2. Corolle dont les ptales sont rapprochs. 3. Ovaire entour des trois tamines. 4 Capsule entr'ouverte , laissant apercevoir les graine* ailes. /'/. Se ''/' //?rt,/v,' /K\^\\*{(r,'//\ / 7 m.r . J*eree Jcnfy ADA.\ SUIVIE Df OIT.EK . ( &,) AA/VVVvW^V\IVV\AAA/VVlVV'VV^VV* ADANS0N1E DIGITE. ( Bchique incisive. ) Synonymie. Vulg. Baobab , Pain de singe. Adansonia digi- tata, Lin. Monadelphie polyandrie. Juss., famille des Mal- vaces. Baobab S. Abavi, Bauh. Guanabanus Scaligeri, Raj. Abavo arbor, radie tuberosa. Baobab, Adanson. Caractres gnriques. Arbre remarquable par la grosseur extraordinaire que son tronc peut acqurir, ayant du rapport avec les Fromagers , dont il diffre nanmoins par ses graines qui sont environnes dune pulpe farineuse , au lieu d'un duvet laineux. Calice sim- ple , caduc, style trs-long ; plusieurs stigmates \ cap- sule ligneuse , dix loges , pulpe farineuse , poy- sperme. Caractres particuliers. Feuilles digites. Histoire naturelle. Cet arbre colossal, quoique peu lev , est le plus volumineux des vgtaux du globe \ il n'est pas rare aux Antilles , et il est commun au Sn- ( 2 7 ) gai , o Adansoii on a observ dont les troncs avaient soixante-quinze quatre-vingts pieds de circonfrence, et qu'il estimait avoir de cinq six mille ans pour tre parvenus cette norme grosseur. Roi des forcis, autant les arbres d'alentour S'levaient au-dessus de la tige des herbes, Autant ils s'abaissaient sous ses rameaux superbes. Cet arbre, dont le tronc a ordinairement deux fois autant de diamtre qu'il a de hauteur, se plat dans les terres sablonneuses, mobiles et trs-humides de l'Egypte et des contres occidentales de l'Afrique ; sur un sol , en un mot , exempt de pierres qui , en corchant les racines, occasioneraient une carie qui , se communiquant au tronc, le fait bientt prir. Tout tonne dans la vgtation du Baobab : les racines , presque aussi nombreuses et aussi grosses que les branches auxquelles elles correspondent , sont d'une longueur prodigieuse ; celle du milieu forme l'axe pivotant , tandis que les latrales s'tendent fleur de terre , et couvrent quelquefois une surface de plus de cent cinquante pieds. On peut dire du Baobab , avec Delille : Comparez cette mousse et cet arbuste nain A cet norme enfant du rivage africain. On voit de trs-gros Baobabs la Martinique , Saint- Domingue ; on croit mme qu'il russirait trs-bien dans les climats froids et brumeux de l'Europe. Selon Adan- ( *7* ) son , cet arbre croit d'abord trs-rapidement , puis sa v- gtation se ralentit au point d'tre des sicles , d'aprs ses calculs, sans augmenter d'une manire sensible. Notre naturaliste pense mme que cet arbre monstrueux exis- tait avant le dluge. Outre ses proprits mdicales, le Baobab offre dans l'corce ligneuse du fruit, convertie en cendres , une lessive qu'on mle l'huile rance de pal- mier pour en obtenir un savon. Les Ngres du Sngal creusent cet arbre monstrueux et en font des caveaux de spulture pour dposer leurs cadavres. Sur l'habitation de l'table , quartier del'Artibonite , Saint-Domingue , j 'ai fait creuser un tronc qui fournit une cabane d'une seule pice , pouvant contenir quarante personnes. Lors- qu'on regarde de prs le Baobab , il parat plutt une fort qu'un seul arbre. Caractres physiques. Le tronc n'est pas fort lev , mais d'un large diamtre. Il est couronn par un grand nombre de branches fort grosses , longues de cinquante soixante pieds , dont les plus basses s'tendent , et tou- chent quelquefois, par leur propre poids, jusqu' terre , de manire que , cachant la plus grande partie de son tronc , cet arbre ne parat de loin que sous la forme d'une masse hmisphrique de verdure d'environ cent cinquante pieds de diamtre sur soixante soixante-dix pieds de hauteur. L'corce qui recouvre les racines, dont j'ai donn plus haut la description , est d'un brun tirant sur la couleur de rouille -, celle du tronc est gristre , lisse , paisse et fort souple; enfin celle des jeunes bran- ches est verte et parseme de poils rares. Le bois de ( 2 7 2 ) l'arbre est assez blanc , extrmement tendre et lger. Ce n'est que sur les jeunes branches que l'on voit des feuilles ; elles sont alternes, parses, digites, c'est--dire composes de trois sept folioles disposes en manire de digitation comme celles du marronnier d'Inde, sur un ptiole commun , cylindrique , de mme longueur qu'elles. Ces folioles sont d'ingale grandeur; de sorte que celles qui a voisinent le ptiole commun sont les plus petites-, elles sont ovales, cuniformes, acumi- nes , munies vers leur sommet de quelques dents plus ou moins sensibles , glabres , molles , vertes en dessus , et d'un vert pale en dessous. De l'aisselle des deux trois feuilles infrieures de chaque branche il sort une fleur solitaire , pendante un pdoncule cylindrique, une fois plus long que les feuilles , accompagn de deux ou trois cailles disper- ses sur sa longueur, et qui tombent vers le temps de son panouissement. Cette fleur est proportionne la grosseur de l'arbre , et a , lorsqu'elle est panouie, qua- tre pouces de longueur sur six pouces de large. Chaquefleur, qui ne s'ouvre que dans le jour, consiste : i en un calice d'une seule pice, caduc, vas en soucoupe , velu et partag jusqu'au-del de son milieu en cinq divisions gales et recourbes en dehors ; 2 en une corolle compose de cinq ptales blancs , arrondis , nerveux , recourbs en dehors , et qui adhrent par leurs onglets la base de la colonne des tamines ; 3 en un trs-grand nombre d'tamines , dont les flamens, ru- nis dans leur moiti infrieure en un tube columni^ forme qu'ils couronnent par leur partie libre, s'ten- ( *?3 ) dent ou se rabattent comme une frange , et portent cha^- cun une anthre rniforme j 4 en un ovaire suprieur, ovale , pointu ou conique , velu , surmont d'un style trs-long, cylindrique, creus comme un tube, et cou- ronn par environ dix stigmates prismatiques, velus et ouverts en manire de rayons. Le fruit est une grosse capsule ovale , ligneuse , ayant quelquefois plus d'un pied de longueur , couverte l'ex- trieur d'un duvet pais, et partage intrieurement en dix quatorze loges par des cloisons membraneuses. Chacune de ces loges contient environ cinquante soixante graines rniformes , presque osseuses , et ni- ches dans une chair un peu aigrelette et succulente, et qui , en se schant , devient friable , et se change en une pulpe farineuse. Le Baobab quitte ses feuilles en novem- bre , mme au Sngal , o la plupart des arbres conser- vent les leurs. Il en reprend de nouvelles en juin, fleu- rit en juillet, et parfait la maturit de ses fruits en octobre. Le fruit est nomm pain de singe. Analyse chimique. L'examen fait par M. Vauquelin de la matire parenchymateuse et amylace du fruit , lui a fait reconnatre qu'elle remplit presque toute la cavit du fruit qui environne les graines. Celles-ci sont hui- leuses. Cette matire se compose d'abord d'amidon $ ensuite d'une gomme parfaitement analogue la gomme ara- bique -, puis d'un acide non cristallisable , et qui res- semble , sous beaucoup de rapports , l'acide malique ; d'un sucre incristallisable , de mme que le sucre de ( 37-1 ) raisin ; le parenchyme, enfin , est compos d'une subs- tance ligneuse clans les aroles duquel se trouve l'amidon. La fcule sucre du fruit passe facilement la fer- mentation vineuse qui tourne presque aussitt l'tat acide ; car, comme il y a peu de sucre et beaucoup de matires mucilagineuses et acides existant dj dans la fcule , la fermentation vineuse a bientt lieu ( Journ. de Pliarm. , aot 1822 ). Proprits mdicinales. Les feuilles etles fleurs du Bao- bab renferment toutes les proprits des Malvaces. Le docteur Franck , selon M. Vauquelin , a vu employer au Kaire l'corce du fruit et de son parenebyme , avec beau- coup d'efficacit, dans les dyssenteries rebelles et de mauvais caractre. Le fruit du Baobab , appel , comme je l'ai dj dit, pain de singe , renferme un parenchyme spongieux, sucr et aigrelet, qui rend son usage doublement utile dans les hmoptysies, dans le flux hpatique, danslalieuterie, la dyssenterie et autres maladies de ce genre, frquentes sur les plages brlantes du Sngal et des Antilles. Quant moi , j'ai reconnu au Baobab , pendant mon sjour Saint-Domingue , une vertu molliente et temprante , ce qui me l'a fait souvent prescrire dans les dysuries et les fivres angiotniques. La pulpe du fruit, mle son tiers de suc de citron , forme une limonade anti-septique, utile autant qu'elle est agrable aprs l'avoir dulcore. On l'ordonne avec succs dans les fivres jaune et adno- nerveuse. Toutes les parties de cet arbre abondent en mucilage. Les Ngres font scher l'ombre ses feuilles , ( 7 ) qu'ils rduisent en poudre et qu'ils nomment Yalo. Ils la mlent Tun de leurs alimens qu'ils appellent couscous, non pour lui donner du got, car elle est insipide, mais comme une substance nutritive et absorbante , qui modre , ce qu'il parat, leur transpiration excessive, et tempre leur trop grande chaleur. Ils mangent les fruits qui sont assez agrables , aigrelets et rafrachis- sans. EXPLICATION DE LA PLANCHE DEUX CENT QUATRE-VINGT-ONZE. i . Fruit entr'ouvert. i. Graine et son placenta. ( ?7 G ) *v \v"\v\vv*v\*\v\v^v\*vw\\*v\'\A'v\/\vv\vv\wvv* v>kv\wwv\\\\w\uwvmv\v\'w>wvh COCOQUE A BAIES BLANCHES. ( B chique incisive. ) Synonymie. Vulg. Jasmin btard , petite Brande , Jasmin odorant. Chiococca racemosa , Lin. Pentandrie mono- g-ynie. Juss. , famille des Rubiaces. Chiococca subscan- dens , racemis Iaxis , axillaribus , baccis lenticularibus niveis. Lamarck. Chiococca foliis oppositis. Jacq. Amer., p. 68. Pict. , p. 38, t. 69. Periclymenum racemosum , flore flavescentc , fructu niveo. Plum. Icon. 211, t. 217, f. 2. Dilien. Elth. 3oG, i. 228, f. 2o,5. Jasminum folio myr- tino , acuminato , flore albicante , racemoso. Sloan. Jam. Hist. 2 , p. 97, t. 188 , f. 3. Raj. Dendr. , 64- Conf, Pluk. , t. 427, f. 1. Caractres gnriques. Plantes fleurs monoptales, de la famille des Rubiaces, ayant des rapports avec les Psychotres et les Caflfeyers. Arbres ou arbrisseaux feuilles opposes, avec stipules intermdiaires, et dont les fleurs sont disposes en grappes ou panicules axil- aires et terminales. Corolle infundibuliforme , gale^ //. SOJ : *r//fc . cioroora*, a haies BLA>TaiK,s ( 2 77 ) baie uniloculaire , deux spermes, infrieure, compri- me } semences lisses. Caractres particuliers. Grimpante \ feuilles larges . lancoles ; fleurs latrales, cinq divisions aigus , pa- nicules , en grappe -, dent stipulaire , unique $ calice cinq dents 5 tamines incluses \ capsule bacciforme , comprime , couronne. Histoire naturelle. Le mot chiococca tire son nom des mots grecs yiov , neige, xoxxo; fruit, ce qui dpeint la couleur des baies virginales de ce joli arbrisseau, qui se dtachent avec clat sur son feuillage sombre. On admire toujours cette plante, Soit qu'autour du palmier sa tige s'entrelace, Soit que de l'oranger le tronc noir elle embrasse. Caractres physiques. Arbrisseau de quatre ou cinq pieds, qui s'lve davantage dans les bois et les lieux couverts , et pousse alors des branches longues , cylin- driques , glabres , faibles , sarmenteuses , qui ne se sou- tiennent qu'en s'appuyant sur les arbres et les arbris- seaux voisins -, ses feuilles sont opposes, ovales, poin- tues, trs-entires, glabres, luisantes, ptioles courts, et longues de prs de deux pouces. Les fleurs sont d'un blanc jauntre , corolle longue d'environ quatre lignes , pendantes , et naissent sur des grappes axillaires, oppo- Tome IV. 73 Livraison. i\ ( 7 ) ses , et qui sont peu prs de la longueur des feuilles. Leur stigmate est bifide , selon Dillen. Elles produisent de petites baies lcntieulaires trs-blanches, chair spon- gieuse et dispermes. Analyse chimique. Toute la plante tant macre et traite par l'eau , produit un suc fermentescible , une matire colorante d'un vert tendre -, une substance gommo-glutineuse, de la matire fibreuse et de l'eau. Proprits mdicinales. Les fleurs sont estimes b- chiques lorsqu'elles sont employes avec l'herbe char- pentier, tandis que les feuiJles appliques en cataplasme avec celles de l'herbe a bl , amollissent les tumeurs squirrheuses. Leur dcoction est anodine, et mme nar- cotique. Feu Poupe - Desportes , clbre praticien Saint-Domingue , employait souvent cette plante. Il in- dique dans sa Pharmacope amricaine un sirop pectoral dont voici la composition : Prenez capillaire du Canada et de langue de buf, une poigne de chaque; fleurs de franchi panier, de bois immortel, de giromon , de jambo , de jasmin odorant de Saint-Domingue , et d'o- ranger sauvage , de chaque une demi-poigne. Faites-les macrer pendant douze heures dans suffisante quantit u mt TAeodore /':i , VV V\\ V\> VWW\ W\ Wt WVW\ WVWW W W W l\* WAAA \*A WW\A Vt MMMMMMIMIMW VOULOU BAMBOU. ( Bchique incisif, ) Synonymie. Vulg. arbre panaches. Bagage chasseur. Bambos arundinacea, foliis basi rotundatis , panicul ra- mos ; spiculis sessilibus , subternatis ( Encycl. ). Nastus (Lam.). Bambusa arundinacea, panicul ramos , divari- cat. Wild. Arundo (Bambos) calicibus multifloris; spicis ternis , sessilibus. Lin. Triandrie digynie. Juss. , famille des Gramines. Loureiro , Flor. Cochinc. Arundo arbor. C. Bauhin. Arundarbor vasaria. Rumph. Tabaxir seu mombu arbor. J. B. Illy, Rheed. Hort. malab. Arundo indica , arborea, maxima , tabaxir fun- deus. Burm. Zeyl. , p. 35. Caractres gnriques. Plantes monocotyldon es, fleurs glumaceSj de la famille des Gramines, dont les chaumes ligneux sont trs-levs , rameux, les feuilles amples , trs-longues , les fleurs disposes en pis pani- culs *, pillets composs d'environ cinq fleurs , garnis leur base de trois cailles imbriques; chaque fleur mu- nie d'une seule baie , deux valves , six tamines , un style bifide , deux stigmates plumeux. Tome IV- 74 e Livraison, a5 C * 82 ) Caractres particuliers. Calices multiflores \ pis ternes et sessiles. (Indes. Vivace.) Histoire naturelle. D'aprs la synonymie qui pr- cde , on voit que Linn avait rang le Bambou dans les Gramines ; mais cette belle plante doit former un genre particulier. Rivale des palmiers , dit Poiret , c'est--dire des arbres les plus majestueux de la nature, cette Gra- mine , par l'lvation , la grosseur, la solidit de ses chaumes , franchit les bornes de l'humble famille la- quelle elle appartient-, elle devient, dans l'ordre natu- rel de Jussieu , le lien qui unit ces deux familles en ap- parence si distantes. Le Bambou dont le port imite celui des panaches flottans agits au moindre zphyr, le Bambou aime ombrager le bord des ruisseaux et des rivires : L'Ester * du vert Bambou reflte le feuillage. Souvent les touffes serres , bordant les deux rives , of- frent l'observateur de longues avenues silencieuses que le soleil ne peut pntrer, mais que recherche l'ami de la nature en se livrant ses rflexions -, l , douce- ment berc par le bruissement du feuillage que le moin- dre vent fait murmurer , Dans un vague abandon flotte l'ame pensive. (De Font nes. Le Verger.} * Rivire d'Hati. ( 283 ) Attir par la beaut de ce feuillage , l'observateur doit pourtant se mettre eu garde contre les dangers attachs la vgtation de cet norme roseau, car autour de lui se rassemblent les scorpions, les araignes-crabes et cul rouge, les scolopendres ou btes mille pieds, et autres insectes pernicieux qui font leur sjour dans les endroits humides ; leur prsence semble indiquer l'homme qu'il doit s'loigner de ces lieux malfaisans, servant particulirement de repaire une espce' de cou- leuvre verte, Reptile venimeux qui s'approche sans bruit, Mord sans qu'on l'aperoive , et sous l'herbe s'enfuit. ( Lefranc de Pompignan. ) Le Bambou n'est pas seulement agrable la vue , il offre des avantages justement apprcis par les habitans des deux Indes , et qu'on peut comparer aux produits des palmiers. Par exemple, les jeunes pousses contien- nent une moelle d'une saveur agrable et sucre , dont les naturels sont trs-friands. Aprs le premier dve- loppement, ces tiges ayant acquis plus de solidit, il suinte de leurs nuds une liqueur mielleuse, nomme tabaxir, qui se concrte l'air, et se convertit en lar- mes sucres. Uachar, dont les jeunes rejetons du Bam- bou font partie , offre aux Indiens une composition trs-recherche . Les Indiens fabriquent avec le bois de Bambou , qui est trs-dur, des meubles d'une grande solidit et d'un long usage \ ils l'emploient galement , dit Poiret , pour 25* ( *4 ) !a consti uclion de leurs palanquins et de leurs maisons, ainsi que pour celle de leurs bateaux. Comme ce bois, malgr sa dure l , a de la souplesse lorsqu'il est divis et fendu en petites lanires , ces mmes Indiens en font des nattes, des corbeilles , des botes et plusieurs autres pe- tits ouvrages lgans. C'est aussi avec ses jeunes tiges que Ton fait des cannes. Enfin , la duret du bois est telle , que , lorsque les Indiens veulent fumer du tabac on allumer leurs gargoulis , ils en frottent deux mor- ceaux , et, sans que ce bois s'enflamme ni tincelle , une feuille sche qu'on applique dessus s'allume a l'instant. On obtient le mme rsultat par le frottement du Bam- bou et du Veloutier. J'ai en ce moment sous les yeux une feuille de papier soyeux du plus bel clat , sur le- quel on peut gouacher, que l'on prpare en Chine avec la pellicule grise qui enveloppe le bois de Bambou; on ie fabrique aussi avec la moelle de ce roseau , malaxe avec de l'eau de riz. La plupart des livres imprims la Chine sont de ce papier. Les tiges coupes dans le dcours ne sont plus, dit-on, sujettes la piqre des insectes, et en ce cas elles servent de rservoirs destins divers usages. En conservant le nud au milieu , le ehasseur y rencontre un fourniment o il peut placer d'un ct la poudre , et de l'autre le plomb. Certains naturels s'clairent au milieu des tnbres en remplis- sant la tige , toujours creuse , de coton imbib d'huile de palmes. Ce roseau crot trs-vite , et sert faire des entourages , des gaules , des bastions , des gouttires et du clissage. Enfin , les Bambous sont seuls employs pour construire des maisons entires. Les chaumes les plus vieux et les plus gros servent h faire les murs. On ( *85 ) /orme les toits avec les plus petites tiges, tandis que le second toit est compos djeunes rameaux encore garnis de feuilles , et dont on met plusieurs couches les unes sur les autres. Les portes , les tables, les lits sont faits de Bambous. Les avantages des Bambous sur les bois durs consistent , i dans la facilit qu'on a de les couper et de les transporter de trs-grandes distances; 2 dans le peu de travail qu'ils demandent, puisqu'on les em- ploie entiers ou seulement fendus longitudinalement en deux 5 3 dans leur dure qui peut tre compare celle du meilleur bois ; 4 enfin , c'est que les maisons , toutes jour, et prserves de l'ardeur des rayons du soleil par un toit pais et large, conservent intrieurement une temprature frache et agrable au milieu de la plus forte chaleur du jour. Les Ngres arrivant de Guine, et qu'un regret de leur patrie porte naturellement conserver ses usages , font avec les jeunes rameaux des flches, des fltes, des calumets et des plumes pour crire. Je possdais un ca- deau en ce genre , qui me fut fait par un de nos Noirs , Alpha ou grand-prtre de son pays. Ce prsent consis- tait en plusieurs plumes vgtales et des tablettes de cette enveloppe que l'on remarque chaque nud , et qu'on appelle tache de Bambou, sur lesquelles il m'avait crit en caractres hiroglyphiques , de droite gauche , dans la largeur , les lois de Guine et les prires qu'il recommandait ses adeptes. Les tiges de Bambous ser- vent aussi de montans d'chelle et transporter de l'eau. On en fait des cloisons , des siges , des bancs , des ver- gues. L'air contenu dans les cavits tant quelquefois ( 286 ) rarfi par la chaleur, produit des dtonations qui inti- mident le voyageur europen. Caractres physiques. Cette tonnante Gramine pousse une tige droite, rameuse, cylindrique, noueuse, articule, trs-glabre, luisante; les entre-nuds sont longs d'un pied. Elle parvient souvent plus de soixante pieds de haut , avec une grosseur relative la hauteur : elle se divise, depuis sa base jusqu' son sommet, en ra- meaux alternes, aigus, un peu recourbs, fort longs, diffus , garnis de feuilles glabres, assez courtes, rudes, stries , entires , arrondies leur base , aigus leur sommet, approchant, par leur forme, de celles du ro- seau , embrassant les tiges par une longue gaine entire , paisse, pileuse. Les fleurs sont disposes, vers l'extrmit des ra- meaux, en une ample panicule droite, allonge, ra- meuse , tale } les ramifications trs-roides ; les pillets rapprochs la plupart alternativement trois par trois , sessiles , comprims , lancols ; chaque pillet muni sa base de trois cailles ingales , qui tiennent lieu de calice , et d'environ cinq fleurs deux valves ingales , roules sur elles-mmes ; six filamens trs-courts -, les anthres oblongues , l'ovaire muni sa base de deux petites cailles membraneuses et pileuses \ trois stigmates presque sessiles , velus , allongs -, les semences solitaires, oblongues. Quelques voyageurs ont prtendu que ces fleurs ne paraissaient qu'une seule fois pendant la vie du Bambou ; mais cette assertion parat douteuse. ( Encycl. mihed. ) ( *8 7 ) Analyse chimique. Le tabaschir pierreux qui se trouve entre les nuds des diverses espces de Bambous con- tient, suivant Vauquelin , silice, 705 chaux, potasse, eau, et une matire vgtale, 3o. Et, suivant John (cjits ckim,, III, 1), silice, 72$ chaux, alumine, oxide de fer, matire vgtale et eau, 8. Perte con- sistant probablement en potasse , 20. Proprits mdicinales. Suivant Rhede, la dcoction des feuilles du Bambou tant bue en grande quantit, dissout le sang caill, tandis que la chaux , que contien- nent les articulations de sa tige , fait cesser les douleurs de la strangurie , en provoquant l'mission des urines. On attribue aussi une forte dcoction des feuilles la fa- cult de provoquer les mois et de raffermir les gencives ulcres des scorbutiques. On emploie plus commun- ment cette dcoction dulcore avec le sirop de char- pentier, comme bchique incisive. Mode d'administration. La dose est d'une once des feuilles pour une livre de dcoction , et d'un scrupule de la chaux pour quatre onces de liquide. explication de la planche deux cent quatre-vingt- treize. Cette planche reprsente un site des environs de la rivire de l'Esterre (Hati). On voit l'horizon les mornes de l'hpi- tal ( quartier des Gouaves ) , et sur le ct du fleuve , dont les eaux coulent paisiblement et sans ondulations, se trouve une ( *88 ) touffe de Bambous qui ombragent ses rives fertiles et enchan- teresses. On a dessin un tronon de Bambou pour en laisser voir la contexture , le feuillage et la floraison. Cette portion de tige est rduite au sixime de sa grandeur parfaite. f Kjpj. Tficaelo&e Jfaffous'Mi^/'/sr CACHERA FRUITS FEUILLES ( 289) *MW\W'\W'VVVVW\WWVVVWWtW VV^\\\Vt>W\WW.VWV\Ml\\*V>\lA\V>W\\\MVVV\>VVi CACTIER A FRUITS FEUILLES. ( Bchique incisif. ) StNONYMiE. Vulg. Ronce d'Amrique, Groseiller des Antilles. Cactus Pereskia. Lin. Icosandrie monogynie. Juss. , famille des Cactes. Cactus caule tereti arboreo , aculis geminis, recurvis; foliis lanceolato-ovatis. Lin. Pereskia aculeata , flore albo , fructu flavescente. Plum. , Gen. 37. Malus americana spinosa , portulacae folio , fructu folioso, semine reniformi splendenti. Commer. , Hort. 1 , p. 1 45 , t. 70. Grossulariae fructu majore arbor spinosa , fructu folioso , viridi, albicante. Sloan. Jam. Hist. 2 , p. 86. Portulaca, Pluk. , t. 2i5 , f. 6. En anglais , Peresky. Caractres gnriques des Cactiers. Plantes fleurs polyptales , de la famille du mme nom , presque tou- tes paisses, charnues, succulentes, munies d'aiguillons en faisceaux , dpourvues de feuilles , et tout--fait sin- gulires par leur aspect. Calice nionophylle, suprieur, ordinairement en tube, compos de plusieurs folioles cailleuses , souvent imbriques \ corolle ptales nom- breux, rapprochs de la base } vingt tamines ou plus} une base infre, polysperme. Caractres particuliers. Opuntias comprims, arti- ( *9 ) culations prolifres. Tge arbore, arrondie, aiguil- lons gmins, recourbs; feuilles lancoles, ovales. (Vivace. ) Histoire naturelle. Mordant Delaunay fait driver le mot Cactus du verbe grec xaw, je brle, parce que la piqre de leurs pines cause la plus vive douleur. La ronce aux traits aigus comme un garde fidle, Dans diffrens quartiers se poste en sentinelle , Dtourne avec ses dards l'approche des troupeaux, Et des arbres naissans protge les berceaux. (Castel. Les Plantes , cb. 1.) Cette plante singulire crot le long des montagnes, o sa vgtation curieuse la fait remarquer. Mais sur ce roc dont la cime fend l'air , Mon il se plat poursuivre Amalthe * ; J'aime la voir, de sa dent effronte, Mordre la ronce ou le cytise amer. (Campenon.) Caractres physiques. C'est un arbrisseau toujours vert, pineux, et qui pousse de longs rameaux cylin- driques , plians , sarrnenteux , pleins de moelle , corce verte , et munis leurs nuds d'aiguillons gmins , courbs en bas , et peu prs semblables ceux des Cabrit, espce de chvre. ( *< ) ronces. La tige est hrisse infrieurement d'pines longues , roides et en faisceaux. Les feuilles sont alter- nes , ovales, ou ovales-lancoles, rtrcies en ptiole leur base , vertes, lisses, un peu succulentes, et de la grandeur de celles du pourpier. Elles sont un peu bar- bues dans leurs aisselles. Les fleurs sont blanches, trs- odorantes , ouvertes en rose , calice court , et viennent plusieurs ensemble sur des pdoncules communs. Elles produisent des baies globuleuses, feuilles, d'un blanc jauntre , un peu plus grosses qu'une noisette , d'une acidit trs-agrable , et qui contiennent la plupart trois semences orbiculaires , noires et comprimes. Cette plante croit aux Antilles , et particulirement Hati et a Jamaque. Les fruits du Pereskia naissent par groupes, et sont transparens; quelques-uns sont garnis de petites pines trs-dlies. La peau est membraneuse, parseme irr- gulirement de quelques stigmates garnis d'un petit duvet brun , et d'o sortent de petites pines , quelque- fois deux ensemble. Ce qu'il y a de singulier, c'est que de la peau du fruit il sort irrgulirement des feuilles charnues, vertes , oblongues. Chaque baie aune espce de couronne d'o s'lvent de semblables feuilles. La chair est mollasse, succulente, jaune, et d'un got aigrelet comparable celle de la groseille d'Europe. Au milieu du fruit s'lve une petite poche membraneuse faite en godet, parseme de points bruns, et renfer- mant depuis trois jusqu' six graines d'un brun noir- tre , de la forme et grandeur de lentilles, mais concaves d'un ct , et convexes de l'autre , ayant un petit point blanc par lequel elle tient au fond de la poche par un ( *9* ) petit filet. Chaque graine renferme une petite amande d'un blanc blouissant , mais sans got. Analyse chimique. Le suc des fruits produit, aprs l'vaporation convenable , une once et demie d'extrait par livre de suc, et dune consistance molle. Proprits mdicinales. On emploie les fruits dans les tisanes bchiques incisives et dans les tisanes anti- syphilitiques. Mode d'administration. La dose des baies est d'une once par pinte de liquide ; celle de l'extrait , d'un gros : on en fait un sirop. explication de la planche deux cent quatre-vingt- quatorze. i. Tiges annes de ses pines. //. MOS. 7/ni> 3'CnKK DKS I.MIKS. ( *9? ) VVA\\AV\*\\*VV\\\>V\VVVVVV\\**V\A\V>VV\\V>VV\^^V\/VVV*V\AV^VWVV''lAI>V** V\A VMWl W\VV .W* FIGUIER DES INDES. ( Bchiqiie incisif. ) i Synonymie. Vulg. Figuier admirable, Figuier maudit franc de Nicolson. Ficus indica , Lin. Polygamie tricie. Juss. , famille des Orties. Ficus foliis ovato-lanceolatis, integer- rimis, coriaceis,subtssubpubescentibus, fructibus sessilibus. Ficus indica, foliis mali cotonei similibus fructu licubus simili. Bauh. Pin. 4^7. Ficus vasta. Forsk. iEgypt. i 79 , n 93. Ficus indica , fructu et foliis minoribus. Plumier, Miss. 7,n 109. Ficus americana masima, folio oblongo lanuginoso , fructu parvo, spherico , exts viridi, ints ru- bente. Nicolson. Katou-lou. Rheed. Voanounou Face. Maclag. 122. En espagnol, Hinguera india. En anglais, Fig-tree. Caractres gnriques des Orties. Plantes fleurs incompltes, monoques ou dioques, rarement herma- phrodites j calice monophylle ; corolle nulle ; tamines dfinies, insres au fond du calice, et opposes ses divisions*, ovaire supre; un ou deux styles \ une graine recouverte dune coque , ou renferme dans le calice , qui devient une baie. Fleurs enfermes dans un invo- ucre commun, monophylle. Caractres particuliers des Figuiers. Arbres et ar- brisseaux feuilles simples et alternes, rameaux ter- ( ->\ ) mines par un bourgeon pointu, suc propre laiteux, et remarquables par leur fructification renferme et tout -- fait cache dans une pulpe succulente qu'on nomme figue. Enveloppe charnue, pyriforme, renfer- mant les sexes, ouverte l'extrmit, garnie d'caills. Fleurs monoques ; les mles trs-nombreuses la par- tie suprieure du fruit, souvent mles avec les femel- les } calice de trois quatre divisions 5 trois, cinq ta- mines portes sur un pdicelle. Fleurs femelles sur un pdicelle comme les mles , calice idem; deux stigmates ; une petite graine enveloppe dans la pulpe du calice commun devenu bacciforme. Caractres spciaux du Figuier des Indes. Feuilles lancoles, trs-entires, ptioles-, pdoncules agr- gs ; rameaux radicans. Histoire naturelle. Cet arbre immense, extrme- ment tendu , est vritablement admirable par son port et sa manire de se propager, Le figuier d'Indoustan , qui , perdu dans les airs , De son front touche aux cieux , de ses pieds aux enfers. (Delille. ) Il pousse de ses brandies de longs jets pendans, assez semblables des cordons ou des baguettes , qui gagnent la terre , s'y enracinent et forment de nouveaux troncs qui, leur tour, en produisent d'autres de la mme ma- nire \ en sorte qu'un seul arbre s'tendant et se multi- pliant ainsi sans interruption , offre une fort sombre , une seule cime d'une tendue prodigieuse , et qui parat ( '95 ) pose sur un grand nombre de troncs de diverses gros- seurs, comme le serait la vote d'un vaste difice, sou- tenue sur quantit de colonnes. Vers l'heure du jour o les Ngres , prs de leur ajoupa, gotent le repos l'ombre d'un mapou , et o les perruches se retirent dans le creux du Figuier d'Inde pour y respirer le frais , La tendre tourterelle et l'errante palombe Gardent au fond es bois les murs de la colombe. (Rosset.) Mais souvent le silence de la nuit est interrompu parles accords du Bauza, Alors le noir Figuier de son feuillage sombre Protge les amans tendus sous son ombre. (Gilbert.) Outre la beaut de son aspect, le Figuier d'Inde a des proprits pour les arts et la mdecine. On obtient avec son suc du caoutchouc. Cet arbre se reproduit par ses baguettes, par des graines et par des boutures qui vgtent avec une tonnante rapidit. Il crot partout dans les bois, dans les savanes, au bord de la mer et dans les mornes. Son bois est employ faire des canots. Les Ngres en font aussi des sbiles , des plats , des assiet- tes et autres ustensiles de mnage. Caractres physiques. Le figuier des Indes est tou- jours vert; il vit et subsiste pendant plusieurs sicles. C'est un des plus gros arbres de l'Amrique. Le Pre Labat assure en avoir vu de vingt-cinq pieds de ( 96 ) circonfrence. Sa racine est grosse , fibreuse , traante , tellement saillante en dehors, que l'arbre parait port sur des arcs-boutans. Son tronc s'lve fort haut :, son corce est paisse-, gristre, coriace, laiteuse, blanche lorsqu'on la coupe , rougissant c l'air. Son bois est mou-, ses branches sont grosses -, elles s'tendent fort au loin , se divisent en une infinit de rameaux , et procurent un bel ombrage. 11 sort de ses rameaux des espces de ba- guettes plus ou moins grosses, trs-droites, inclines vers la terre 5 lorsqu'elles y sont parvenues , elles y pren- nent racine et forment de nouveaux arbres qui, leur tour, en produisent d'autres. Les fleurs naissent par bouquets l'extrmit des rameaux , elles sont oblon- gues, d'un vert fonc en dessus, pale en dessous, et comme cotonneuses, sans dentelures ; longues de dix- douze pouces, et larges de quatre cinq*, d'une sa- veur astringente, d'une odeur herbace, portes sur des ptioles courts , pais , qui s'tendent sur toute la lon- gueur de la feuille, et forment une cte saillante en des- sous , laquelle aboutissent plusieurs nervures obliques, alternativement places. Les fruits croissent le long des branches et des rameaux-, ils sont sphriques, de la gros- seur d'une noix de gale, verts en dehors, de couleur rose en dedans, pleins d'un suc laiteux , d'un got fade. Ces fruits renferment dans leur intrieur les fleurs qui se changent en une infinit de petites graines oblongues, rousstres et fcondes. ( Voyez l'intressante note du Mariage des Plantes de Darwin, sur la fcondation du Figuier, p. 88. ) - Analyse chimique. Toutes le3 parties fraches don- nent un suc laiteux , amer et trs-acre; plus, du caout- ( 2 97 ) chouc. Les fruits contiennent beaucoup de mucilage , une matire saccharine, un principe amer. Le suc offre une encre de sympathie crue le feu dvoile ; il sert faire coaguler le lait. Proprits mdicinales, La dcoction lgre des fruits est molliente , adoucissante , lubrfiante et relchante , c'est--dire trs-recommandable dans les maladies in- flammatoires , en diminuant la vigueur et relchant les organes. On prpare avec ces fruits un sirop assez estim contre les toux sches, les pleursies, les nphrites, le catharre vsical commenant, les dysuries, les angi- nes, etc. Le suc acre et lactiforme, au contraire, ne s'emploie qu' l'extrieur contre la lpre et les maladies exanthmatiques , pour gurir les cors et les verrues , et neutraliser les piqres des insectes. Je ne donne point l'histoire des figues comestibles, bien suprieures sous tous les rapports , et qui sont ex- quises aux Antilles , o on les recherche pour leur facile digestion, ce qui les rend utiles aux personnes de cabi- net. Il ne faut pas oublier cependant qu'un trop fr- quent usage de ces fruits amollit le systme fibreux, gonfle le tissu cellulaire, et cause des emptemens ab- dominaux. EXPLICATION DE LA PLANCFF, DEUX CF.NT QUATRE-VINGT- QUINZE. i . Fruit entrouvert. 2. Branche d'o se dtachent des rameaux funiculaires qui vont prendre racine, et rappellent les merveilles dfi la reproduction. Tome IV. 74* Livraison. 36 '98 ) MM WA*.V* V* VM W \A V\A \ VW W\ \A> \ V W 'VAAAA'MV^ W> W* "O* V. **> W\ W*/\* V\*W1 V V AZER A L'ASTHME. ( Bchif/uc incisif. ) Synonymie. Nonatelia officinalis foliis ovalis acutis; eolycis involuero, triphyllo. AubL, Guian. 182, t. 70 , f. i. C'est le Nonoateli des Galibis. Caractkes gnriques. Plante fleurs monoptales, de la famille des Rubiaces , ayant du rapport avec les Psicotres, et dont les feuilles sont opposes et les fleurs en panicule terminale. Fleur. Calice monophylle, court et cinq dents ; une corolle monoptale, tubule ou en entonnoir, et dont le limbe est cinq divisions; cinq tamines, dont les fiamens sont insrs au tube de la ileur, et portent des anthres ovales ou eblougues-, un ovaire infrieur qui fait corps avec la base du calice , et soutient un style bifide dont les stigmates sont obtus. Fruit. Baie cinq loges , renfermant cinq osselets an- guleux. Caractres particuliers. Fleur stelle ; stipules ar- ticulaires \ feuilles lancoles duvet. Histoire naturelle. Cette plante de peu d'appa- rence , mais utile et particulirement recherche pour les affections des organes de la respiration , est origi- naire de la Guiane, d'o elle a t probablement trans- Fi. 2#. T/i*irt/o/r A\nv//r//A Aj . /'srf tfufariti X7AVAX A I,\4STH>1K ( *99 ) porte par quelque voyageur ami des sciences et de l'humanit. Aublet a le premier trouv celte plante au bord des sentiers, dans les forts de File de Cayenne et de la Guiane. Elle tait en fleurs et en fruits dans le mois d'aot. Caractres physiques. La racine de cette plante est dure et rameuse. Elle pousse une tige ligneuse, cylin- drique , branchue et rameuse ? haute de deux trois pieds sur quatre cinq lignes de diamtre. La tige , les branches et les rameaux sont noueux et garnis chaque nud de deux feuilles opposes et disposes en croix. Elles sont entires, lisses, vertes, ovales, fermes, co- riaces , et termines par une longue pointe. Leur pdi- cule est court et attach une gane qui entoure chaque nud. Cette gane est termine par quatre pointes*, il y en a deux l'oppos de chaque feuille. Les fleurs naissent l'extrmit des rameaux ramasss en trois bouquets entre trois longues cailles. Le calice est d'une seule pice \ le limbe est divis en cinq ou six parties troites, aigus*, il est garni sa base de trois petites cailles. La corolle est monoptale \ son tube est trs- court, son pavillon est partag en cinq lobes blancs. Elle est attache autour d'un petit disque sur l'ovaire. Les tamines , au nombre de cinq , sont places sur la paroi interne du tube , au-dessous des divisions de la corolle. Leurs filets sont grles , les anthres sont oblon- gues et deux bourses. Le pistil est un ovaire arrondi , renferm dans le calice avec lequel il fait corps. Il est couvert d'un disque form par cinq glandes fauves , du centre desquelles s'lve un style blanc qui le partage ( 3oo ) son sommet eu deux filets termins par un stigmate obtus. L'ovaire, conjointement avee le calice, devient une baie noire dix cannelures, de la grosseur d'une gro- seille rouge. Elle est cinq loges spares par des cloi- sons. Chaque loge contient un osselet blanc. Analyse chimique. Toute la plante fournit une fcule verte, soluble dans l'alcool; une matire extractive un peu mordante j une partie fibreuse *, un sel vgtal base de chaux. Les fruits contiennent du mucilage sucr , lgrement acide. Proprits mdicinales. Toute la plante est en usage , soit en infusion ou en dcoction. Elle est pectorale in- cisive , et les Croles l'appellent azier l asthme, cause des bons effets qu'ils ont prouvs de son usage pour le soulagement et la gurison de cette maladie. On lui reconnat en outre des proprits apritives, vuln- raires et dtersives. Mode d'administration. La dose est d'une poigne pour une livre de dcoction. On prpare l'extrait, la conserve et le sirop des fleurs et des feuilles. Le sirop surtout est excellent pour l'asthme. La dose du sirop est d'une once , et celle de l'extrait de demi-once. EXPLICATION DE LA PLANCHE DEUX CENT Q UATRE-V1NGT-SE1ZE . i. Fleur entire. 2. Corolle entr'ouverte. 3. Fruit entier. 4- Capsule coupe transversalement pour laisser voir la di- vision des loges. 5. Graine. jT/isodt>rc Jesevirs-ZK. JP&iol . Pres Jr/sfo . ~Y\IA1S V I1IPA3T I E.R R.O l T GE (3oi ) iW\ W\ W* W \ % VV W* W W$ W* W* VV Vk VV W* W* v\* W W V\rt V\A W^ VW V\A \v>\**w ww \v> FRANCHIPANIER A FLEURS ROSES. ( Bachique aromatique. ) Synonymie. Vulg. l'arbre couronne, l'arbre bouquets. Plumeria rubra.Lin., Pentandrie monogynie. Juss., famille des Apocines. Plumeria arborea , foliis ovato-oblongis planis. , Jacq. , Amer. 35 , et Pict. , p. 23. Plumeria flore roseo, odoratissimo. Plum. Spec. 20. Tournef., 65g. Ne- rium arboreum, folio maxiino , obtusiore , flore incarnate Sloan. Jam. Hist. 2, p. 6 , t. i85. Quaubtlepatlis S. Arbor ignea. Herm. Mex. , p. 67. Nerio affinis barbadensis , arbor latifolia , flore purpureo jasmini odore. Pluk. , t. 207, f. 2. Jasminumindicum. Merian, Surin., 8 , t. 8. Ne- rio tithymalodes , flore roseo , odoratissimo. Plumier. Caractres gnriques. Plantes fleurs monopta- les , de la famille des Apocins , arbrisseaux laiteux cime lche , mdiocrement rameuse , feuilles simples , parses , et ramasses au sommet des rameaux } fleurs pdoncules, terminales, fort belles et d'une odeur suave. Corolle contourne : deux follicules rflchies ; tamines insres une membrane propre. Caractres particuliers. Feuilles ovales , oblongues; ptioles deux glandes. (Antilles. Vivace. ) Histoire naturelle. Cet arbre si lgant des Antilles, dont les fleurs servent parfumer le linge des Croles . Tome IV. 76 e Livraison, 27 ( 3o-2 ) qui en jonc lient aussi leurs boudoirs, a la forme d'un Laurose, mais il s'lve beaucoup plus haut. Rien n'approche aussi parfaitement de l'odeur des fleurs du Franchipanier (leurs rouges que l'manation produite par le froissement des fleurs d'oranger avec les feuilles de la verveine en arbre a odeur de citron (verbena tr- phyla). On obtient le mme rsultat en flairant une tubreuse ou la Heur du Gardnia. Les Croles sont aux colonies ce qu'taient les hommes de Promlhe : Les fleurs, les tendres fleurs , du sein de leurs calices, Exhalaient autour d'eux mille parfums divers : En nuages lgers ils flottaient dans les airs. Un nouveau sens s'veille , et d'une haleine pure Le couple respirait l'encens de la nature. (Colardeau. Les Hommes de Promthe.} Le Franchipanier crot naturellement dans l'Amrique mridionale , d'o il a t d'abord transport aux Antil- les pour l'ornement des habitations de la Martinique, par le marquis d'Angennes. On le multiplie facilement de boutures. Le Franchipanier nourrit une chenille magnifique qui porte son nom \ elle est raye de noir et de jaune transversalement. En serre d'Europe , les Franchipaniers aiment une terre franche, lgre, substantielle, et craignent l'hu- midit. On les multiplie de boutures et de rejetons qui s'enracinent facilement. Caractres physiques. Le Franchipanier s'lve la hauteur de douze quinze pieds. Son tronc a de huit ( 3o3 ) neuf pouces de diamtre. La cime est ample, lche ou mdiocrement rameuse 5 le bois assez solide , jauntre et amer. Ses branches sont un peu tortueuses , cylindri- ques , marques dans leur partie nue de cicatrices, ou. empreintes de feuilles tombes , et garnies seulement leur sommet de feuilles triangulaires parses , rappro- ches , et disposes en touffe ouverte ou en rosette. Ces feuilles sont ptioles, ovales, oblongues , un peu poin- tues , entires, planes , glabres , trs-lisses en dessus , et ont en dessous une cte longitudinale assez grosse , de laquelle partent de chaque ct des nervures lgantes et symtriques , presque transverses et parallles , ru- nies par un cordon festonn qui suit le contour de la feuille. Les feuilles ont sept pouces de longueur, sans y com- prendre leur ptiole, qui est long de deux pouces , et n'a aucune glande -, leur largeur est de deux pouces et demi trois pouces. Les fleurs naissent en corymbe pdoncule et terminal , elles sont grandes , fort belles, d'un rouge carmin, et rpandent une odeur trs-suave. L'entre de leur tube est de couleur de safran. Les fruits sont com- poss de deux follicules longs d'un demi-pied , presque de l'paisseur d'un pouce dans leur partie moyenne , et parsems de tubercules qui rendent leur superficie ra- boteuse. Cet ovaire crot promptement aprs la chute de la fleur , et forme deux lobes imitant une paire de cornes pointues , d'un vert noirtre , marqu de taches grises , contenant une vingtaine de semences plates , ar- rondies , ailes d'un ct, et dicotyldones. De toutes les parties de l'arbre il coule un suc laiteux , la moin- dre incision , qui tache et est caustique. Analyse chimique. La tige et les feuilles du Franchi- Vf ( 3o4 ) panier fournissent un sur laiteux, caustique et gommo- resineuxj une substance acre et du caoutchouc. Proprits mdicinales. Le D. Chevalier , ancien pra- ticien aux Antilles, recommande l'usage du sirop fait avec les fleurs du Franchipanier rouge, aux personnes dont la poitrine, selon l'expression vulgaire, est chauffe. Toutes les espces de Franchipanier dcrites par Plu- mier, dit Poupe-Desportes, sont fort recherches pour les maladies de poitrine *, mais on ne doit en employer que la fleur, qui, tant nourrie d'un suc trs-onc- tueux et aromatique, est propre pour paissir et faire expectorer une lymphe trop acre et trop limpide. Cet habile mdecin composait un sirop pectoral auquel il attribuait de grandes vertus , avec les espces suivantes : Prenez canne sucre coupe par morceaux, corce moyenne de sucrier de montagne, de bois Marie , fleurs de Franchipanier , d'immortel, de corossolier, de pois congo et d'hyssope ; de chaque plante parties gales pour suffisante quantit de sucre. Mode d' administration. La dose des fleurs est d'un gros pour une tasse d'infusion. Celle du sirop , d'une cuillere. EXPLICATION DE LA PLANCHE DEUX CENT QUATRE-VINGT" DIX-SEPT. i. Fruit. a. Graine aile. PI. aS. T/t&j-<-4?tK; TLIJ5 ( 3o5 ) KHHW9 |< ) |W V\^^^\^v^^^^n^^\^^\'\^^^\^^^^^M^^wwu^^\n^^^v SAUVAGESE DES ANTILLES. ( Bchique aromatique . ) Synonymie. Vulg. th de montagne. Sauvagcsia erecta Jacquin. Lin. Pentandrie monogynie. Juss. Plantes d'un sige incertain. Sauvagesia caule subsimplici , foliis angusto-lanceolatis , stipulis praelongis. Lam. m. Gner., vol. 2, pag. 119 , n 1268. Jacq. Stirp. amer. , p. 77, t. 5i t fig. 3. Gmel. Syst. nat. , vol. 1 , p. 422 , n 1 . Willd. Spec. plant. , vol. 2 , p. 1 185. Caractres gnriques. Plantes annuelles dicotyl- dones , fleurs compltes , polyptales , dont la famille naturelle n'est pas encore dtermine , qui comprend des herbes exotiques l'Europe , feuilles alternes , mu- nies de stipules cilies -, les fleurs sont solitaires, axillaires, pdoncules. La fleur comprend un calice cinq folioles ; cinq ptales alternes avec les folioles du calice , cinq cailles entoures de cils nombreux , glandulifres -, cinq tamines :, un style*, une capsule une loge, trois valves. Caractres particuliers. Nectaire quinquphylle ? alternant avec les ptales. // JIM 7'A;;/.\'\- asaour&Zx. _/'i.r /'/w Jcu& . SAUVAGESE DES ANTILLES, (3.i) Histoire naturelle. Cette plante de peu d'apparence crot aux Antilles. On la trouve assez communment la Martinique , la Guadeloupe , Saint-Yago de Cuba, Hati et la Jamaque , o elle est appele par les ha- bitans th de montagne, cause de ses vertus balsami- ques. Elle est annuelle. Caractres physiques. Cette espce de Sauvagse qui a beaucoup de rapport avec celle de Cayenne ( Sauva- gesia adima), en diffre nanmoins en ce qu'elle est beaucoup plus petite, que ses tiges sont presque simples, ses stipules plus allonges. Ses feuilles sont alternes, sessiles , troites , lancoles , glabres leurs deux faces, lgrement dentes en scie leurs bords , munies dans leurs aisselles de stipules allonges, troites, cilies ou pinnatifdes leurs bords. Les fleurs sont axillaires , longuement pdoncules , blanchtres. Les pdoncules longs , stacs , uniflores -, les calices aigus , plus longs que la corolle \ les capsules rflchies sur les pdoncules. Analyse chimique. Cette plante fournit une huile vo- latile , une sous-rsine, de la gomme, du tannin, une substance ligneuse , une autre glutineuse , et un peu de nitrate de potasse. Proprits mdicinales. On emploie ordinairement cette Sauvagse comme fbrifuge , administre tout en- tire en infusion ; mais son usage, comme bchique , est plus familier. Ses qualits amres et aromatiques excitent ( 3" ) les organes ] aussi la recommande-t-ou comme stoma- chique, cordiale, nervine, utrine, corroborante, r- solutive, etc. Elle facilite la digestion, provoque les contractions du cur et acclre la circulation-, elle ex- cite les fonctions de l'utrus , et rsout certaines tumeurs indolentes ; mais elle convient plutt aux tempramens lymphatiques et fibre relche , qu'aux sujets nerveux et sanguins. On associe la Sauvagcse aux plantes bchi- ques, lorsque la priode inflammatoire est passe et qu'il s'agit de rendre du ton aux membranes muqueuses rel- ches. Mode d'administration. Ou l'administre en poudre , sous forme d'lectuaire , la dose d'un gros , trois fois le jour: Celle pour l'infusion est de quelques pinces pour une pinte de liquide. Son huile volatile peut tre donne la dose de six huit gouttes, en oleo-saccha- rum, dans un jaune d'uf ou tout autre excipient. EXPLICATION DE LA PLANCHE DEUX CENT QUATRE-VINGT- DIX-NEUF. i. Fleur dveloppe. i. Fleur grossie dont on a enlev les ptales pour laisser voir les nectaires et l'ovaire. 3. Nectaire grossi. 4- Fruit trigone , intrieurement uniloculaire. 5. Fruit coup transversalement. 6. Graines. //. ./, '/'/> . TAsododor? I>fj-Ci>urft7\. Mur . /iwf tfcufr CAI'RAIKJB B1WLOKK. ( 3,3 ) CAPRAIRE BIFLORE. ( Bchique aromatique. ) r Synonymie. Vulg. Th du Mexique , Th d'Amrique , Th des Antilles , Th de la Martinique, Th de sant , Th de la rivire de Lima. Caprariabiflora. Lin. , Didynamie an- giospermie. Juss. , famille des Scrophulaires. Selon d'autres , famille des Personnes. Capraria foliis alternis, floribus geminis. Lin. , Jacq. Amer. 182 , t. n5. Capraria foliis alternis, corollis quinquefidis. Hort. ClifiF. Brown Jam. 268. Capraria curassavica. Herm. Gratiolae afiinis frutescens americana, foliis agerati S. Veronicae erectae majoris. Comm. Hort. 1 , p. 79, t. 4- Lysimachiae purpureae affinis , americana procumbens , etc. Pluck. Alm. 237, tab. 98 , f. 4 Capraria peruviana, agerati foliis absque pediculis. Fewil. Per. 1 , t. 84* Capraria frutsecens, moldanicae fo- liis, floribus albis. Caractres gnriques. Plante fleurs monopta- les , de la division des Personnes , ayant des rapports avec la Scopaire , feuilles alternes ou opposes , et fleurs axillaires. Fleur: Calice oblong, cinq dcou- pures droites, linaires et persistantes ; corolle monop- tale , campanule , plus grande que le calice, et dont le limbe est cinq divisions oblongues et presque gales 5 quatre tamines non saillantes hors de la fleur, dont deux plus courtes \ un style avec stigmate en tte chan- cre ; capsule oblongue , comprime au sommet , deux ( 34 ) valves, et deux loges polyspermes , divises par une cloison oppose aux valves. Chaque loge contient beau- coup de semences trs-menues. Car^ctrt-s particuliers. Feuilles alternes ; fleurs gmines. Bisannuelle. Histoire naturelle. Le nom de Capraire , du mot copra y chvre, a t donn, dit-on, cette espce, parce que les chvres en sont trs-friandes. Elle croit naturellement aux Antilles et dans presque toute l'Am- rique mridionale , o elle remplace le th. Ce feuillage chinois , qui , par un doux succs, De nos dners tardifs corrige les excs , Et faisant chaque soir sa ronde accoutume , D'une chair indigeste apaise la fume. Delille. Caractres physiques. C est un arbuste ratneux, droit , et qui s'lve trois ou quatre pieds de hauteur -, ses rameaux sont cylindriques , communment glabres, et garnis de feuilles nombreuses, ou peu distantes les unes des autres. Ces feuilles sont alternes , ovales , oblongues, entires et rtrcies en coin vers leur base, largies et dentes dans leur moiti suprieure; glabres , et quelquefois un peu cilies infrieurement. Elles sont un peu charnues , d'un vert clair , et longues d'un deux pouces sur une largeur de cinq sept lignes. Les fleurs sont blanches, inodores, assez petites, et dispo- ses dans les aisselles des feuilles , le plus souvent deux ensemble, sur des pdoncules simples, beaucoup plus ( 3.5 ) courts que les feuilles. Cet arbuste croit aux Antilles dans les lieux incultes et autour des habitations. Analyse chimique. Les feuilles produisent une huile aromatique , un peu de gomme, un principe amer, de l'albumine , une matire extractive avec malate de chaux, du tannin et de l'acide gallique. Proprits mdicinales. Cette plante , ainsi que le th, exerce une action tonique sur nos organes nerveux par son principe acre et odorant. Son eau distille , prise haute dose, produit une dbilit universelle, le som- meil , le rigor et souvent la paralysie , une sorte d'i- vresse, l'affaiblissement de la mmoire , par suite de son action sur le systme nerveux , et des vertiges. Cette plante, au contraire, prise dose moyenne, excite la tonicit des voies digestives , et fait prouver un bien-tre gnral. Elle favorise les scrtions, tandis qu' la haute dose elle occasione des douleurs gravatives l'pigastre , l'anxit, des nauses , des flatuosits , et souvent mme des djections alvines. Souvent les per- sonnes nerveuses , trop agaces par l'usage d'une forte infusion, prouvent des vertiges, de l'abattement , une prostration de forces et un tremblement convulsif. Nous prescrivons ici le Capraire biflore comme b- chique aromatique, en lui associant des pectoraux moins nergiques et mueilagineux qui enchanent sa vertu trop irritante. Mode d'administration. A l'exemple du th , on ne doit employer les feuilles de Capraire biflore qu'aprs une dissiccation complte , et lorsqu'elles ont perdu par ( :*'< ; ) l'vaporation une partie de leur nergie. La dose des feuilles est d'un gros pour une livre d'eau bouillante suis rduction. On diminue son activit en dulcorant l'infusion a\ ec du BUCre , et en la coupant avec du lait. La premire infusion , beaucoup plus forte que les autres, ne convient qu'aux tempramens lymphatiques et aux per- sonnes qui habitent des terrains marcageux, et sont rduites boire des eaux croupissantes ou troubles que le tannin de la plante fait prcipiter en les clarifiant. EXTLICTION DE LA PLANCHE TROIS CENTS. i. Corolle ouverte. 2. Capsule. 3. Capsule entr'ouverte. 4- Graines. 5. Graine grossie. /y .; <>/ TAmir//j7; /'m.i- , /''r-^ Uctt^M'lt- ASILIC C (3. 7 ) *J^vv^AA/^AAv^^^^^\v^^^^^vv^^^vv^^^^^Art%v/v\^A^Av^ArtA^v^'vv^\v^^AA^^^lVv^v^.^v. vwvs ..< BASILIC D'AMRIQUE. ( Bchique aromatique. ) Synonymie. Vulg. Franc-Basin, Grand Basilic, Sarriette grande. Ocjmum americanum , Lin. , Didynamie Gymnos- permie. Jussieu, famille des Labies. Ocymum maximum catariae foliis, satureiae odore, floribus pallidis. - Ocymum maximum caryopbilli odore. Inst. Rh. Ocymum basilicum. Soladi-Tirtava. Rheed. Nala-Tirtava. Rheed. Mal. Cottm. Rheed. Caractres gnriques. Plantes fleurs monopta- les, de la famille des Labies, comprenant des herbes ou arbrisseaux exotiques , d'une odeur suave et aroma- tique. Calice persistant , monophylle , dent au som- met ; corolle monoptale, bilabie : deux tamines ou quatre didynames \ un style ; deux stigmates 5 quatre graines nues au fond du calice -, fruit ttrasperme. Feuilles opposes; tiges carres; fleurs verticilles. Caractres particuliers. Calice deux lvres , la su- prieure horizontale , arrondie , l'infrieure quadrifde ; Tome IV. 76 e Livraison. a 8 ( 3.8 ) corolle renverse , lvre suprieure , quatre lobes gaux, l'infrieure entire et crnele; les deux petites famines filament portant une dent. Feuilles comme lancoles, aigus, comme dentes } grappe arrondie; lige presque herbace. (Amrique.) Histoire naturelle. Cette plante originaire des Indes et de Ccylan , et qu'on rencontre frquemment aux Antilles, se cultive en Europe dans les jardins, tant pour l'agrment, qu' raison de son excellente odeur. On en a obtenu un grand nombre de varits qui toutes existent aux Antilles, savoir : le grand Basilie , ou Franc-Basiu ; i le Basilic moyen et vert -, 3 le Ba- silic moyen et violet ; 4 I e Basilic petit et vert \ 5 le Basilic petit et violet (Ocymum minimum). On ren- contre toutes ces varits dans des endroits sablonneux et incultes. On les emploie, dans l'art culinaire, pour assaisonner les ragots. La graine, en Europe, se sme sur couche au mois de mars, ou en avril en pleine terre bien prpare , et convenablement expose , mais la graine ne russit pas si bien que sur couche. Les Basi- lics aiment l'eau et le soleil. Ces plantes exhalent les plus doux parfums. Cette odeur, dit Mordant de Launay, qu'on a crue digne d'un roi , a donn le nom ces plan- tes. Basilic est driv de l'adjectif Basilikos, qui, en grec, signifie royal. En latin , on leur a donn le nom grec Ocymum , parce qu'elles croissent promptement, de l'adjectif Okys , prompt. Caractres physiques. Les Basilics plaisent gnrale- (3i9) nent par leur forme lgante, la beaut et la varit de leur feuillage, et surtout par leur odeur suave. La racine du Basilic d'Amrique est dure et fibreuse -, elle pousse une tige baute d'environ un pied, droite, pres- que cylindrique, verte , ou d'un rouge quelquefois trs- fonc, et garnie de rameaux quadrangulaires , opposs en croix, redresss, et qui la font paratre panicule dans sa partie suprieure. Cette tige parat presque glabre ; nanmoins elle est munie dans sa partie sup- rieure de poils blancs, rares et forts petits, mais qui sont plus abondans sur les nuds et sur les sommits de la plante. Ses feuilles sont opposes, ptioles, ova- les , lancoles, bordes de dentelures peu sensibles, planes, lisses, un peu charnues, d'un vert fonc, et soutenues par des ptioles plus ou moins cilis en leurs bords. Les fleurs sont blanches , quelquefois purpurines, ou bleues , portes sur des pdoncules propres, fort courts, et disposes par verticilles incomplets, formant des grappes droites, longues, simples et terminales. Les verticilles infrieurs sont situs dans les aisselles des feuilles suprieures de la plante , et tous les autres , qui paraissent nus, sont accompagns chacun de deux petites bractes opposes , et souvent colores d'un pourpre violet comme les calices. Chaque verticille est ordinairement compos de six fleurs -, les calices sont cilis ou barbus. (Encycl. Mlh. ) Analyse chimique. Le suc de la plante fournit une cire rsineuse , une matire extractive avec malate de chaux, un extrait gommeux , de l'albumine, del fcule 28* ( 3ao ) verte , une huile volatile, du tannin , et un peu le ni - trate de potasse. Pnonui.iKS mdicinales. Les Amricains font le plus grand cas de Cette plante qui, la vrit, est d'une grande ressouree dans beaucoup de cas , o on l'emploie comme cordiale, ephalique, diurtique et emmnago- guc. Elle est propre dterger les ulcres, rsoudre les tumeurs, et fortifier le systme nerveux. L'infusion de ses feuilles et de ses Heurs , prise comme du th , est trs recommandable dans les cphalalgies, et les fluxions de cette partie. La poudre des feuilles sches l'ombre comme sternutatoire, est souvent prfre au tabac , pour les personnes d'un genre nerveux dli- cat. On emploie les bourgeons de Franc-Basin en infu- sion dans le second temps du catarrhe pulmonaire. Pon- pe-Desportcs indique la recette suivante comme ver^ mifuge et pectorale. Prenez : Ecorce de Gommier rouge ou blanc -, de Sucrier de montagne \ Franc-Basin -, som- mits de Gombo ; Canne sucre bien mine et coupe par morceaux; sommits de pois d'Angole *, de chaque une poigne; graine de petit mil, une pince-, faites bouillir dans deux pintes d'eau jusqu' rduction d un quart. Passez et ajoutez deux livres de sucre pour faire un sirop. Rheede recommande la dcoction de la racine en injection contre les maladies de la bouche. On fait avec les feuilles, Heurs et fruits et de l'huile, un lini- ment qu'on prescrit en frictions dans les douleurs rhu- matismales. Poupe-Desportes donnait aussi le garga- risme dtersif, dont suit la formule : Prenez une livre (3i ) d'orge , des bourgeons de Monbin , de Franc-Basin , de la graine d'Ooli, de chaque une pince ; faites-les bouil- lir dans une pinte d'eau jusqu' moiti , et dlayez dans la colature une once de miel. Mode d'administration. La dose du sirop est d'une once j celle de la plante pour l'infusion est d'un gros. EXPLICATION DE LA PLANCHE TROIS CENT VN. 1. Fleur vue de cot. 2. Fleur entr'ouverte pour laisser voir la disposition des tamincs. 3. Calice. 4- Ovaires surmonts d'un style bifide. ( ) %\\\\>%\*\* \V\vv\\\\^v\>\\v%*'\*/v vv w^'\\%v\'iwaxx'\\ < ' wwv TURNERE A FEUILLES D'ORME. ( B celtique aromatique . ) Synonymie. Vulg. Thym des Savanes. Turnera ulmifolia. Lin., Penlandrie trigynie. Juss., famille des Portulaces. Turnera floribus sessilibus , petiolaribus , foliis basi bi- glandulosis. Lin., Syst. Turnera foliis serratis , petiolis floriferis. Hort. Cliff., 122 , tab. 10. Turnera frutescens, ulmifolia. Plum. , Gen. i5. Martin, Centur. , p. 49 , t. 49- Turnera petiolis florens, foliis serratis. Brown , Jam. 189. Cistus urticaefolio , flore luteo , vasculis trigonis. Sioan. , Jam. 86. Hist. 1 , pag. 202 , tab. 127, fig. 4 , 5. Turnera montana, Santolina? facie et odore, flore luteo. Poup.- Desp. Caractres gnriques. Genre de plantes dicotyl- dones , fleurs compltes , polyptales , de la famille des Portulaces, comprenant des herbes ou arbustes exotiques l'Europe, dont les feuilles sont alternes, point succulentes', les fleurs axillaires et solitaires. Ca- lice cinq divisions , tubuleux 5 corolle de cinq ptales ouverts } cinq tamines } trois styles stigmate dcoup ; capsule trivalve, imiloculaire , polysperme. Semences tunique propre, unilatrales, ligules. //. 3a* . 7'//iu/./>>r-f //r-.,;;>tt;/f/\ /'>7/.n 4 ) cinq dcoupures oblongues, lancoles , aigus , accom- pagn sa base d'un petit calice ou de deux bractes conniventeS) presque campanules leur partie inf- rieure , prolonges en deux petites folioles concaves , lancoles, denticules ou entires. La corolle est grande, d un beau jaune; les ptales larges, un peu arrondis, onguiculs; les tamines saillantes bors du tube; les anthres oblongues, trs-aigus ; l'ovaire ovale-oblong , surmont de trois styles droits , un peu plus courts que les tamines ; les stigmates courts, plusieurs dcoupures capillaires. Le fruit est une capsule ovale , trois cts peu marqus ; pubescente, trois valves -, entire sa moiti infrieure , renfermant plusieurs semences oblon- gues, mdiocrement courbes, d'un brun rousstre, lgrement stries et tubercules. Cette plante , qui res- semble au thym , fleurit toute Vanne. Analyse chimique. Le Thym des Savanes renferme du tannin qui verdit le fer; une gomme, un gluten, une huile aromatique et volatile, et de la fibre ligueuse. Proprits moicinles. Les bchiques aromatiques peuvent tre aussi considres comme cphaliques, d'a- prs leurs vertus toniques et aromatiques. Suivant Pou- pe-Desportes on emploie avec succs , dans toutes les Antilles , le Thym des Savanes , pour rtablir les forces des malades. Cette plante passe aussi pour un excellent bchique. Elle est, dit-il, particulirement estime pour redonner la lymphe la fluidit dont elle est d- pourvue , et par consquent prfre dans les embarras ( 3 2 5 ) et obstructions des glandes lymphatiques. J'ai souvent employ cette plante avec avantage dans le second temps du catarrhe pulmonaire. On en fait un sirop qui est trs-agrable au got. MonE d'administration. La dose du sirop est d'une once j celle de la plante , pour l'infusion , d'un gros par- pinte d'eau. EXPLICATION DE LA PLANCHE TROIS CENT DEUX. i. Ptale. 2. Calice extrieur, deux phylles environnant l'ovaire surmont d'un stigmate multifide. 3. Stigmate grossi. 4- Capsule entire. 5. Graine. ( 3a6 ) Mi\k\>\%\VWAVkV\AV\W\Vtk\> rt\*WW\VWx'wmiWvWKWVV\WVrtVrtVvWVWlV\rt\V^kV\. MERIANE ROSE. ( Bachique aromatique. ) Synonymie. Meriana rosea. Tussac , t. 1 , p. 76. En anglais f Ifrightea rosea. Lin. , class. 10, ordre 1. Dcandrie mono*- gynie. Juss. , class. i4 > ordre 8. Les Mlastomes, Tussac. Rhexia rosea , Swartz. Caractres gnriques. Genre de plantes dicotyl- dones, fleurs compltes, polyptales , rgulires, de> la famille des Mlastomes , comprenant des arbrisseaux exotiques l'Europe , feuilles opposes et fleurs le plus souvent axillaires. Calice campanule et cinq d- coupures *, cinq ptales insrs sur le calice , dix tamines inclines ; un style 5 une capsule cinq loges poly- spermes. Caractres particuliers. Graines nombreuses , dis- poses dans chaque loge autour d'un placenta lunule qui adhre par un appendice vertical l'axe commun du centre, ce qui distingue la Mriane rose des Mlastomes dont les graines sont parses. Ecorce des jeunes sujets d'un blanc pourpr , et cendre chez les vieux sujets. '/ 3o' l/lnx/of- M:,: *>/'."///. S'vl.i- J'r/rr '< ' rrf> MEKIA1S ROSE ( 32 7 ) Histoire naturelle. Ce genre a t consacr made- moiselle Syhille Mrian, qui a donn l'histoire des pro- ductions naturelles de Surinam , quelle a dessines avec grce et talent; mais l'art est si infrieur la nature, que les dessins les plus exacts de cette belle plante, dit Tussac , sont bien loin de la fracheur du modle. On ren- contre ce charmant vgtal dans presque toutes les hautes montagnes de Liguanie , la Jamaque, Saint-Domin- gue, Cuba, Porto-Rico, o M. Tussac l'a toujours rencontr en fleurs au mois de septembre. Les fleurs seules de la Mriane sont employes en mdecine. Le bois en est mou, blanc et peu recherch. On multi- plie cet arbuste par graines qu'on sme dans des caisses exposes l'ombre , et dans une terre lgre. On les rpand la surface du sol , en y donnant un lger arrosage. Elles croissent trs-promptement. Cet arbre ne russit que dans les montagnes. Les jeunes plants doivent s'enlever avec beaucoup de terre, c'est--dire en motte. Caractres physiques. Le tronc de la Mriane rose est de moyenne grandeur; il est simple. Sa cime est compose de rameaux droits , dont l'corce , trs -lisse, est grise dans le vieux bois , et d'un pourpre violet dans les jeunes pousses qui sont ttragones et un peu apla- ties. Les feuilles sont opposes en sautoir, ovales, poin- tues, trinerves, glabres et trs-luisantes. Leur marge est cartilagiueuse et finement dente. Les ptioles, ainsi que les nervures principales , sont d'un pourpre violet ; les feuilles qui commencent pousser, ainsi que les autres jeunes rameaux , ont la mme couleur. Les fleurs sont axillaires , portes sur d'assez longs ( 3,8 ) pdoncules , et solitaires elles sont grandes , d'un rose assez, fonc , et blanches dans la varit. Elles sont com- poses d'un ealiec campanule cinq divisions membra- neuses, munies leur base extrieure chacune d'une dent subule. Ce calice est persistant , et quoiqu'il pa- raisse envelopper plus de la moiti de l'ovaire , il n'y est point adhrent. A sa base on trouve deux bractes oppo- ses , ovales et ti inerves. La corolle est cinq ptales , ovales, oblongs, qui sont attachs par un onglet la marge intrieure du calice. Les tamines , au nombre de dix, ont des flamcns libres, planes, blancs, insrs entre les ptales , et de la mme manire qu'eux. Ils sont courbs tous du mme ct, et portent des anthres ar- ques, biloculaires , s'ouvrant par l'extrmit} d'un beau jaune, et attaches aux filamens un peu au-dessus de leur sommet. L'ovaire , quoiqu'entour de plus de moiti par le calice, n'y adhre point ; il est obtusment pentagone : le style qui le surmonte est long , charnu , termin par un stigmate obtus, pubescent. La capsule est cinq cts obtus^ elle est compose de cinq loges et de cinq valves qui se sparent et commencent s'ouvrir par le sommet. Les graines, qui sont en grand nombre dans chaque loge , sont disposes autour d'un placenta lunule qui adhre par un appendice vertical l'axe commun du centre, caractre particulier qui les distingue des M- lastomes dont les graines sont parscs. Ces graines sont en forme de coin, et si petites, qu'il est impossible , dit Tussac , d'en apercevoir l'embryon. Ce genre pourtant a de grands rapports avec les Mlastomes , puisqu'il n'a pas de prisperme, et avec le Rhododendron par la conformation de sa capsule. ( 3a 9 ) Analyse chimique. Les fleurs , seules employes, pro- duisent un arme, un lger principe astringent, une partie colorante , etc. Proprits mdicinales. L'infusion des fleurs est esti- me pectorale. EXPLICATION DE LA PLANCHE TROIS CENT TROIS. i. tamine grossie. 2. Capsule entire. 3. La mme , coupe transversalement, 4 Graines. 5. Graine grossie. ( 33o ) VM\MWU\W W VSA W W\ W f* 4* Cayolizan seu Tepocan. Hern. , p. 66. Varit : Camara scorodonifolio splendente, flore cro- ceo. Dill. Eltb. 6y , t. 57, f. 67. Croeodilium. Dese. Caractres gnriques. Genre de plante fleurs monoptales , de la famille des Gatiliers, comprenant des herbes en arbrisseaux exotiques feuilles opposes , et fleurs en tte , ombelliformes et trs-agrables PI. ." >0 S fcMARA \ FEUILLES DE MELISSE. (33. ) voir. Calice tubuleux , monophylle, quatre ou cinq dents ; corolle monoptale , tubuleuse , irrgulire ; quatre tamines didynames ; un style ; un stigmate; graines dans une baie , rarement nues ou dans une capsule. Caractres particuliers. Calice tubul quatre dents, fort petit; corolle tube plus long que le calice ; limbe plane, quatre divisions obtuses, ingales; quatre ta- mines; un style; un stigmate latral. Drupe contenant un noyau deux loges dispermes. Feuilles opposes, tige sans pines; rameuses; fleurs en tte, ombelle, sans feuilles. (Amer, mrid. Vivace. ) Histoire naturelle. Cet arbrisseau trs- lgant , et toujours vert, est originaire de l'Amrique quinoxiale, et demande en Europe la serre chaude. Ses fleurs d'a- bord d'un jaune d'or, passant bientt au rouge carlate, surpassent en clat : Bluet, coquelicot et mainte fleur pareille Qu'on voit gayer nos gurts, Quand Flore , en passant chez Crs , A laiss pencher sa corbeille. Arnut\ Le Lantanacamara dont les rives odorantes de la ri- vire de l'Esterre sont jonches , sert souvent de lit de repos au Caman qui aime dormir au soleil sur le bord dos fleuves. En cas do surprise, et au moindre bruit, il se relve, et se prcipite brusquement l'eau pour se drober aux yeux qui le recherchent ou le re- doutent. La pression que son corps a exerce sur les feuilles du Lantana camara, et le froissement de celles qui se trouvent sur son passage , laissent exhaler une odeur aromatique qui se mlange celle musque que les glandes du crocodile scrtent la moindre inqui- tude. C'est ce qui a fait donner au Lantana camara le nom d'Herbe Caman. (Voyez mon Histoire du Cro- codile. ) Il existe dans les magnifiques serres de M. le comte de Saint-Didier, en son chteau de Voisin, prs Ram- bouillet , une belle suite de Camara qui produisent le plus bel effet par la varit de couleurs des diverses es- pces. Cet arbrisseau aime le soleil et l'eau. On le mul- tiplie de boutures. En le semant de graine sur couche , on le rend annuel et il convient alors ceux qui n'ont point de serres. Caractres physiques. Le Lantana camara est un arbrisseau d'environ quatre pieds de hauteur, dont le tronc est un peu tortueux, d'un gris brun, et divis en rameaux redresss, feuilles, ttragoncs et dpourvus de piquans. Ses feuilles sont opposes, ptioles, ovales, pointues, dentes, rides, d'un gros vert, peu velues, approchant de celles de la Mlisse , mais plus petites. Les fleurs sont ombelliformes , nues , pdoncules, et situes aux sommits des rameaux dans les aisselles des feuilles. Leur couleur est d'abord d'un jaune jonquille , qui passe bientt au rouge carlate ; elles sont panouies ( 333 ) mie partie de l'anne , parce qu'elles se surcdent sans interruption les unes aux autres. Analyse chimique. On obtient une huile essentielle d'un arme peu agrable ; une fcule verte ; une partie colorante , et un principe astringent. Proprits mdicinales. On emploie frquemment aux Antilies le Lantana camara, surtout Marie-Ga- lante et Hati , o on lui donne le nom ' Herbe plomb. Les Colons substituent ses feuilles au th. Elles sont sudorifiques , d'une saveur un peu amre, mais assez agrable. On enlve ces feuilles des tiges avec prcaution, et on les met scber dans un lieu sec, l'abri du soleil, et pour juger si elles ont perdu toute leur humidit , on les couvre d'un papier , et l'on passe dessus des lames de fer chaud. Ds que le papier ne prend plus d'humidit , ces feuilles sont renfermes dans des vases bien nettoys , sans odeur , pour s'en servir au besoin. On emploie le Camara en injection dans les maladies du cerveau et de l'utrus, aprs les symptmes inflammatoires; l'usage de sa fomentation est, dit -on, propre fortifier les nerfs et dissiper l'enflure des plaies 5 j'ai prouv plusieurs fois d'heureux effets de son administration en bains dans de pareils cas, et dans le traitement des affections cutanes. Ce prcieux vgtal est aussi recherch comme vulnraire dtersif, et le D. Gilbert , mdecin de l'arme d'Orient , en faisait le plus grand cas. On prescrit l'infusion de Camara comme cphalique et carminative, lorsqu'il s'agit de dissiper Tomii IV. 76 e Livraison* 29 ( 334 ) des flatuosits incommodes. On applique les feuilles de Camara et de Verveine bleue , bouillies dans du vinai- gre, contre les douleurs pongitivcs de la pleursie. Mode ^administration. La dose des feuilles pour les bains est d'une ou deux poignes , et d'une pince pour l'infusion. EXPLICATION DE LA. PLANCHE TROIS CENT QUATRE. i. Calice. 2. Corolle entire. 3. Corolle entr'ouverte. 4. Ovaire surmont du style. 5. Graine grossie. 6. Graine biloculaire coupe transversalement. FIN DU QUATRIEME VOLUME, ( 335 ) TABLE DES MATIRES CONTENUES DANS LE QUATRIEME VOLUME. Cinquante-neuvime livraison. Planches. Page*. Sommaire des Diurtiques 1 Dolic gousses rides a55 3 Varec nageant , ou Raisin du Tropique. . . . 234 7 Amome velu et ptiole 235 10 Poivrier en bouclier > a36 i4 Soixantime livraison. Paulinie triterne 237 17 Barbon des Antilles 208 21 Margrave ombelles 209 2 5 Balisier larges fleurs 24o 00 I Soixante-unime livraison. Corinde glabre 24 1 07 Erythal d'Amrique 242 4o Aristolocbe bilobe ou longue 243 44 Calebassier feuilles longues 244 47 Soixante-deuxime livraison. Pin d'Occident cinq feuilles 245 53 Sapin beaumier 246 59 Fromager pentandre (Mapou) 247 64 Coqueret pubescent. 248 69 ( 336 ) Soixante- troisime livraison . Planches PR Lycopodc pench a4g 73 Tribulle grandes feuilles s5o 77 Myginde diurtique. a5i 8i Iris jaune et noire de la Martinique a5a 85 Soixante-quatrime livra ison . Pittonie velue 253 89 Tlosie perle ( Passevelours panicul ) 254 94 Passiflore lyre .... 255 97 Mnisperme Ahuta 266 101 Soixante-cinquime livraison. Diurtiques sdatives. Dorstne caulescente( Paritaire capite). . . . 257 io5 Plrocarpe feuilles veloutes. . . ... . . 258 108 Sapotiller commua 25g 112 Biha des Antilles ( Bananier marron ) 260 116 Soixante-sixime livraison. Savonnier mousseux 261 121 Fraisier frutiller 262 125 Fromager pyramidal 263 129 Crtelle en balais 264 i34 Soixante-septime livraison . Bchiques adoucissantes. Arec olifre (Palmiste chou ) 265 i4o Cacaoyer cultiv 266 147 Ssame d'Orient 267 i55 Arachide hypoge. .......... 268 i5g Soixante-huitime livraison. Ketmie gombo 269 i65 Ketmie fleurs changeantes 270 171 'Urne lobe 271 176 Cornaret anguleux. . . , 272 180 ( 33 7 ) Soixante-neuvime livraison. Flanchet. Pages, Dattier commun 275 i85 Dtails botaniques du Dattier 274 ig5 Abrus rglisse (Liane rglisse ) 275 ig4 Jujubier cultiv 276 198 Soixante-dixime livraison . Sbestier grandes fleurs 277 2o5 Cotonnier des Indes. . 278 209 Badamier du Malabar 279 217 Cytise cajan( Pois d'Angole) 280 221 Soixante-onzime livraison. Carmantne pectorale 281 225 Grarde tubreuse 282 229 Caramelle sucre 285 233 Agave karatas 284 209 Soixante- douzime livraison . Scille d'Amrique a85 245 Adiante du Canada 286 25o Adiante trapziforme 287 254 Doradille transparente 288 25y Soixante-treizime livraison . Inule feuilles de Primevre 289 261 Bjuco grimpant 290 265 Adansonie digite (Baobab ) 291 269 Ciocoque baies blancbes (Jasmin odorant). . . 292 276 Soixante-quatorzime livraison . Voulou bambou 293 281 Cactier fruits feuilles (Ronce d'Amrique). . . 294 289 Figuier des Indes 395 293 Azier l'asthme 396 398 ( 338 ) Soixante-quinzime livraison. Franchipanicr rouge Erythrine des Antilles ( Bois immortel ). . . . Sauvagse des Antilles ( Th de montagne). . Capraire biflore ( Th du Mexique) Soixante-seizime livraison . Basilic (Franc Basin) 5oi 317 Turnre feuilles d'orme (Thym des Savanes). . 3oa 322 Mriane rose 3o3 3a6 Camara feuilles de mlisse ( Sauge de montagne ) . 3o4 33a lanches. Pages*. 297 3oi 298 3o5 299 5io 5oo 3i3 FIN DE LA TABLE DU QUATRIME VOLUME New York Botanical Garden Library QK225.D36t.4 gen Descourtilz Michel/Flore pittoresque et 3 5185 00135 6169